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NATIONS UNIES |
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E |
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Conseil économique |
E/C.12/FRA/Q/3/Add.1 FRANÇAIS |
COMITÉ DES DROITS ÉCONOMIQUES,
SOCIAUX ET CULTURELS
Quarantième session
Genève, 28 avril – 16 mai 2008
APPLICATION DU
PACTE INTERNATIONAL RELATIF AUX DROITS
ÉCONOMIQUES, SOCIAUX ET CULTURELS
EXAMEN DES
RAPPORTS PRÉSENTÉS PAR LES ÉTATS PARTIES EN
VERTU DE L’ARTICLE 16 DU PACTE INTERNATIONAL RELATIF
AUX DROITS ÉCONOMIQUES, SOCIAUX ET CULTURELS
RÉPONSES DU GOUVERNEMENT DU FRANCE À LA LISTE DES POINTS À TRAITER (E/C.12/FRA/Q/3) À L’OCCASION DE L’EXAMEN DU TROIXIEME RAPPORT PÉRIODIQUE DU FRANCE CONCERNANT LES DROITS ÉNONCÉS DANS LES ARTICLES 1 À 15 DU PACTE INTERNATIONAL RELATIF AUX DROITS ÉCONOMIQUES, SOCIAUX ET CULTURELS (E/C.12/FRA/3)
[15 mars 2008]
TABLE DES MATIÈRES
page
Liste des abréviations
Chapitre paragraphes
I. RENSEIGNEMENTS DE CARACTÈRE GÉNÉRAL
II. Points relatifs aux dispositions générales du Pacte
..... (articles 1er à 5)
Article 2, paragraphe 2 : Non-discrimination
A. Mesures prises en matière de formation et de
sensibilisation
des agents de la force publique
B. Législation et la politique de l’État partie à
l’égard
des réfugiés et des requérants d’asile
C. Question des plaintes soumises à la HALDE
D. Question de la ratification du Protocole n°12 à
la Convention européenne des droits de l’homme
Article 3 : Égalité entre les hommes et les femmes
A. L’accès des femmes à la vie politique
B. La place des femmes dans la fonction publique
C. La place des femmes dans la diplomatie
D. La place des femmes aux postes de décision dans
l’enseignement supérieur et la recherche
E. La place des femmes dans le secteur privé
III. Points se rapportant à des droits spécifiques
reconnus dans le Pacte (articles 6 à 15)
Article 6 : Droit au travail
A. Le renforcement de l’insertion professionnelle en entreprise
B. L’amélioration de l’adéquation entre formation et emploi
C. La poursuite d’actions spécifiques pour les jeunes en difficulté
D. L’emploi des seniors
E. L’action spécifique dans les zones urbaines sensibles
F. Lutte contre les discriminations d’ordre sexuel
dans le domaine de l’emploi
Article 7 : Droit à des conditions de travail
justes et favorables
A. Application de la loi de mars 2006 relative à
l’égalité salariale
entre les hommes et les femmes
B. Protection des travailleurs contre l’insécurité du marché du travail
Article 8 : Droits syndicaux
Article 9 : Droit à la sécurité sociale
A. Les neuf minima sociaux et le revenu de solidarité
B. Niveaux minima des prestations de sécurité sociale
Article 10 : Protection de la famille,
des femmes et des enfants
A. La connaissance du phénomène s’est améliorée
B. Les dispositions juridiques pour la protection des victimes
ont
été renforcées
C. La prise en charge des femmes victimes de violences s’est renforcée
D. Une meilleure sensibilisation des professionnels concernés
E. La lutte contre les stéréotypes sexistes et la prévention des
.... violences dès l'école s’est poursuivie
TABLE DES MATIÈRES (suite)
F. Deux campagnes de communication vers le grand public
.... ont été menées
Article 11 : Droit à un niveau de vie suffisant
A. Lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale chez les chômeurs,
.... les « travailleurs pauvres », les familles
nombreuses et monoparentales
et les jeunes sans qualification
B. Application de la loi relative à la solidarité et au renouvellement
.... urbains de 2000
C. Révision du budget des logements sociaux
D. Question du mal-logement
E. Application de la loi d’orientation et de programmation
pour la ville et la rénovation urbaine
F. Amélioration des conditions de vie des sans-abri
Article 12 : Droit à la santé physique et mentale
A. Accès universel aux soins de santé de base
B. Mesures prises en vue de prévenir la propagation du VIH/sida,
.... en particulier parmi les personnes d’origine étrangère
C. Mesures prises en vue de prévenir le suicide, en particulier
.... chez les 15-44 ans, et s’attaquer à ses causes profondes
D. Mesures prises en vue de prévenir et combattre l’abus
de
drogues, en particulier chez les jeunes
Articles 13 et 14 : Droit à l’éducation
A. Mesures prises en vue de diminuer le taux d’abandon
scolaire dans l’enseignement primaire et secondaire
B. Mesures
prises en vue de garantir l’accès à l’éducation dans
les langues régionales et minoritaires dans les
établissements publics français
C. mesures prises en vue de faciliter l’accès à
l’éducation
des enfants tsiganes et du voyage
Article 15 : Droits culturels
A. mesures
prises en vue de préserver les langues régionales
et minoritaires
B.
Convention-cadre du Conseil de l’Europe pour la protection
des minorités nationales et de la Charte européenne
des langues régionales ou minoritaires
Liste des tableaux
1. Taux de chômage (en % de la population active) selon le sexe et la nationalité, en France métropolitaine (moyenne 2003-2005)
2. Prestations relativement au salaire minimum
3. Prestations relativement au revenu médian
4. Nombre d'allocataires des dix minima sociaux de 2002 à 2006
5. Caractéristiques des allocataires du RMI, de l’AAH, de l’ASS, de l’API et de l’ASV en 2006
6. Niveaux de vie annuel des bénéficiaires du RMI, de l’API et de l’AAH en 2006
7. Nombre de bénéficiaires de la CMU complémentaire
8. Nombre de bénéficiaires de l'aide médicale de l’État
9. Nombre d’élèves ayant accès à l’enseignement dans une langue régionale ou minoritaire
Liste des abréviations
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AAH |
Allocation pour adulte handicapé |
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Acsé |
Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances |
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AME |
Aide médicale de l’État |
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ANPE |
Agence nationale pour l’emploi |
|
ANRU |
Agence nationale pour la rénovation urbaine |
|
API |
Allocation de parent isolé |
|
ASS |
Allocation de solidarité spécifique |
|
ASV |
Allocation supplémentaire vieillesse |
|
CASNAV |
Centres académiques pour la scolarisation des nouveaux arrivants et des enfants du voyage |
|
CCH |
Code de la construction et de l’habitation |
|
CCMSA |
Caisse centrale de la mutualité sociale agricole |
|
CESU |
Chèque emploi service universel |
|
CFDT |
Confédération française démocratique du travail |
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CFE-CGC |
Confédération française de l’encadrement - Confédération générale des cadres |
|
CFTC |
Confédération française des travailleurs chrétiens |
|
CGPME |
Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises |
|
CGT |
Confédération générale du travail |
|
CHRS |
Centres d’hébergement et de réinsertion sociale |
|
CII |
Comité interministériel à l’intégration |
|
CI-RMA |
Contrat d’insertion-Revenu minimum d’activité |
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CIVIS |
Contrat d'insertion dans la vie sociale |
|
CMU |
Couverture maladie universelle |
|
CNAF |
Caisse nationale d’allocations familiales |
|
CNCDH |
Commission nationale consultative des droits de l’homme |
|
CSP |
Code de la santé publique |
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DALO |
Droit au logement opposable |
|
DARES |
Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques |
|
DOM |
Département d’outre-mer |
|
DPM |
Direction de la population et des migrations |
|
EPCI |
Établissement public de coopération intercommunale |
|
FO |
Force ouvrière |
|
HALDE |
Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité |
|
IMS |
IMS-Entreprendre pour la cité |
|
INSEE |
Institut national de la statistique et des études économiques |
|
IST |
Infections sexuellement transmissibles |
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MEDEF |
Mouvement des entreprises de France |
|
OFPRA |
Office français de protection des réfugiés et des apatrides |
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OND |
Observatoire national de la délinquance |
|
ONG |
organisations non gouvernementales |
|
PACTE |
Parcours d’accès aux carrières de la fonction publique territoriale, de la fonction publique hospitalière et de la fonction publique de l’État |
|
PDALPD |
Plans départementaux d’accès au logement des personnes défavorisées |
|
PRAPS |
Programmes régionaux d'accès à la prévention et aux soins des plus démunis |
|
RMI |
Revenu minimum d’insertion |
|
RSA |
Revenu de solidarité active |
|
SEJE |
Soutien à l’emploi des jeunes en entreprise |
|
SIFE |
Stages d’insertion et de formation à l’emploi |
|
SMIC |
Salaire minimum interprofessionnel de croissance |
|
SPE |
Service public de l’emploi |
|
UNEDIC |
Union nationale interprofessionnelle pour l'emploi dans l'industrie et le commerce |
|
UPA |
Union professionnelle artisanale |
|
ZUS |
Zones urbaines sensibles |
Question 1. Donner des renseignements sur les mesures que l’Etat partie entend prendre pour atteindre d’ici 2012, l’objectif qu’il s’est fixé, à savoir consacrer 0,7% de son PIB à l’aide public au développement. Par ailleurs, vu le paragraphe 32 des observations finales du Comité et en plus des renseignements figurant aux paragraphes 76 et suivants du rapport de l’Etat partie, décrire la façon dont la politique de coopération au développement menée par l’Etat partie contribue à la réalisation des droits économiques, sociaux et culturels dans les pays en développement (E/C.12/FRA/3, par. 43).
1. La Révision générale des Politiques publiques n’étant pas achevée, il n’est pas possible à ce stade de répondre à cette question à ce stade.
Question 2. Décrire plus en détail les modalités de consultation de la société civile aux fins de l’établissement du rapport périodique de l’Etat partie, comme le Comité le demandait au paragraphe 33 de ses observations finales (E/C.12/FRA/3, par. 82).
2. S’agissant des modalités de consultation de la société civile aux fins de l’établissement du rapport périodique (E/C.12/FRA/Q/3, par. 2), l’Institution nationale française, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) est systématiquement consultée sur les projets de rapports que la France prépare pour les Comités conventionnels. Elle est également systématiquement consultée sur les projets de réponses aux questions posées par les Comités. Lorsqu’elle estime que c’est nécessaire, la CNCDH peut également émettre un avis formel, rendu public, sur le projet de rapport. Elle participe également, à l’invitation du Comité, à une séance de questions-réponses, distincte de la séance de consultation organisée par le Comité à l’attention des organisations non gouvernementales (ONG). À l’occasion de la préparation du troisième rapport de la France sur la mise en œuvre du pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, la CNCDH a été consultée sur demande de l’Ambassadeur pour les droits de l’homme et la Direction des affaires juridiques du Ministère des affaires étrangères. La CNCDH comprend parmi ses membres les principales ONG compétentes en matière de droits de l’homme et, à ce titre, elles ont largement participé à la consultation. Dans le cadre de cette consultation, la CNCDH a réuni, le 18 décembre 2006, les sous-commissions « questions internationales », « questions nationales », « droits de l’enfant, de la femme, de la famille » et « droits de l’homme et évolutions de la société » ; leurs membres ont été invités à faire des commentaires en vue notamment d’amender le rapport. Les remarques de la CNCDH ont porté d’abord sur les réponses aux observations et recommandations du Comité relatives au deuxième rapport, puis sur la synthèse relative à « la lutte contre les situations de précarité et d’exclusion en France, en particulier les difficultés spécifiques des jeunes et des sans logis ».
Question 3. Le Comité prie l’État partie de fournir des données statistiques annuelles comparatives, ventilées par groupe d’âge, sexe, origine et − éventuellement − zone d’habitation urbaine/rurale, concernant ces cinq dernières années, dans ses réponses aux questions évoquées aux paragraphes 6, 10, 15, 20, 24 et 26 ci‑après. Il prie également l’État partie de fournir les données statistiques demandées expressément aux paragraphes 17, 18 et 27.
3. Comme indiqué en préambule, le temps manquait pour répondre à cette question, en particulier parce que la plupart des outils statistiques ne sont pas adéquats. Par ailleurs, les outils statistiques disponibles ne couvrent pas dans le détail la ventilation des éléments soulevés par le Comité.
Question 4. Expliquer en quoi la loi d’orientation de juillet 1998 relative à la lutte contre l’exclusion a contribué à garantir à tous, en particulier aux personnes et aux groupes défavorisés et marginalisés, l’accès aux droits fondamentaux visés au paragraphe 276 du rapport de l’État partie.
4. La loi du 29 juillet 1998 a permis la mise en place d’un ensemble de mesures relatives à l’accès aux droits fondamentaux et visant à faciliter la vie quotidienne des personnes en difficulté. Ces mesures ont fait l’objet de différents plans d’action, tant au niveau français qu’européen et qui ont pour objectifs de simplifier les dispositifs et les procédures et de proposer des solutions adaptées aux situations individuelles des personnes. Parmi ces mesures, on peut retenir celles qui concernent l’accès à l’information et l’amélioration de la qualité de l’offre de services : engagement d’une démarche qualité de l’accueil avec la rédaction d’un guide méthodologique, création de Pôles d’accueil en réseau pour l’accès des personnes en difficulté sociales. S’est également développée une politique en faveur d’une meilleure prise en compte de la parole des usagers en difficulté. Ces initiatives se situent dans une approche stratégique générale de la France en matière de lutte contre l’exclusion qui vise à affirmer l’accès de tous aux droits de tous, sans créer un droit des exclus, à proposer des réponses globales et individualisées, dans un rapport de proximité propice à un ajustement aux besoins des personnes.
Question 5. En plus des informations fournies au paragraphe 191 du rapport de l’Etat partie, indiquer les mesures prises – notamment en matière de formation et de sensibilisation des agents de la force publique – pour lutter contre la discrimination à l’encontre des immigrés des personnes d’origine étrangère et des membres de leur famille dans les domaines de l’emploi, du logement, des soins de santé, de l’éducation, de la culture.
5. La politique d’accueil et d’intégration en France se double d’un renforcement de la lutte contre les discriminations dont peuvent être victimes les personnes étrangères ou d’origine étrangère, en matière d’emploi ou de logement par exemple.
6. La France s’est engagée dans une lutte contre toutes les discriminations, y compris dans l’accès au logement. La loi du 30 décembre 2004 portant création de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE) a mis en place une autorité indépendante pour traiter l’ensemble des discriminations directes ou indirectes, réprimées par la loi ou par un engagement international ratifié par la France. Deux missions principales lui sont confiées : le traitement des cas de discrimination et la promotion de l’égalité, dans les secteurs privé et public. Dotée de pouvoirs d’enquêtes et de transmission des dossiers aux juridictions pénales, la HALDE peut accompagner les victimes de discriminations dans l’accès au logement, fondées sur leur origine supposée, leur handicap, ou leur âge.
7. Les médias, en particulier la télévision, puissant constructeur d’images, ont un rôle essentiel à jouer en ce domaine. Dans le droit fil du « Plan d’action positive pour l’intégration » adopté par France Télévisions en janvier 2004, le Groupe France Télévisions met en œuvre sur la période 2005-2007 le projet « Pluriel Média » prévoyant notamment un programme de formation du management, des élus des instances paritaires des secteurs concernés, des journalistes (y compris ceux de la presse écrite ou radiophonique pour accroître leur employabilité dans le secteur considéré) ainsi que la réalisation d'un magazine télévisé en vue de diffuser auprès du grand public les bonnes pratiques en matière de lutte contre les discriminations.
8. Le Comité interministériel à l’intégration (CII) du 24 avril 2006, et le législateur (loi n° 2006-396 du 31 mars 2006 sur l'égalité des chances), ont confirmé l'importance que les pouvoirs publics attachaient au rôle des médias en confiant au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) la mission d'évaluer chaque année la représentation de la diversité culturelle et des minorités dans l'audiovisuel français. Le Conseil supérieur de l'audiovisuel a remis son rapport au Président de la République le 10 novembre 2006 (accessible sur www.csa.fr).
9. Montrer l’apport, trop souvent méconnu, des immigrés et de l’immigration à l’histoire de notre pays et à la construction de son identité, doit contribuer également à « changer le regard » de nos concitoyens. Tel est l’objectif de la « Cité nationale de l’histoire de l’immigration », située dans les locaux symboliques de l’ancien musée des arts africains et océaniens de la Porte Dorée à Paris. La « Cité nationale de l’histoire de l’immigration » a vocation à être tout à la fois un musée, un pôle de ressources ouvert aux chercheurs et au grand public, un centre de diffusion artistique et une instance de soutien à des projets pédagogiques. Elle favorisera la mise en réseau d’acteurs et de partenaires locaux engagés dans des travaux sur l’histoire et la mémoire de l’immigration.
10. La lutte contre les discriminations à l’emploi et pour la prévention de ces discriminations a conduit les pouvoirs publics (Direction de la population et des migrations, DPM) à poursuivre et à amplifier en 2006 leur action de sensibilisation et de mobilisation du monde économique à la nécessité d’une plus grande diversité dans les recrutements. Pour ce faire, la DPM développe, conjointement avec l'Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (l’Acsé), une politique de partenariats diversifiés dans le domaine de la prévention des discriminations pour aider entreprises et acteurs économiques à se doter d'outils de diagnostic, d'action et d'évaluation, ainsi qu'à mettre en place des recherches-actions. Ainsi, en 2006, plusieurs accords importants ont été soit initiés, soit renouvelés, complétant ou prolongeant le travail en cours sur ce sujet. En plus de l'accord cadre pluriannuel avec l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE) déjà cité, deux autres partenariats importants ont été conclus, avec l'Assemblée permanente des chambres de métiers et le groupe Casino (grande distribution).
11. Enfin, le Gouvernement (CII du 24 avril 2006) a entrepris la promotion de la Charte de la diversité en entreprise, notamment par la mise en place d'outils d'appui et de diffusion. Celle-ci est maintenant signée par près de 2 000 entreprises. Un guide de mise en œuvre destiné aux entreprises a été réalisé et publié en septembre 2006 avec l'appui de la DPM. Un prix de la diversité a été décerné pour la première fois le 14 décembre 2006, avec le concours de l'Association nationale des Directeurs et Cadres de la fonction personnel, à la fin du Tour de France de la diversité du ministre délégué à la promotion de l'égalité des chances. Enfin, dans le cadre d'un projet européen EQUAL piloté par lIMS-Entreprendre pour la cité, avec l'appui de la DPM et de l'Acsé, plusieurs entreprises (PSA, Ikea, Adecco, Axa et l'Association nationale des Directeurs et Cadres de la fonction personnel) expérimentent des outils de gestion de la diversité, qui seront mis à la disposition des signataires de la Charte.
Tableau 1 : Taux de chômage (en % de la population
active)
selon le sexe et la nationalité, en France métropolitaine (moyenne 2003-2005)a
|
Origine
|
Hommes |
Femmes |
Ensemble |
|
France entière (toutes nationalités)
Français de naissance Français par acquisition
Union européenne b
Autres étrangers dont : Algérie Maroc Tunisie Autres pays d’Afrique Turquie Chine Autres pays d’Asie
|
8 ,9
8,2 14,1
6,0
23,0
24,6 24,4 25,5 26,4 21,9 6,9 13,5 |
11,0
10,1 17,9
9,7
31,0
37,3 33,8 25,4 32,7 42,8 18,6 24,2 |
9,9
9,1 15,9
7,6
26,0
29,1 27,5 25,7 29,1 27,0 12,0 18,3 |
Source : enquêtes «emploi en continu 2003-2005, moyenne annuelle, pondérations 2005 (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques, DARES, Ministère chargé de l’emploi ; concept : activité au sens du Bureau international du travail.
a. La moyenne des trois dernières années permet d’effacer des variations non signifiantes.
b. 15 membres
« Le taux de chômage des étrangers en France est, globalement, deux à trois fois supérieur à la moyenne nationale. Mais une analyse plus fine, par nationalité, fait apparaître de considérables différences entre les ressortissants de l’Union européenne, dont le taux de chômage est inférieur de deux à trois points à la moyenne, et les originaires de certains pays, notamment des États du Maghreb, de Turquie ou d’Afrique noire, qui constituent la majorité des migrants hors Union européenne arrivant chaque année en France, et dont le taux de chômage est le plus élevé. En revanche, le taux de chômage des Chinois, et notamment des hommes, est relativement proche, dans l’ensemble, de la moyenne.
« Le chômage des femmes, plus élevé dans toutes les nationalités (y compris française), reproduit ces distinctions et tend même à les exacerber : ainsi dans le cas des femmes turques ou chinoises (taux de chômage double ou triple de celui des hommes).
« Une différence importante, de l’ordre de six à huit points, apparaît également entre Français, selon le mode d’obtention de leur nationalité, par naissance ou par acquisition. Les Français par acquisition sont certes nettement plus proches des Français de naissance que des étrangers non européens (surtout pour ce qui concerne les femmes), mais leur situation invite à réfléchir sur les conditions de leur intégration économique. Elle suggère que le « parcours d’intégration » ne s’achève pas dans tous les cas avec l’obtention de la nationalité française et justifie que les personnes d’origine immigrée puissent être éligibles aux politiques définies par le comité interministériel à l’intégration. Elle invite plus encore à poursuivre et intensifier l’effort entrepris en faveur d’une plus grande diversité dans le recrutement des entreprises et la lutte contre les discriminations. »[1]
12. La France combat toutes les discriminations dans l’accès au logement, poursuivant un objectif de mixité sociale; elle a fait le choix d’une politique globale, qui est nécessaire à la cohésion sociale, et conforme au principe constitutionnel d’indivisibilité du peuple français énoncé à l’article 2 de la Constitution, principe qui reconnaît les mêmes droits à tous les individus, quels que soient leur origine, leur santé, leur âge. L’offre de logement social et les aides personnelles au logement ont progressivement été étendues à l’ensemble de la population qui en a besoin sous conditions de ressources. Cette politique vise à offrir au plus grand nombre l’accès à des logements décents.
13. La politique du logement de la France est donc dotée de moyens considérables afin d’offrir à tous ceux qui en besoin un logement décent, dans un contexte de crise économique et du marché de l’immobilier.
14. La France tente de concilier l’entrée et le séjour sur son territoire et les droits fondamentaux des demandeurs d’asile. En vertu d’un principe de droit international établi et consacré par la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’Homme, les États disposent du «droit de contrôler l’entrée, le séjour et l’éloignement des non-nationaux», qui doit être concilié en France avec le droit constitutionnel d’asile. Ceci explique que les demandeurs d’asile qui ne sont pas en situation régulière ne peuvent pas être éloignés avant que leur demande ne soit examinée dans le respect de leurs droits fondamentaux. Cette règle signifie également que l’accès au marché du travail dépend de la régularité de la situation administrative du demandeur. Par ailleurs, La France a développé des aides pour satisfaire leurs besoins et leurs droits fondamentaux.
15. L’offre de prise en charge en centre d’accueil pour demandeurs d’asile a été sensiblement renforcée au cours de ces dernières années. Les capacités d’accueil actuelles dépassent déjà 19 500 places. Alors qu’en 2003 le nombre de places dépassait à peine les 10 000, l’objectif final de 20 500 places pour fin 2007 sera atteint. Les demandeurs d’asile bénéficient d’une prise en charge sociale à leur arrivée. Concernant les demandeurs déboutés et ayant épuisé les voies de recours, ils bénéficieront des mesures prises pour améliorer et résorber l’hébergement d’urgence décrites à l’instant.
16. Le Gouvernement s’est donc doté des moyens juridiques et institutionnels nécessaires pour offrir une solution de logement aux publics prioritaires, aux gens du voyage, aux demandeurs d’asile et aux sans-abri. Il poursuit ses efforts en leur faveur.
A. Mesures prises en matière de
formation et
de sensibilisation des agents de la force publique
17. La HALDE et la Police nationale se sont associées pour mettre en place un Guide pratique de lutte contre les discriminations. Il s’agit d’un mode d’emploi diffusé dans tous les commissariats sur l’Intranet pour recevoir et traiter plus efficacement les plaintes déposées pour discrimination. Ce module contient les textes applicables en matière de droit des discriminations, des conseils pratiques et des modèles de procès-verbaux. Cet outil de formation et de sensibilisation à la lutte contre les discriminations a été mis en place dans le cadre de la convention de partenariat signée en décembre 2006 entre la HALDE et la direction générale de la police nationale. Ce guide répond aux demandes des policiers pour faire face aux difficultés rencontrées sur le terrain. Le logiciel sera également utilisé dans le cadre de la formation initiale et continue des policiers.
18. Ce guide pratique vient d’être étendu à la Gendarmerie dans le cadre d’une convention signée avec le Ministère de la défense.
Question 6. Donner des informations détaillées sur la législation et la politique de l’État partie à l’égard des réfugiés et des requérants d’asile, en particulier depuis l’adoption des règlements de 2003-2004 réformant le droit d’asile. Fournir aussi des données statistiques ventilées sur le nombre de réfugiés et de requérants d’asile qui vivent sur le territoire de l’État partie et sur le nombre de demandes de regroupement familial présentées et approuvées depuis la soumission du dernier rapport.
19. En France, toute forme de protection au titre de l'asile est régie par le livre VII du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et le décret du 14 août 2004. Ces textes, dont les dispositions font écho à celles d'instruments internationaux mais répondent aussi à des exigences d'ordre constitutionnel, précisent en particulier qui peut demander l'asile et comment demander l'asile, l'asile à la frontière faisant par ailleurs l'objet de dispositions complémentaires.
20. L'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA), qui se situe au cœur du dispositif national d'asile, est seul compétent pour instruire les demandes d’asile. Ses décisions sont susceptibles de recours devant la Cour nationale du droit d’asile, juridiction administrative spécialisée.
21. La baisse de la demande d’asile en France, constatée depuis l’année 2004, s’est poursuivie et accélérée en 2006. En 2006, 39 332 demandes ont été enregistrées dont 30 748 premières demandes (y compris mineurs) et 8 584 réexamens. La demande d’asile globale connaît ainsi une baisse très conséquente de 33,6 % par rapport à 2005. En dépit d’un sursaut au mois de septembre (+18 %), la déflation de la demande mesurée en 2005 s’est approfondie en 2006. Cette décroissance s’inscrit dans une tendance générale, en Europe notamment. La France demeure cependant, encore en 2006, le premier destinataire de demandeurs d’asile.
22. On observera, par ailleurs, que la baisse continue de la demande dans la capitale depuis 2001 s’est encore accentuée en 2006 : 3 884 premières demandes enregistrées contre 6 787 en 2005 et 15 374 en 2000. En outre, les dossiers déposés à Paris représentent désormais 14,8 % du total des demandes contre 40 % en 2000, 29 % en 2001 et 16 % en 2005. La poursuite de la baisse de la demande chinoise, essentiellement concentrée à Paris, explique en partie cette évolution.
23. Enfin, il est à noter que le processus de féminisation de la demande n’a pas été affecté par ces évolutions : le nombre de demandeurs de sexe féminin continue à croître, dans des proportions, il est vrai, modestes : les femmes représentent 35,8 % des demandeurs d’asile en 2006, contre 29,6 % en 2001 et 34,6 % en 2005. Cette augmentation est à mettre en rapport avec l’attention croissante accordée par l’OFPRA aux problématiques relevant de la protection subsidiaire (excision, violences conjugales, prostitution, etc.).
24. La diminution de la demande d’asile s’est traduite, en 2006, par la déflation de la quasi totalité des flux nationaux qui la composent : Haïti, ‑63,5 % ; Chine, ‑53,5 % ; Algérie, ‑43,8 %; Turquie, ‑28,8 %, etc. Cette évolution, à laquelle échappent le Sri Lanka (+ 5,2 %) et l’Arménie (+ 0,7 %), renvoie à des facteurs multiples. Certains peuvent être qualifiés d’aléatoires ou de ponctuels : une certaine désorganisation des filières d’immigration au lendemain de l’adoption de la réforme de 2003, le non report de la demande d’asile territorial (essentiellement algérienne) sur la procédure au guichet unique qu’est devenu l’OFPRA. D’autres facteurs apparaissent plus structurels : réduction des délais d’instruction, adoption de la liste nationale des pays d’origine sûrs, mise en œuvre du fichier dactyloscopique Eurodac, lutte accrue contre l’immigration clandestine (démantèlement des filières, lutte contre la fraude à l’identité, développement des procédures d’éloignement à l’égard des déboutés, extension des capacités de rétention administrative, etc.). La diminution de la demande d’asile en France s’inscrit, par ailleurs, dans le cadre d’une évolution plus globale puisque le nombre de demandes d’asile diminue dans la majorité des pays industrialisés et en particulier en Europe.
25. Les bénéficiaires de l’asile conventionnel, de la protection subsidiaire ou les apatrides peuvent solliciter l’entrée de leur famille sur le territoire français en dehors de la procédure de regroupement familial de droit commun. Leur demande doit être adressée à la direction des Français à l’étranger et des étrangers en France du Ministère des affaires étrangères. Saisi par le Ministère des affaires étrangères, l’OFPRA procède, dans un délai compris entre trois et cinq semaines, à la vérification de la composition familiale du réfugié. Cette opération prend en compte plusieurs éléments d’information : les déclarations sur l’honneur de l’intéressé, le compte rendu d’entretien et la fiche familiale de référence. Au terme des vérifications d’usage, l’acte civil reconstitué du réfugié est transmis au ministère. Si l’OFPRA dispose des documents d’état civil concernant les membres de la famille restés dans le pays d’origine, il peut les communiquer au Ministère des affaires étrangères, sans toutefois être en mesure de les certifier. L’authentification de ces documents, dont la présentation est requise pour la délivrance du visa, relève de la compétence des autorités consulaires.
26. Pour d’autre renseignement, le Comité voudra bien se reporter au rapport de l’OFPRA, consultable en ligne (www.ofpra.gouv.fr).
C. Question des plaintes soumises à la HALDE
Question 7. Compléter les renseignements donnés aux paragraphes 225 et 331 du rapport de l’État partie en ce qui concerne le mandat et les fonctions de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité. La Haute Autorité a‑t‑elle eu à traiter de plaintes soumises par des personnes se disant victimes de discrimination? Dans l’affirmative, indiquer le nombre et l’issue des affaires portées à son attention.
27. En complément des renseignements donnés aux paragraphes 225 et 331 du rapport de l’État partie, il convient de préciser que la HALDE a été créée par la loi du 30 décembre 2004 et par le décret du 4 mars 2005, transposant une directive européenne. La loi du 31 mars 2006 élargit les pouvoirs de la HALDE, notamment en lui permettant d’engager des transactions pénales. Elle a également donné valeur légale aux tests de discrimination.
28. La création de la HALDE répond aux exigences de l’Union européenne de mettre en place des organismes indépendants chargés de lutter contre les discriminations et de promouvoir l’égalité de traitement dans chaque état membre (directives 2000/43/CE du 29 juin 2000 et 2002/73/CE du 23 septembre 2002).
29. La HALDE, grâce à ses pouvoirs et compétences assure une aide aux victimes de discriminations :
a) Elle étudie les réclamations individuelles dont elle est saisie ainsi que les situations dont elle se saisit d’office.
b) Elle recueille toute information sur les faits portés à sa connaissance.
c) Elle peut demander des explications à toute personne physique ou à toute personne morale de droit privé mise en cause devant elle. Elle peut aussi demander communication d'informations et de documents quel qu'en soit le support et entendre toute personne dont le concours lui paraît utile.
d) Elle peut, l’égard des personnes publiques ou des organismes chargés d’une mission de service public, entendre tout agent mis en cause et obtenir, sur demande motivée, toutes les informations et pièces qu’elle estime utile.
e) Elle peut charger un ou plusieurs de ses membres ou de ses agents de procéder à des vérifications sur place et y entendre toute personne dont elle juge l’audition utile. Pour l’exercice de ces pouvoirs, les agents de la HALDE sont habilités par le procureur général près la cour d’appel de leur domicile. En cas d’opposition du responsable des lieux, le président de la HALDE peut saisir le juge des référés d’une demande motivée afin qu’il autorise les vérifications sur place.
f) Elle peut constater par procès-verbaux des discriminations par l’intermédiaire de ses agents assermentés et spécialement habilités par le procureur de la République. Les délits peuvent être notamment constatés par ses agents à l’occasion des tests de discrimination prévus par l’article 225-3-1 du Code pénal.
g) Elle assiste la victime de discrimination dans la constitution de son dossier et l’aide à identifier les procédures adaptées à son cas.
h) Elle peut procéder ou faire procéder à une médiation.
i) Elle peut proposer à l’auteur des faits une transaction consistant dans le versement d’une amende transactionnelle et/ou dans l’indemnisation de la victime, si ces faits n’ont pas déjà donné lieu à la mise en mouvement de l’action publique. Si une enquête pénale est en cours, elle doit recueillir l’accord préalable du procureur de la République. La transaction proposée par la HALDE et acceptée par la victime doit être homologuée par le procureur de la République territorialement compétent.
j) Elle peut mettre en mouvement l’action publique par voie de citation directe en cas de refus de la proposition de transaction ou d’inexécution d’une transaction acceptée et homologuée par le procureur de la République.
k) Elle doit informer le Procureur de la République lorsque des faits portés à sa connaissance sont constitutifs d’un crime ou d’un délit. S’agissant des faits de discrimination, leur révélation à ce magistrat pourra intervenir à l’occasion de la mise en œuvre de la procédure de transaction.
l) Elle peut présenter des observations devant les juridictions civiles, pénales ou administratives, lorsqu’elles sont saisies de faits relatifs à des discriminations, d’office ou à la demande de des parties. Lorsque la HALDE demande à être entendue, cette audition est de droit.
30. On constate depuis 2004 une mobilisation de la sphère économique sur les thèmes de la lutte contre les discriminations et de l'égalité des chances. La charte de la diversité en octobre 2004 a marqué le début de cette prise de conscience des entreprises sur la nécessité d'agir dans un contexte social marqué par le retournement démographique prévisible et un environnement international et concurrentiel qui les contraignent à être plus performantes.
31. La création de la HALDE accentue ce mouvement. La HALDE apporte une expertise et des méthodes nouvelles dont la caractéristique principale est de passer de l'engagement non contraignant (la charte) à l'évaluation permanente des progrès réalisés (le cadre pour agir et rendre compte).. La HALDE s’est appuyée pour cela sur la connaissance particulière des processus discriminatoires que lui donne le traitement des réclamations et sur sa capacité à réunir les professionnels dans des groupes de travail pluridisciplinaires. Cette méthode de travail a été étendue aux intermédiaires de l'emploi et au secteur public en l'adaptant aux spécificités de ces secteurs.
32. En 2005, 150 grandes entreprises françaises ont été interrogées sur leurs engagements pour l’égalité des chances. Les réponses ont permis de dresser un premier état des lieux qui a fait apparaître des bonnes pratiques mais aussi des lacunes à combler. Il est apparu nécessaire d'inscrire l’échange d'informations ouvert par la lettre aux entreprises dans le temps, de le formaliser dans un cadre pour assurer l'homogénéité des informations, et d'associer le secteur d'activité concerné à l'élaboration du cadre pour agir et pour rendre compte.
33. La vérification des processus des ressources humaines, à l'image de ce qui se fait pour les démarches qualité, est la seule garantie de la mise en œuvre de la volonté affichée au sommet. Le cadre pour agir et rendre compte s'est affirmé comme un outil-méthode efficace, puisqu'il a suscité des demandes d'information en direction de la HALDE mais aussi d'échanges d'expériences entre entreprises participantes. Il en est ainsi pour la diversification des sources de recrutement, les actions de sensibilisation sur le handicap, la prise en compte de la gestion de la diversité dans l'évaluation des managers, la création de procédures d'alerte sur les cas de discrimination et de harcèlement.
34. En 2006, la collecte et le recoupement des informations avaient fait apparaître des lacunes importantes dans l'application du principe d'égalité en matière de déroulement de carrière. Constitué de directeurs des ressources humaines de grandes entreprises, le groupe de travail créé spécifiquement sur cette question, a permis dialoguer sur les expériences menées, d'identifier les initiatives les plus intéressantes, afin d'établir des préconisations. Elles ont fait l'objet d’un second guide « Des pratiques pour l’égalité des chances. Que répondent les grandes entreprises à la HALDE ?» diffusé en octobre 2007.
35. Le cadre de référence a été adressé en septembre 2007 à 253 grandes entreprises, 192 y ont répondu. L’analyse des réponses permet de dresser un premier panorama des principales avancées (voir rapport 2007 de la HALDE à paraître en mai)
36. Depuis le vote de la loi sur l’égalité des chances en 2006, le test de discrimination peut servir de preuve devant le juge pénal. Il s’agit d’un mode d’enquête destiné à établir l’existence d’une pratique discriminatoire. Il est particulièrement adapté pour identifier les situations de discrimination directe. Le test est réalisé sans que la personne testée en soit informée. Mais une fois le test réalisé, les résultats en sont communiqués à la personne mise en cause qui sera à même de présenter ses observations avant que le Collège délibère sur une publication ou action correctrice à entreprendre. La HALDE a réalisé plusieurs tests de discriminations dans le domaine de l’emploi et du logement.
37. Du 1er janvier aux 31 décembre 2007, 6222 réclamations ont été enregistrées ce qui représente une augmentation de 53 % par rapport à 2006.
38. Le nombre moyen mensuel de réclamations déposées est passé de 141 en 2005, à 338 en 2006, pour atteindre 518 en 2007.
39. La répartition des réclamations selon les critères et les domaines de discriminations révèle les évolutions suivantes :
a) L'origine demeure le critère le plus souvent invoqué ; toutefois le critère santé / handicap atteint 21,6 %.
b) L'emploi représente désormais plus de 50 % des réclamations enregistrées ; la progression constatée concerne plus particulièrement la rubrique « carrière » dans l'emploi privé, 24% en 2007.
40. Par ailleurs, 32 557 appels ont enregistrés sur le n° Azur 08 1000 5000 entre le 1er janvier et le 31 décembre 2007; les appelants ont été conseillés et orientés.
41. Concernant les statistiques liées aux plaintes reçues par la HALDE, pour des discriminations a raison de l’ensemble des critères prohibés par la loi française, en 2007, le Collège a pris 340 délibérations qui ont donné lieu à 558 mesures parmi lesquelles 332 recommandations adressées au Gouvernement, aux collectivités publiques, ou aux entreprises. Parmi les recommandations, 197 ont une portée générale, et 135 une portée individuelle.
42. La loi n° 2006-396 du 31 mars 2006 pour l'égalité des chances autorise la HALDE à présenter ses observations devant les tribunaux à son initiative; cette audition est désormais de droit. Cette nouvelle possibilité, ainsi qu’une demande plus importante émanant des victimes de discriminations qui souhaitent l’appui de la HALDE dans le contentieux, expliquent la très forte augmentation du nombre d’interventions devant les tribunaux (+ 140 %).
43. En matière de médiation, la HALDE renforce son efficacité. La médiation est un mode de règlement retenu par les parties dans un nombre croissant de dossiers ; 49 médiations ont été engagées en 2007.
Question 8. L’État partie a‑t‑il l’intention de ratifier le Protocole no 12 à la Convention européenne des droits de l’homme?
44. La France est partie à tous les instruments internationaux prohibant la discrimination. Elle a ainsi signé, le 4 novembre 1950, la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, entrée en vigueur en France en 1974, et dont l’article 14 interdit toute forme de discrimination. Elle est également partie à la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, signée le 7 mars 1966 et entrée en vigueur en France en 1971, et elle a adhéré au Pacte international sur les droits civils et politiques du 16 décembre 1966, entré en vigueur en France en 1981.
45. Sa législation interne est pleinement conforme aux engagements internationaux auxquels elle a souscrit. Ces dernières années la France a renforcé son arsenal législatif pour lutter plus efficacement contre toutes les formes de discrimination. Ainsi, la loi n° 2003-88 du 3 février 2003 crée une nouvelle circonstance aggravante à caractère raciste, xénophobe ou antisémite (article 132-76 du Code pénal). La loi 2003-239 du 18 mars 2003 sur la sécurité intérieure crée un article 132-77 du Code pénal qui prévoit expressément la possibilité de retenir une nouvelle circonstance aggravante lorsqu’un crime ou un délit est commis à raison de l’orientation sexuelle de la victime. Pour la première fois, la loi prévoit la prise en compte du mobile homophobe comme circonstance aggravante de certaines infractions pénales.
46. La loi du 16 novembre 2001 relative à la lutte contre les discriminations a modifié les dispositions des articles 225-1 et 225-2 du Code pénal qui prévoient et répriment les discriminations. Le législateur a entendu élargir le champ de la lutte contre les discriminations à toutes situations discriminatoires, en intégrant dans l’article 225-1 du Code pénal relatif à la discrimination les notions « d’orientation sexuelle, d’âge, d’apparence physique, de patronyme ».
47. Ce texte a également élargi les domaines professionnels susceptibles de faire l’objet de poursuites pénales pour discriminations en ajoutant à l’article 225-2 du Code pénal les « demandes de stage ou les périodes de formation professionnelle ».
48. La loi du 17 janvier 2002, dite loi de modernisation sociale, a introduit dans le droit régissant les rapports entre locataires et bailleurs des dispositions qui affirment l’interdiction d’un refus de location qui serait fondé sur toute forme de discrimination (origine, apparence physique, sexe, appartenance vraie ou supposée à une ethnie, une nation...) et qui mettent à la charge du bailleur d’apporter la preuve que sa décision de refus a été justifiée.
49. Enfin, la loi n° 2004-204 du 9 mars 2004 portant adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité prévoit l’aggravation de la pénalité encourue en cas de discrimination simple. En outre, dans le but de rendre plus effective l’application de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse aux infractions commises au moyen de l’Internet notamment, cette loi prévoit l’allongement de la prescription de l’action publique de trois mois à un an pour les infractions de diffamation et injure raciale, incitation à la haine raciale et révisionnisme.
50. La France est donc dotée d’un arsenal juridique de lutte contre la discrimination particulièrement développé, et reconnu sur le plan international.
51. Toutefois, elle n’envisage pas, à court terme, d’adhérer au Protocole n° 12 à la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, essentiellement pour des raisons liées à la situation actuelle de la Cour européenne de Strasbourg.
52. Cette juridiction doit en effet faire face à une augmentation considérable du nombre d’affaires portées devant elle, qui a rendu nécessaire une réforme profonde de son fonctionnement par l’adoption du Protocole n° 14 que la France a ratifié. Aussi, l’entrée en vigueur de ce Protocole n° 12, qui ne manquera pas de susciter l’afflux de nouvelles requêtes, n’apparaît-elle pas souhaitable.
Question 9. Exposer les mesures adoptées par l’État partie pour promouvoir l’égalité entre les sexes et encourager la représentation des femmes aux postes de responsabilité dans l’État partie, dans les secteurs tant public que privé.
53. Des mesures d’action positive ont été prises pour faciliter l’accès des femmes à la vie politique :
a) La loi du 6 juin 2000 oblige les partis politiques à présenter un nombre égal d’hommes et de femmes pour les élections régionales, municipales (communes de plus de 3 500 habitants), sénatoriales et européennes. Elle pénalise financièrement les partis qui ne respectent pas le principe de parité lors de la désignation des candidats pour les élections législatives.
b) Cette loi a été complétée par celle du 11 avril 2003 qui révise les modes de scrutin des élections régionales et européennes.
c) Puis par celle du 31 janvier 2007 qui impose la parité dans les exécutifs des conseils municipaux et des conseils régionaux, renforce les sanctions financières à l’encontre des partis politiques qui ne respecteraient pas les exigences légales en matière de parité et prévoit pour les prochaines élections cantonales de mars 2008 l’élection d’un titulaire et d’un suppléant de sexe différent.
54. Des mesures d’action positive ont été tentées pour faciliter l’accès des femmes aux conseils d’administration des entreprises lors du vote de la loi du 23 mars 2006 sur l’égalité salariale. Ces mesures ont été cependant considérées inconstitutionnelles par le Conseil constitutionnel (seules les mesures d’action positive pour la parité en politique ont été prévues par la révision constitutionnelle de 1999).
55. Le Président de la République a confié à Simone Veil la présidence d’une commission chargée de modifier la constitution afin de permettre au Parlement de prendre des mesures garantissant une véritable égalité des droits et des devoirs des hommes et des femmes dans l’ensemble des sphères économiques et sociales.
56. Faisant suite à la circulaire du 6 mars 2000, chaque ministère a élaboré un plan pluriannuel d’amélioration de l’accès des femmes aux emplois et postes de l’encadrement supérieur de la fonction publique de l’État. Ce plan précise, en termes d’objectifs, le taux de féminisation à atteindre pour chaque catégorie d’emplois et de fonctions de direction et d’encadrement, taux fixé en tenant compte de la représentation des femmes dans les corps ou emplois qui en constituent le « vivier ».
57. Le 29 mars 2004, le Ministre de la fonction publique et de la réforme de l’État a signé trois circulaires destinées à donner un nouvel élan à ce dispositif, en prévoyant de faire un bilan des plans ministériels arrivant à terme au regard des objectifs fixés, un bilan d’étape dans les ministères où les plans sont en cours de réalisation, ou en demandant un état des lieux dans les ministères n’ayant pas élaboré de plan.
58. Tous les concours d’accès à la fonction publique sont ouverts aux hommes et aux femmes ; la Constitution française n’autorise pas l’instauration de quotas réservés à l’un ou l’autre sexe. En revanche, une politique volontariste est menée pour favoriser la promotion des femmes, comme l’illustrent les plans pluriannuels d’accès des femmes à la haute fonction publique cités ci-dessus. Dans la même visée, la loi a prévu des dispositions pour une représentation équilibrée des femmes et des hommes dans les jurys de concours et dans les organismes consultatifs de la fonction publique de l’État
a) Jurys de concours : les membres des jurys et comités de sélection désignés par l’administration doivent être choisis en respectant une proportion minimale de chacun des deux sexes, fixée à un tiers. La féminisation des jurys des principaux concours a progressé régulièrement depuis 2000 : en cinq ans, la part des femmes est passée de 33,3 % à 45,9 %. Toutes les administrations ont mis en application le seuil minimal.
b) Organismes consultatifs de la fonction publique de l’État : la loi oblige également l’administration à être représentée par au moins un tiers de personnes de chaque sexe dans les organismes consultatifs. Fin 2006, 36 % de femmes représentaient l’administration dans les commissions administratives paritaires[2] , contre 33 % en 2005. Les syndicats, non astreints à respecter cette obligation, se sont cependant inscrits dans cette dynamique. La représentation hommes/femmes tend à l’égalité dans de nombreuses commissions administratives paritaires. À l’assemblée plénière du Conseil supérieur de la fonction publique d’État nouvellement formé, l’administration répond à hauteur de 35 % à l’obligation de représentation des femmes dans l’ensemble des personnes nommées (titulaires et suppléants confondus).
59. La mise en place de nouveaux outils pour l’accompagnement des carrières, pouvant bénéficier de manière privilégiée aux femmes ont donné une nouvelle impulsion pour favoriser le déroulement de carrière des femmes et leur accès aux emplois à responsabilité.
60. Parmi ceux-ci, la loi n° 2007-148 du 2 février 2007 de modernisation de la fonction publique et l’accord du 21 novembre 2006 relatif à la formation professionnelle tout au long de la vie
61. D’autres mesures auront vocation à mieux organiser les carrières des femmes et à atténuer les effets des ruptures de carrière consécutives à la naissance des enfants ou d’autres évènements familiaux.
62. La loi n° 2007-148 du 2 février 2007 de modernisation de la fonction publique et l’accord du 21 novembre 2006 sur la formation professionnelle tout au long de la vie, accord signé par le Ministre de la fonction publique et trois organisations syndicales le 21 novembre 2006 (CFDT, CFE-CGC et CFTC), prévoient la mise en place de dispositifs utiles à cet égard :
a) la reconnaissance des acquis de l’expérience professionnelle (RAEP), nouvelle modalité de sélection appliquée aux concours, permettra aux femmes qui ont interrompu leur activité pendant quelque temps de faire valoir plus aisément leurs acquis antérieurs pour réintégrer la fonction publique ou présenter des concours ;
b) l’institution d’un droit individuel à la formation dans la fonction publique, à l’instar de ce qui existe déjà dans le secteur privé, favorisera une meilleure articulation entre les dispositifs de formation et les projets professionnels des agents. Dans ce cadre, un nouvel outil d’aide à la reconversion, particulièrement utile suite à des interruptions de carrière, est également mis en place : les périodes de professionnalisation sont susceptibles d’aider les femmes à se lancer dans des « secondes carrières ».
63. Le plan pluriannuel 2004-2007 relatif à la parité dans la diplomatie élaboré par le Ministère des affaires étrangères a proposé, entre autres pour les emplois supérieurs :
a) de favoriser la nomination de femmes à des postes stratégiques au cœur de notre dispositif ministériel en administration centrale, en évitant les orientations trop traditionnelles des carrières féminines;
b) de renforcer la place des femmes dans le réseau diplomatique, en veillant à maintenir un pourcentage en adéquation avec les viviers;
c) d’assurer aux agents à tous les postes d’encadrement des possibilités d’organisation du temps de travail permettant de mieux concilier des temps de vie personnelle et professionnelle;
d) de poursuivre une politique active en faveur des conjoints d’agents (formations, postes doubles), pour faciliter l’expatriation;
e) de valoriser la mobilité interministérielle au même titre que la mobilité géographique dans le cadre des promotions internes;
f) d’établir un tableau de bord permettant une vision précise de la place des femmes dans la hiérarchie du Ministère;
g) de s’appuyer sur l’Inspection générale, afin d’assurer une appréhension et une prise en compte effective des préoccupations des femmes;
h) d’effectuer une étude sur le déroulement des carrières des femmes ayant vocation aux emplois supérieurs, afin d’en corriger les blocages (ces travaux sont en cours, ainsi que l’analyse des réponses à un questionnaire envoyé à une cinquantaine de cadres du Département).
64. La mise en place d’un Comité pour l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans l’enseignement supérieur et la recherche, installé par le Ministre le 26 janvier 2006, atteste de la volonté d’équilibrer la représentation des femmes
65. Dans les perspectives annoncées par la Ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse, en décembre 2007 figure sa volonté de féminiser davantage les nominations administratives dans différentes sections du Conseil national des Universités, ainsi elle s'est fixée un objectif de résultat de 40 % toutes sections confondues.
66. Le Gouvernement a organisé, le 26 novembre 2007, une conférence tripartite avec les organisations syndicales de salariés et d’employeurs. Cette conférence a abouti à l’annonce de plusieurs mesures visant à adapter et rendre plus fonctionnels les outils de diagnostic des inégalités dans les entreprises, à accompagner les partenaires sociaux pour les inciter à mobiliser les outils existants (notamment à travers l’organisation d’une large campagne de communication sur le thème de l’égalité professionnelle et salariale), à renforcer les contrôles et les sanctions pour rendre plus efficace la législation sur l’obligation de négocier dans les entreprises (loi n°2006-340 du 23 mars 2006) et à lutter contre les facteurs structurels de l’inégalité (notamment en facilitant l’articulation des temps professionnels et privés, en améliorant la qualité de l’emploi à temps partiel et en développant la mixité des emplois et la formation). L’ensemble de ce dispositif visant à la mobilisation des différents acteurs doit permettre notamment de favoriser le déroulement des carrières des femmes et l’accès aux postes de responsabilités dans l’entreprise.
III. Points se rapportant à des droits
spécifiques
reconnus dans le Pacte (articles 6 à 15)
Question 10. En plus des renseignements figurant aux paragraphes 163, 164, 191, 205 et suivants du rapport de l’Etat partie, donner des informations, y compris des données statistiques, sur les progrès réalisés dans la mise en œuvre des différentes stratégies adoptées par l’Etat partie pour assurer une formation professionnelle et des débouchés aux personnes qui appartiennent à des groupes spécifiques, tels que a) les jeunes, dont ceux d’origine étrangère, b) les travailleurs moins qualifiés, c) les personnes âgées de plus de 50 ans et d) les personnes qui vivent dans des zones urbaines sensibles (ZUS).
67. L’insertion des jeunes dans la vie professionnelle et, plus généralement dans la vie de la cité, constitue un des axes prioritaires de la politique d’emploi en France depuis déjà plusieurs années. Cette priorité s’est également traduite au niveau européen : en effet, la France compte parmi les pays à l’initiative du Pacte européen pour la Jeunesse signé par les Chefs d’État dans le cadre de l’Union européenne en mars 2005.
68. L’activité des jeunes de 15 à 29 ans en France est en légère hausse depuis dix ans, après avoir beaucoup diminué dans le passé en raison de l’allongement de la scolarité. Ainsi, en 2005, la moitié des jeunes de 15 à 29 ans sont actifs, 42 % sont en emploi et 9 % sont au chômage. L’autre moitié poursuit ses études sans travailler. Plus d’un tiers des jeunes salariés âgés de 15 à 29 ans sont intérimaires, en contrat à durée déterminé ou en contrat aidé.
69. L’insertion des jeunes dans la vie de la cité, dans toutes ses dimensions, constitue un élément phare du Plan de cohésion sociale en 2004 et renforcé en juin 2005 par le plan d’urgence pour l’emploi.
70. Ainsi, les actions développées par les pouvoirs publics vont concerner :
a) le renforcement de l’insertion professionnelle en entreprise;
b) l’amélioration de l’adéquation entre formation et emploi;
c) la poursuite d’actions spécifiques pour les jeunes en difficulté.
1. Un développement significatif de l’apprentissage
71. La loi de programmation pour la cohésion sociale a fait du développement de l’apprentissage l’un de ses axes prioritaires, avec l’objectif de 500 000 apprentis en 2009 (soit + 30 000 chaque année entre 2005 et 2008). Le bilan d’étape traduit les efforts engagés : on compte 374 000 apprentis en juin 2006 contre 357 000 en mars 2005.
72. Ces résultats ont été obtenus par :
a) L’attractivité accrue de l’apprentissage pour les jeunes (revenus non assujettis à l’impôt, campagne d’information);
b) La meilleure qualité du suivi et de l’encadrement en Centre de formation d’apprentis ;
c) Le crédit d’impôt de 1 600 euros par an accordé aux maîtres d’apprentissage;
d) Les contrats d’objectifs et de moyens conclus entre l’État et 23 régions sur 26 pour améliorer l’offre de formation et la qualité de l’apprentissage.
73. La loi relative à l’égalité des chances y a ajouté deux nouveaux leviers en mars 2006 :
a) L’apprentissage junior, parcours d’initiation aux métiers sous statut scolaire ouvert aux jeunes dès 14 ans;
b) Le développement de l’apprentissage dans les grandes entreprises (plus de 250 salariés), incitées à employer une proportion minimale de jeunes en alternance;
c) Son extension dans l’enseignement supérieur, sur la proposition de la Commission Université-Emploi réunie en avril 2006.
2. La montée en régime des contrats de professionnalisation
74. Les contrats de professionnalisation se sont substitués aux contrats de qualification à la suite de l’accord interprofessionnel sur la formation tout au long de la vie de 2003. Notamment destinés à la formation professionnelle en alternance des jeunes de 16 à 25 ans, ils ont connu un développement rapide : 115 000 ont été conclus en 2005. Ils sont plus courts que les contrats de qualification (15 mois contre 18) et les qualifications visées émanent davantage des branches, auxquelles la réforme a confié la responsabilité de définir des actions de formation et d’accompagnement répondant à leurs besoins en qualifications.
3. L’incitation à l’embauche en entreprise
75. Le contrat jeune en entreprise offre aux employeurs qui embauchent en CDI un jeune de 16 à 25 ans non titulaire du bac un allègement de charges pendant trois ans. Près de 120 000 jeunes occupaient un contrat jeune en entreprise en juin 2006, et 260 000 ont été embauchés sur ce contrat depuis sa création ; la moitié d’entre eux avaient quitté le système scolaire sans diplôme, et le quart était au chômage. Le contrat jeune en entreprise a vu récemment son public élargi à de nouvelles catégories (jeunes résidents des zones urbaines sensibles [ZUS] ou chômeurs de longue durée), et les mesures d’accompagnement prévues par le contrat d'insertion dans la vie sociale (CIVIS) (voir ci-dessous) ont été renforcées (loi du 21 avril 2006 sur l’accès des jeunes à la vie active en entreprise).
4. L’accueil par l’ANPE et les Missions locales des 57 000 jeunes au chômage depuis au moins un an.
76. Inscrite dans le Plan d’urgence pour l’emploi de juin 2005, cette mesure se concentre sur des publics difficilement employables car peu qualifiés. Cette opération a permis de recevoir 71 553 chômeurs, au cours de 76 294 entretiens. Près de 84 % des jeunes reçus ont eu une proposition d’emploi. 59 % des jeunes reçus ont occupé un emploi entre juin et octobre 2005, un quart étant encore en emploi à la mi-octobre 2005. Compte tenu de leur profil, la plupart des jeunes reçus en entretien sont donc encore au chômage, mais ont connu une période d’emploi rémunéré, qui a amélioré leur employabilité et permis a certains d’entre eux de s’insérer durablement ou de se former. Cette opération a donc porté ses fruits. Au delà, la mobilisation s’est poursuivie permettant d’enregistrer une baisse du chômage de longue durée de 9,4 % chez les moins de 25 ans, significativement supérieure à la baisse de 7,2 % enregistrée pour les plus de 25 ans.
77. Le niveau élevé du chômage des jeunes coexiste avec d’importantes difficultés de recrutement dans de nombreux secteurs. Plusieurs mesures récentes visent à réduire le décalage entre formations suivies par les jeunes et compétences attendues par les entreprises :
a) Un service public de l’orientation a été mis en place pour améliorer la transition entre études et vie active. Chargé d’accompagner l’élève ou l’étudiant de la fin du collège à la troisième année de l’université, il devra veiller à l’adéquation des choix d’orientation et des perspectives d’insertion professionnelle. Un délégué interministériel à l’orientation et à l’insertion professionnelle est chargé d’assurer la cohérence des dispositifs d’orientation, à l’échelon national et dans les académies, et de bâtir en 2006-2007 un schéma national d’orientation et d’insertion professionnelle défini en concertation avec les organisations étudiantes. Un service de l’orientation et de l’insertion professionnelle sera ouvert dans chaque université, en liaison avec les lycées de son académie Le corps des conseillers d’orientation sera mieux mobilisé, l’ensemble des acteurs éducatifs formés à l’orientation, et la liaison entre secondaire et supérieur mieux établie.
b) La création d’une allocation pour l’installation étudiante a pour objet de soutenir les étudiants issus de familles modestes qui quittent le domicile familial pour s’installer de façon autonome. D’un montant de 300 euros, elle sera versée en une seule fois, dès novembre 2006, à tous les boursiers qui touchent leur première allocation logement, quel que soit leur niveau universitaire (près de 80 000 étudiants).
c) Les actions préparatoires au recrutement visent, dès fin 2006, à résorber l’écart entre offres d’emploi non satisfaites et demandeurs d’emploi dotées de compétences proches de celles requises, avec une priorité particulière pour les jeunes en CIVIS. Ces actions durent trois mois, à l’issue desquels l’entreprise s’engage à embaucher le demandeur d’emploi sur un contrat durable. Elles comprennent une formation d’adaptation au poste de travail, et le demandeur d’emploi, rémunéré comme stagiaire de la formation professionnelle, est accompagné par un tuteur dans l’entreprise. 50 000 actions sont prévues d’ici fin 2007.
d) Un crédit d’impôt pour les jeunes salariés embauchés dans les secteurs connaissant de façon récurrente des difficultés de recrutement est ouvert depuis le 1er juillet 2005 et jusqu’au 31 décembre 2007. Son montant est de mille euros maximum. La liste des métiers éligibles repose sur des critères objectifs : taille du métier, ratio de l’offre et de la demande d’emploi. On y trouve notamment l’agriculture, le bâtiment et les travaux publics, la mécanique et le travail des métaux, le commerce, l’alimentation et l’hôtellerie-restauration.
1. Le renforcement du Contrat d’insertion dans la vie sociale
78. Mesure centrale du plan de cohésion sociale pour les jeunes, le CIVIS a été conçu pour accompagner les jeunes vers l’emploi afin de répondre à l’objectif de trouver une solution active pour 800 000 jeunes rencontrant des difficultés particulières d’insertion dans l’emploi, soit sortis prématurément du système scolaire, soit appelés à en sortir sans qualification. Mis en place en mai 2005, ce contrat avait au 30 juin 2006 accueilli depuis sa création 211 000 jeunes, dont près de la moitié sans diplôme ni qualification. 195 000 y étaient encore présents à cette date, et 10 000 en étaient sortis pour occuper un emploi durable.
79. La loi du 21 avril 2006 sur l’accès des jeunes à la vie active en entreprise a réformé et amélioré cette mesure en étendant son accès aux jeunes diplômés de l’enseignement supérieur particulièrement éloignés de l’emploi. Un « parcours d’accès à la vie active » doit être proposé aux jeunes dans un délai de trois mois après la conclusion du contrat tandis que l’accompagnement peut être poursuivi pendant un an après l’accès à l’emploi. Les jeunes en CIVIS bénéficient de la protection sociale et lorsqu’ils sont majeurs, ils peuvent bénéficier d’une allocation pendant les périodes où ils ne perçoivent aucun autre revenu ou allocation (900 euros par an maximum; 300 euros maximum par mois).
2. Le Parcours d’accès aux carrières de la fonction publique territoriale, de la fonction publique hospitalière et de la fonction publique de l’État (PACTE)
80. Ce nouveau mode de recrutement dans la fonction publique s’adresse aux jeunes de 16 à 25 ans ayant des difficultés d’insertion, sans diplôme ou sans qualification professionnelle reconnue, ou dont le niveau de qualification est inférieur au baccalauréat. La première sélection des candidats et confiée au service public de l’emploi, (ANPE ou missions locales). Il s’agit d’un contrat de droit public passé avec l’administration d’emploi pour une durée d’1 à 2 ans, alternant formation et stage dans l’administration, sous la responsabilité d’un tuteur. La rémunération est d’au moins 55 % du salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) pour les 16-20 ans, et 70 % pour les autres, avec exonération des cotisations sociales à la charge de l’employeur. Les jeunes en PACTE pourront au terme de leur parcours intégrer la fonction publique en qualité de fonctionnaire titulaire de catégorie C, à l’issue d’un examen à caractère professionnel. Le PACTE devrait concerner 20 000 jeunes par an.
3. L’opération « Défense 2e chance »
81. Initiative conjointe du Ministère de la défense et du Ministère de l’emploi, de la cohésion sociale et du logement, elle s’adresse aux filles ou garçons de 18 à 23 ans en situation d’échec scolaire. Il leur propose une formation de six mois à deux ans, comprenant un apprentissage des règles de la vie en société, un rappel des principaux acquis scolaires, une formation professionnelle et des activités sportives, dispensée dans des établissements d’insertion de la Défense.
4. La mobilisation pour l’emploi dans les zones urbaines sensibles
82. Afin que la baisse du chômage profite aussi aux jeunes des quartiers où la situation de l’emploi est difficile, le Gouvernement vient de décider, sans créer des mesures ou dispositifs nouveaux, de mettre en place une organisation plus opérationnelle des acteurs et des moyens de la politique de l’emploi dans les quartiers. Des « groupes solidarité emploi » sont organisés dans chaque ZUS à l’initiative du préfet, rassemblant les différents acteurs sous la responsabilité d’un pilote. Des objectifs précis et mesurables leurs seront fixés (comme la réduction de l’écart de taux de chômage entre la ZUS et son environnement), et tous les instruments de la politique de l’emploi pourront être mobilisés au profit des moins qualifiés, des chômeurs victimes de discriminations liées à leur quartier, et des jeunes n’ayant jamais bénéficié d’une orientation. Plusieurs outils sont en outre renforcés :
a) Redéploiement de moyens de l’ANPE vers les ZUS;
b) Accompagnement par un cabinet « d’outplacement » des jeunes diplômés bac +3 en CIVIS;
c) 20 000 places supplémentaires en formation aux savoirs de base;
d) Aide à la formation renforcée pour le Pacte (1 000 euros par contrat);
e) Développement du parrainage de jeunes par de jeunes retraités.
83. Sur l’emploi des seniors, les actions des pouvoirs publics et des partenaires sociaux ont pris plusieurs formes au cours de ces dernières années :
a) Resserrement des dispositifs de préretraites publiques;
b) Réforme des retraites en 2003;
c) Signature d’un accord national interprofessionnel puis de la loi sur la formation tout au long de la vie en 2003 et 2004;
d) Adoption d’un plan santé au travail pour la période 2005-2009;
e) Accord des partenaires sociaux sur l’emploi des seniors du 9 mars 2006 qui a permis la signature du plan national d’action concerté (État, partenaires sociaux) pour l’emploi des seniors pour la période 2006-2010. Ce dernier plan illustre pour la première fois une démarche globale sur l’emploi des seniors, menée conjointement dans leurs domaines de compétences respectives par les pouvoirs publics et les partenaires sociaux.
84. L’objectif de ce plan national concerté vise l’augmentation des taux d’emploi des 55-64 ans de l’ordre de deux points par an pour la période 2006-2010 afin d’atteindre un taux d’emploi de 50 % à l’horizon 2010, en conformité avec les objectifs de la stratégie européenne pour l’emploi. Cette augmentation du taux d’emploi doit provenir d’un effet cumulé des incitations financières mises en place pour repousser l’âge de la cessation d’activité et, des mesures pour faciliter le retour à l’emploi des seniors et mieux aménager les fins de carrière.
85. Deux initiatives doivent être signalées : l’ouverture de la mission de tuteur aux retraités d’une part, et le temps partiel de fin de carrière avec une gestion du temps de travail tout au long de la vie via l’usage du dispositif du compte épargne-temps (CET) d’autre part. La formation tout au long de la vie doit permettre au salarié âgé d’anticiper la seconde partie de sa vie professionnelle, d’en être l’acteur et de mieux maîtriser son parcours professionnel afin d’assurer son maintien dans l’emploi. L’accord national interprofessionnel du 13 octobre 2005 relatif à l’emploi des seniors et le plan d’action pour l’emploi des seniors de 2006 (action 5 et 6) identifient les initiatives à mener la matière.
86. Par ailleurs, depuis les lancements de ce plan, les actions suivantes ont été menées :
a) Une campagne de communication (télévision, radio, insertions presse, brochure à destination des entreprises, site internet) a été lancée en octobre 2006 sous la signature « Notre avenir se construit à tout âge ». Des assises régionales sur l’emploi des seniors ont commencé à se tenir à partir de décembre 2006, et ont concerné 5 régions. Leur déroulement reprendra en septembre 2007.
b) L’amélioration des conditions de vie au travail est une dimension majeure du maintien dans l’emploi des seniors. Le plan santé au travail 2005-2009, comme le contrat de progrès du réseau de l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail sur 2004-2008, ont inscrit « la gestion des âges tout au long de la vie » parmi les orientations prioritaires.
87. Différentes branches ont conclu des accords sur les seniors. Mais, en dépit de la prise de conscience des acteurs concernés, des mesures législatives adoptées pour favoriser le maintien dans l’emploi des seniors et du plan national d’action concerté, l’emploi des travailleurs âgés n’a guère évolué au cours des derniers mois.
88. Le taux d’emploi des seniors est encore trop faible (37,6 % en 2006). De 2000 à 2005 le taux d’emploi des 55-64 ans était en progression régulière (de 29,9 % à 37,9 %), grâce au « rajeunissement » de cette classe d’âge avec l’augmentation du nombre des 55-59 ans (davantage actifs que les 60-64 ans), produite par l’arrivée à ces âges des générations nombreuses d’après guerre. Le repli entre 2005 et 2006 n’est dû qu’à l’arrivée à 60 ans de la première génération du baby-boom qui renforce la part des retraités au sein de la grande classe d’âge des 55-64 ans.
89. Bénéficiant de mesures de préretraites et de dispenses de recherche d’emploi lorsqu’ils sont en difficulté sur le marché du travail, les seniors sont moins affectés par le chômage que les plus jeunes. Ils travaillent plus souvent dans la fonction publique ou comme travailleurs indépendants. Les seniors occupent moins fréquemment que les salariés plus jeunes des emplois temporaires, en intérim ou contrat à durée déterminée.
90. La faiblesse de l’emploi des seniors tient en partie à des destructions d’emplois élevés dans certains secteurs industriels ces dernières années, secteurs fortement employeurs de seniors. Elle s’explique aussi par les mentalités aussi bien des employeurs et des salariés, que les réformes veulent faire évoluer.
a) Du côté des employeurs, on observe une forte réticence des employeurs à recruter des salariés âgés (ce qui explique l’ancienneté du chômage des seniors). Selon l’enquête annuelle de l’ANPE sur les prévisions des entreprises, la très grande majorité des entreprises interrogées (82 %) a procédé à des mises en préretraite et départs anticipés au cours des dernières années et elles restent nombreuses (39 %, dont 70 % au sein des très grandes entreprises) à envisager dans le futur de mettre en place des dispositifs facilitant ces départs anticipés. En outre les entreprises continuent de mettre à la retraite d’office à partir de 60 ans des seniors ayant la durée de cotisation nécessaire à la perception d’une pension à taux plein.
b) Du côté des salariés, les difficultés peuvent entraîner une perte de motivation chez les salariés. La recherche d’emploi est moins active au fur et à mesure que l’âge s’élève : parmi les personnes qui se déclaraient au chômage en 2002, la recherche d’emploi concernait 87 % des 40 à 49 ans et seulement 64 % des 50 à 59 ans. Par ailleurs, après 55 ans, les chômeurs intériorisent la discrimination liée à l’âge et considèrent eux-mêmes qu’ils sont trop âgés pour être recrutés.
91. C’est pour corriger tous ces facteurs que plusieurs mesures vont monter en régime pour favoriser le maintien dans l’emploi des seniors : autorisation du cumul emploi – retraite, suppression des limites d’âge non justifiées par des motifs de sécurité, suppression progressive de la dispense de recherche d’emploi pour les chômeurs seniors, etc.
92. Les ZUS concentrent des difficultés d’emploi qui se traduisent notamment par un taux de chômage deux fois plus élevé que dans les autres quartiers, à tous les âges, un taux d’activité faible en particulier chez les femmes et une proportion élevée de chômeurs non inscrits. Ces quartiers cumulent en effet déficit d’emplois et difficultés des habitants à accéder à ces emplois, qu’ils soient en ou hors ZUS (faible niveau de qualification et même de formation de base, forte proportion d’immigrés, problème de mobilité, discriminations à l’embauche, etc.).
93. Face à ces difficultés, des actions ont déjà été engagées pour réduire les écarts de chômage entre les ZUS et leur environnement et pour traiter la situation des jeunes. En décembre 2005, l’action du Service public de l’emploi (SPE) (ANPE et missions locales) en faveur des jeunes de moins de 25 ans résidant en ZUS a été intensifiée. Tous les jeunes identifiés comme habitant en ZUS ont été reçus par le SPE et se sont vus proposer à l’issue de deux mois une solution en termes d’emploi ou de formation. Par ailleurs, les critères de qualification pour l’éligibilité au soutien à l’emploi des jeunes en entreprise (SEJE) ont été supprimés pour les jeunes résidant en ZUS, suite à la loi sur l’égalité des chances du 31 mars 2006.
94. La politique de l’emploi dans les quartiers a été relancée par le séminaire gouvernemental de Troyes du 31 août 2006 qui a décidé la concentration des moyens des politiques de l’emploi et la mobilisation des acteurs autour de Groupes « solidarité emploi » organisés par les préfets. Les Groupes « solidarité emploi » se sont mis en place en s’appuyant sur des structures existantes (maisons de l’emploi, SPE local ou instances de pilotage des contrats urbains de cohésion sociale, qui remplacent les contrats de ville).
95. La concentration des moyens s’est traduite par des taux de prise en charge majorés en 2007 pour les contrats aidés bénéficiant aux résidents de ZUS : dans 14 régions sur 22 (11 pour les jeunes seulement et 3 pour l’ensemble des résidents), pour les contrats d’accompagnement dans l’emploi (CAE) et dans 8 régions sur 22 pour le contrat « initiative emploi » (CIE) (3 pour les jeunes et 5 pour l’ensemble des résidents). Selon la tendance antérieure, les habitants des ZUS avaient, à caractéristiques égales, plus de chances qu’ailleurs d’accéder aux contrats aidés du secteur non marchand et aux stages d’insertion et de formation à l’emploi (SIFE) collectifs tandis qu’ils en avaient moins d’accéder aux aides à l’insertion dans le secteur marchand (contrat « initiative emploi », aide pour les chômeurs, créateurs, repreneurs d’entreprises, SEJE et contrats en alternance).
96. Afin de donner aux acteurs locaux les moyens de suivre leurs plans d’actions et notamment de mesurer leur effets sur le chômage, une partie des données statistiques par ZUS seront plus faciles à mobiliser : leur production deviendra notamment plus fréquente (infra annuelle) et plus rapide.
97. L’ensemble de ces mesures en faveur des jeunes, tant dans le domaine de l’enseignement qu’en ce qui concerne leur insertion professionnelle répondent aux objectifs du Pacte européen pour la jeunesse.
Question 11. En plus des renseignements figurant aux paragraphes 190 et 229 du rapport de l’État partie, donner des précisions sur l’application de la législation et de la politique adoptées par l’État partie pour éliminer les discriminations d’ordre sexuel dans le domaine de l’emploi, y compris les mesures prises pour lutter contre la surreprésentation des femmes dans les emplois temporaires et à temps partiel.
1. Application de l’Accord national interprofessionnel
98. L’accord national interprofessionnel du 1er mars 2004 relatif à la mixité et à l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes signé par l’ensemble des cinq organisations syndicales représentatives de droit (Confédération générale du travail [CGT], Confédération française démocratique du travail [CFDT], CGT-FO [Force ouvrière], Confédération française des travailleurs chrétiens [CFTC] et Confédération générale des cadres [CGC]) et par le Mouvement des entreprises de France (MEDEF), la Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises (CGPME) et l’Union professionnelle artisanale (UPA) acte la volonté des partenaires sociaux de négocier sur l’égalité professionnelle en adoptant une démarche globale, systémique intégrant tous les aspects de l'égalité professionnelle: salaires, recrutement, formation, promotion, mais aussi orientation scolaire et articulation des temps de vie professionnelle et familiale. Le bilan de la négociation collective reste cependant mitigé. Depuis 2004, 15 accords de branche spécifiques entièrement dédiés à l’égalité professionnelle ont été signés et concernent notamment le secteur bancaire, les industries électriques et gazières, l’industrie pharmaceutique, les télécommunications, les industries et métiers de la métallurgie, le verre mécanique, le travail temporaire.
99. En 2006, l’accord relatif à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans la banque est le premier accord de branche portant spécifiquement sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, postérieur à la loi du 23 mars 2006 sur l’égalité salariale entre les femmes et les hommes et qui l’applique parfaitement puisqu’il prévoit notamment des mesures de rattrapage salarial visant à réduire les écarts de rémunération constatés. Les signataires estiment que si, dans la profession, en 2004, le salaire de base moyen des femmes était inférieur de 19,6 % à celui des hommes, cet écart résulte, principalement, de la moindre représentation des femmes chez les cadres et rappellent donc l’engagement de renforcer cette représentation avec un objectif intermédiaire de 40 % de femmes dans l’effectif total des cadres d’ici fin 2010.
100. En 2007, les partenaires sociaux de la métallurgie se sont entendus pour diligenter deux études. La première portera sur l'analyse de la situation comparative des femmes et des hommes face aux métiers industriels et la seconde plus qualitative aura pour objet la méthodologie d'un diagnostic visant à réduire les écarts de rémunération. L'ensemble des travaux fera l'objet d'un suivi régulier qui sera effectué par la mise en place d'un observatoire des métiers. En outre, afin de faciliter la conciliation de la vie professionnelle et de la vie familiale, les parties signataires ont prévu des mesures incitatives concernant l'utilisation du chèque emploi service universel (CESU) pour la garde des enfants ou les frais relatifs au soutien scolaire et à l'emploi à domicile.
101. L’accord signé dans les entreprises de travail temporaire rappelle la loi.
a) Le label égalité récompense les entreprises qui mènent une politique et des actions qui valorisent l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.
b) À ce jour, 35 entreprises ont été labellisées : elles sont de tailles diverses et d'activités différenciées; le label concerne 628 285 salariés.
c) Les entreprises labellisées organisent entre elles des échanges de bonnes pratiques en réseau. Les 12 entreprises qui ont fait l'objet d'une évaluation à 18 mois ont toutes vu le label égalité maintenu.
d) Pour accélérer son développement, le cahier des charges a été adapté aux entreprises de moins de 50 salariés, dépourvues de représentant syndical.
e) Les entreprises labellisées ont constitué un club des entreprises labellisées en juin 2006 dans l'objectif de constituer un réseau qui, par un échange entre les entreprises, permet de mutualiser de bonnes pratiques notamment sur chacun des items des trois champs du label égalité.
f) C’est également un moyen pour les entreprises déjà labellisées de maintenir et pérenniser leur démarche de progrès en faveur de l’égalité professionnelle avec un partage des réflexions sur les manières de résoudre les difficultés notamment pour l’accès des femmes aux postes d’encadrement supérieur et aux postes de direction.
g) Dans le cadre de la Conférence sur l'égalité professionnelle et salariale entre les femmes et les hommes du 26 novembre 2007, Xavier Bertrand, Ministre du travail, des relations sociales et de la solidarité et Valérie Létard, Secrétaire d'État à la solidarité ont demandé à la Commission de labellisation de proposer des mesures visant à valoriser davantage le Label égalité auprès de toutes les entreprises
102. S’agissant de l’accès à l’emploi pour les publics qui en sont le plus éloignés, les contrats aidés du plan de cohésion sociale (contrat d’avenir dans le secteur non marchand et contrat d’insertion-revenu minimum d’activité [CI-RMA] dans le secteur marchand) sont réservés aux titulaires de l’allocation de parent isolé (API), du revenu minimum d’insertion (RMI) et de l’allocation de solidarité spécifique (ASS). Les allocataires de l’API ont également accès au contrat « initiative emploi » et au contrat d’accès à l’emploi.
103. Le CIVIS permet également de répondre aux difficultés des jeunes parents, plus particulièrement des jeunes mères isolées.
104. Pour aller au-delà des mesures d’intéressement à la reprise d’activité déjà prévues pour favoriser le retour à l’emploi des bénéficiaires de minima sociaux, la loi du 21 août 2007 en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat a créé, à titre expérimental, un revenu de solidarité active (RSA), destiné à assurer l’augmentation des ressources d’une personne bénéficiaire du RMI ou de l’API qui prend ou reprend un travail. Une prise en charge de tout ou partie des coûts liés à l’emploi, notamment les frais de garde d’enfants, peut être prévue L’objectif est de faire en sorte que chaque heure travaillée se traduise pour la personne par un accroissement de son revenu disponible et vise à réduire ainsi la prévalence de la pauvreté au sein de la population active occupée. Il s’agit également de simplifier les mécanismes d’aide sociale afin de les rendre plus lisibles. Ce nouveau dispositif, qui sera expérimenté pendant trois ans dans 27 départements volontaires, doit contribuer à lever les obstacles à la reprise d’emploi et assurer une meilleure coordination dans l’accompagnement des personnes en difficulté.
105. S’agissant du temps partiel, plusieurs actions ont été mises en œuvre pour améliorer la qualité de ces emplois et faire reculer le temps partiel subi.
106. C’est ainsi tout d’abord que la loi du 23 mars 2006 relative à l’égalité salariale entre les femmes et les hommes a intégré la question du temps partiel dans la négociation collective obligatoire dans les branches et les entreprises : l’obligation de négocier sur le thème de l’égalité professionnelle inclut notamment les conditions de travail et d’emploi des salariés à temps partiel. Cette obligation de négocier est annuelle pour les entreprises et triennale pour les branches.
107. Par ailleurs, les indicateurs du rapport de situation comparée des conditions générales d’emploi et de formation des femmes ont été complétés afin d’intégrer la question du temps partiel et plus largement celle de l’articulation entre vie professionnelle et vie familiale.
108. À la suite des travaux de la conférence tripartite sur l’égalité salariale et professionnelle entre les femmes et les hommes, du 26 novembre 2007, le Ministre du travail, des relations sociales et de la solidarité a décidé de réunir une table ronde sur le travail à temps partiel pour inviter les branches professionnelles les plus concernées d’une part à réfléchir sur les causes structurelles du recours au temps partiel et sur les pistes d’amélioration et, d’autre part à ouvrir des négociations sur ce thème.
109. En 2005, la Ministre déléguée à la cohésion sociale et à la parité, et le Ministre délégué à l’emploi, au travail et à l’insertion professionnelle des jeunes ont rencontré les partenaires sociaux et les représentants des principaux secteurs concernés (commerce de détail et de gros, entreprise de propreté, hôtels, cafés, restaurants, etc.) dans l'objectif d'améliorer la qualité du travail à temps partiel et de faire reculer le temps partiel subi par la négociation ou par l’échange de bonnes pratiques. Un premier document, guide de bonnes pratiques, a été soumis aux partenaires sociaux en janvier 2007. À cet effet, il importe de mentionner l'accord signé le 4 avril dernier par l'entreprise Casino et la Ministre déléguée à la cohésion sociale et à la parité qui vise notamment à expérimenter des modalités d'organisation du travail visant à supprimer le temps partiel subi.
110. Lors de la conférence sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes du 26 novembre 2007, il a été notamment décidé de porter les efforts sur le renforcement de l’amélioration de la qualité du temps partiel et l’articulation des temps de vie.
111. Il a été proposé la tenue d’une table ronde avec les branches professionnelles qui utilisent le plus le temps partiel aux fin de déterminer avec elles des axes d’intervention, telle la modification de l’amplitude horaire, le développement de la formation, de la multi-activité.
112. Il a été convenu de relancer les négociations dans les huit secteurs qui recourent y massivement : grand magasins et magasins populaires; commerces de détail et de gros à prédominance alimentaire; commerces de détail non-alimentaires; commerces de gros; entreprises de propreté; réseaux de transports publics urbains de voyageurs; hôtels, cafés et restaurants; et entreprises de prévention et de sécurité.
113. Le principe du libre choix des familles, qui se traduit pour chacun des deux parents par la possibilité de continuer à travailler s'il le souhaite (ou de s’interrompre, ou encore de réduire son activité) et par l'option d'un mode de garde adapté, a jusqu’à présent guidé la conception des politiques publiques en France.
114. Pour assurer l’accueil de leurs jeunes enfants les parents peuvent recourir à différentes solutions et combiner des structures collectives comme les crèches avec des modes d’accueil individuels telle la garde à domicile et l’assistante maternelle. En dessous de trois ans, seuls 17 % des enfants sont gardés principalement par une assistante maternelle et 10 % en crèche ; plus de 60 % le sont par les parents (qu’un seul des parents ou que les deux travaillent). La scolarisation possible des enfants dès l’âge de 2 ans à l’école maternelle vient renforcer le système d’accueil des tout petits : à la rentrée 2006-2007, 23 % des enfants étaient scolarisés à 2 ans. Pour la majorité de ces enfants, l’école vient en complément de la garde par les parents. Entre 3 et 6 ans, 78 % des enfants passent la plus grande partie de leur journée à l’école.
115. Les moyens pratiques de favoriser l’articulation des temps de vie ont fait l’objet d’un certain nombre d’actions développées à la fois en direction des entreprises et des branches professionnelles ainsi que des territoires. Des incitations nouvelles ont été conçues pour encourager les entreprises à aider leurs salariés à concilier leurs temps de vie :
a) Un crédit d’impôt a été mis en place à partir du 1er janvier 2004 afin d’inciter les entreprises à s’impliquer dans la politique familiale. Il est accordé à hauteur de 25 % des dépenses engagées, dans la limite d’un plafond fixé à 500 000 euros par an et par entreprise et concerne quatre catégories de dépenses (financement de la création ou du fonctionnement de crèches ou haltes-garderies accueillant les enfants de moins de 3 ans de leurs salariés; formation de salariés en congé parental; complément de rémunération versé aux salariés en congé de maternité, de paternité, parental ou pour enfant malade; indemnisation de salariés ayant dû engager des frais exceptionnels de garde d’enfant à la suite d’une obligation professionnelle imprévisible en dehors des horaires habituels de travail).
b) Le CESU mis en place par la loi du 26 juillet 2005, permet de payer l’ensemble des services à la personne et simplifie les démarches de déclaration des salariés. Pour les employeurs co-financeurs de CESU, les aides versées sont plafonnées à 1 830 euros par an et par salarié pour le financement des services à la personne et ne supportent pas de cotisations salariales.
116. Les constats montrent que les besoins en matière de garde d’enfant s’expriment au-delà de l’âge de la petite enfance et sur des plages horaires élargies, notamment pour des enfants dont les parents sont concernés par des horaires décalés. Des formules d’accueil en relai (en particulier au domicile des parents) ont été expérimentées avec l’apport d’aides du Fonds social européen. L’élargissement des acteurs susceptibles de financer l’accompagnement de ces modes de gardes sur horaires décalés (forte composante de familles monoparentales à faibles revenus) est actuellement préconisé en lien avec le développement du CESU.
117. Une campagne d’information et de promotion du CESU dédié à la garde d’enfant en direction des petites et moyennes entreprises a été menée conjointement et dans leurs réseaux respectifs par l’Agence nationale des services à la personne, la Caisse nationale d’allocations familiales (CNAF), la Caisse centrale de la mutualité sociale agricole (CCMSA) et le Service des droits des femmes et de l’égalité.
118. La loi n° 2006-340 du 23 mars 2006 s’est traduite depuis par la mise en œuvre des textes réglementaires nécessaires et par une circulaire d’instruction aux services déconcentrés de l’État pour accompagner les entreprises dans la mise en œuvre de ces dispositions. En 2007, le Gouvernement a organisé une conférence avec les partenaires sociaux pour mobiliser les différents acteurs concernés et élaborer les mesures nécessaires à mise en œuvre plus rapide des dispositifs existants.
119. S’agissant plus particulièrement du travail à temps partiel, le Gouvernement incite les branches professionnelles qui emploient le plus de femmes à temps partiel à négocier des mesures visant une meilleure qualité d’emploi.
120. Le Ministre du travail a engagé, en juin 2005, un dialogue avec les représentants des principaux secteurs concernés dans lesquels le taux de temps partiel non choisi apparaît important et notamment la grande distribution, les entreprises de propreté, les hôtels, cafés, restaurants, les entreprises de prévention et de sécurité. Il s’agit alors d’examiner les moyens d’améliorer la qualité des emplois à temps partiel et leur rémunération, d’identifier les « bonnes pratiques » déjà négociées sur le sujet qui pourraient être mieux diffusées et de faire le point sur le dialogue social en la matière.
121. À l’issue de plusieurs réunions bilatérales organisées avec les fédérations professionnelles et les représentants des salariés des principales branches utilisatrices du travail à temps partiel, un recensement des préoccupations et des demandes des organisations professionnelles a pu être réalisé. Il apparaît que les femmes, majoritairement concernées par le temps partiel, qui souhaitent passer à temps plein sont peu rémunérées et vivent une contrainte économique forte subie faute de mieux. Elles subissent une situation précaire, liée au bas-salaires, étant embauchées sur des temps courts ou très courts et rémunérés sur la base du SMIC horaire. Leurs faibles rémunérations se conjuguent souvent avec d’autres difficultés tenant à leur situation familiale, aux transports, aux problèmes de logement.
122. Face à ce constat, un certain nombre de réponses sont d’ores et déjà apportées par certaines fédérations professionnelles. En effet, des initiatives ont été déjà prises dans certains secteurs en faveur d’une amélioration de la qualité de l’emploi à temps partiel. Un certain nombre de « bonnes pratiques » peuvent être dès aujourd’hui mises en avant en matière d’organisation du travail, de valorisation des fonctions ou de développement de l’activité.
123. Sur cette base, la Direction générale du Travail au Ministère du travail a proposé, à l’occasion de la rédaction d’un rapport sur le sujet, de poursuivre ce premier travail de recensement, d’investigation et de propositions en s’attachant plus particulièrement à ces secteurs spécifiques qui utilisent fortement le temps partiel et de continuer à recenser des « bonnes pratiques » répertoriées dans les accords collectifs de branche et d’entreprise en vue de leur généralisation afin de promouvoir auprès des partenaires sociaux ces thèmes de négociation, de s’attacher à encadrer et organiser le partage du travail.
124. Le Gouvernement a fait de la lutte contre les discriminations et de la promotion de la diversité l'une de ses priorités, en mettant en place la HALDE en vue d'aider les victimes de discriminations, en créant une nouvelle agence pour la cohésion sociale et l'égalité des chances, en incitant les partenaires sociaux à négocier sur la diversité et en conduisant un programme d'actions et de partenariat avec les entreprises et les institutions du monde économique. L'ensemble des études commandées par les pouvoirs publics et les opérations de « testing » menées tant par l'Observatoire des discriminations, que plus récemment à la demande du Bureau international du Travail, montrent que la discrimination raciale à l'embauche est encore pratiquée par des entreprises en France.
125. Pourtant, la prise conscience de ce phénomène par les acteurs de la sphère économique progresse depuis quelques années. Ainsi, plus de 2 000 entreprises ont d’ores et déjà signé la Charte de la diversité, de nombreuses autres ont négocié ou préparent un accord d'entreprise sur la diversité ou sont engagées dans des actions en vue de faire reculer les discriminations. Enfin, un accord interprofessionnel relatif à la diversité dans l'entreprise, signé le 12 octobre 2006 par les trois organisations patronales et la CFDT, FO, CFTC et CGT, a pour objet de lutter contre les discriminations dans le respect et par l’effectivité du droit. Il s’agit de favoriser la diversité, l’égalité des chances dans le domaine de l’emploi, du recrutement, de l’affectation, de la rémunération, de la formation professionnelle et du déroulement de carrière, tout en anticipant l’évolution du marché du travail et en amenant les entreprises à prendre en considération l’ensemble de la force de travail disponible.
126. Un label « diversité », qui sera décerné par un organisme certificateur aux entreprises, qui font de la diversité un enjeu de leur politique sociale et dont le management est fondé sur la non-discrimination, est par ailleurs en cours d’élaboration.
Question 12. Décrire les progrès réalisés par l’Etat partie dans l’application de la loi de mars 2006 relative à l’égalité salariale entre les hommes et les femmes en vue d’assurer l’égalité de rémunération des hommes et des femmes pour un travail à valeur égale.
127. Au cours de la récente période, la loi du 23 mars 2006 relative à l’égalité salariale est venue compléter le dispositif législatif de 1983 et 2001, en renforçant l’obligation de négocier sur ce sujet dans les entreprises et les branches. Elle faisait suite à l’Accord national interprofessionnel de mars 2004 signé par les partenaires sociaux, à l’unanimité.
128. La loi du 23 mars 2006 énonce une obligation de négocier chaque année pour définir et programmer avant le 31 décembre 2010 des mesures de nature à supprimer les écarts de rémunération entre les femmes et les hommes. Cette obligation de négociation annuelle concerne, d’une part, les branches professionnelles et, d’autre part, les entreprises pourvues d’un délégué syndical, c’est dire en principe les entreprises d’au moins 50 salariés.
129. Concernant les entreprises dépourvues de délégué syndical, la loi dispose que les employeurs sont tenus de prendre en compte les objectifs en matière d’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans l’entreprise et les mesures permettant de les atteindre. Cette disposition s’analyse comme une autorisation donnée aux chefs d’entreprise de mettre en place des actions positives. Parallèlement, des dispositifs incitatifs sont mis en œuvre : il s’agit d’aides financières qui bénéficient aux entreprises qui s’engagent sur l’égalité professionnelle (pour la préparation d’un plan pour l’égalité professionnelle ou la mise en œuvre d’actions concrètes).
130. À la demande du Président de la République une conférence sociale tripartite sur l’égalité professionnelle et salariale entre les femmes et les hommes s’est tenue en novembre 2007 pour poursuivre l’effort engagé et compléter ou aménager les dispositifs en place.
131. Elle a permis d’arrêter, avec les partenaires sociaux, les axes de travail et le calendrier qui permettront de poursuivre l’engagement collectif de la France :
a) La participation active de tous, entreprises, partenaires sociaux et pouvoirs publics, a été requise pour que soit mis en place, sur la base d’un diagnostic de la situation respective des femmes et des hommes dans l’entreprise, un plan d’action permettant d’obtenir l’égalité salariale.
b) Il a été convenu, en effet, que toutes les entreprises de plus de 50 salariés, devraient avoir mis en place, d’ici le 31 décembre 2009, un plan de résorption des écarts salariaux discriminatoires entre les hommes et les femmes, qui comportera des mesures de rattrapage salarial. Sinon, il y aura des sanctions financières payables dès le début de l’année 2010.
c) Cette sanction doit être constructive, avec une vocation redistributive. Ainsi, les ressources dégagées par le produit de la pénalité seraient redéployées, au bénéfice d’entreprises souhaitant engager une démarche en faveur de l’égalité professionnelle, par exemple : créer des vestiaires pour les femmes, créer des toilettes pour femmes, ou encore aménager les postes de travail, et financer par exemple des appareils de levage pour assurer la mixité dans l’entreprise.
d) Il s’agit d’encourager les entreprises à prendre des mesures tangibles sur l’égalité professionnelle, par la négociation ou un plan d’actions.
e) Les entreprises seront accompagnées par l’État. En effet, depuis la loi du 13 juillet 1983, les entreprises de plus de 300 salariés doivent produire un rapport de situation comparée et, pour celles comprises entre 50 et 300 salariés, un rapport simplifié permettant l’analyse comparative de la situation des femmes et des hommes dans l’entreprise. Pourtant, seules 30 % des entreprises satisfont à l’obligation de produire ce rapport. Il a été convenu de l’adapter pour qu’il soit effectivement rempli. Un groupe de travail constitué notamment de directeurs de ressources humaines, qui ont l’habitude de manier cet outil, travaille à des propositions d’amélioration du document qui seront étudiées, dans le cadre du Conseil supérieur de l’égalité professionnelle, qui proposera un nouveau document que l’État mettra en ligne dès le mois de juin 2008.
f) Il a été décidé parallèlement de travailler sur les facteurs structurels des inégalités professionnelles (travail sur les stéréotypes et l’orientation, la formation, les trajectoires professionnelles, l’articulation entre la vie professionnelle et la vie familiale…)
B. Protection des travailleurs contre l’insécurité du marché du travail
Question 13. Exposer les mesures prises par l’État partie pour protéger les travailleurs, en particulier les «travailleurs pauvres» et les personnes à la recherche d’un premier emploi, contre l’insécurité du marché du travail, y compris en veillant à ce que le recours généralisé à des contrats de travail temporaire et à temps partiel en tant qu’instrument destiné à accroître les débouchés n’ait pas de répercussions néfastes sur l’exercice des droits au travail et à la sécurité sociale énoncés aux articles 6, 7, 8 et 9 du Pacte (E/C.12/FRA/3, par. 179).
132. La législation française du travail temporaire codifiée dans le Code du travail prévoit, d’une part, les cas de recours licites et de recours interdits au travail temporaire et, d’autre part, l’égalité de rémunération, à qualification équivalente entre le salarié mis à disposition d’une entreprise utilisatrice par une entreprise de travail temporaire et les salariés permanents de l’entreprise utilisatrice. Par ailleurs, les salariés temporaires sont électeurs et éligibles aux élections des représentants du personnel dans l’entreprise de travail temporaire.
133. S’agissant plus particulièrement du travail à temps partiel, le dispositif législatif actuel conditionne le recours au temps partiel à de nombreuses garanties qui doivent être accordées aux salariées et prend en compte la nécessité d’assurer un temps partiel choisi et celle de garantir aux salariés à temps partiel un vrai temps libéré. Le droit applicable actuel restreint ainsi les possibilités d’une utilisation flexible du contrat à temps partiel et pose des limites à l’utilisation de ce type de contrat de travail.
134. Toutefois, en pratique, le temps partiel qui est conçu pour être choisi peut devenir un temps partiel subi sans véritable possibilité de réversibilité pour les salariés qui désirent augmenter leur temps de travail. Dans ce contexte, le rapport précité (article 6.11) et rédigé par la Direction générale du Travail au Ministère du travail propose un certain nombre de préconisations et d’orientations visant à améliorer la qualité des emplois à temps partiel de manière à faire reculer le temps partiel subi :
a) Améliorer la qualité des emplois à temps partiel notamment en favorisant l’encadrement de l’amplitude de travail hebdomadaire des salariés à temps partiel et plus particulièrement le nombre et la durée des interruptions d’activités;
b) Mieux assurer la protection des salariés à temps partiel et améliorer leurs droits notamment en favorisant la non-discrimination à l’égard des salariés à temps partiel, la conciliation entre le travail à temps partiel et la vie familiale des salariés ainsi que l’amélioration des conditions de rémunération, d’assurance vieillesse et de pension ;
c) Favoriser le développement d’un temps partiel choisi notamment en renforçant le respect de la priorité d’accès à un emploi à temps plein et le développement de la formation professionnelle ainsi qu’en aménageant la pluriactivité.
135. Par ailleurs, cette volonté du Gouvernement français d’améliorer la qualité et la rémunération des emplois à temps partiel s’inscrit aujourd’hui dans le cadre des travaux qui ont été menés sur le thème de l’égalité professionnelle et salariale entre les femmes et les hommes. En effet, des groupes de travail associant des représentants de l’État et l’ensemble des partenaires sociaux ont été organisés afin de réfléchir aux moyens de dynamiser la négociation collective sur le sujet, d’établir des diagnostics de la situation actuelle en France et d’établir des plans d’action. Dans ce contexte, la réduction de certains facteurs structurels comme le travail à temps partiel qui peuvent avoir un impact significatif en la matière, est directement abordée. Il s’agit notamment de déterminer les moyens permettant d’améliorer la situation des salariés à temps partiel et plus particulièrement des femmes, principalement concernées par le travail à temps partiel.
136. Dans ce contexte et afin de suivre au mieux la négociation collective de branche sur le thème du travail à temps partiel, il est envisagé d’élargir l’action du comité de suivi des négociations salariales de branches, déjà en place et qui suit également les écarts de rémunération hommes/femmes, qui pourrait devenir également un support de suivi et de relance des négociations sur le travail à temps partiel et notamment subi.
137. Par ailleurs, il est proposé, à court terme, d’organiser une table ronde avec les branches professionnelles qui utilisent le plus de temps partiel avec un double objectif :
a) Mener une étude sur les causes structurelles du recours au temps partiel dit « éclaté »;
b) Trouver des réponses sur les questions de l’amplitude horaire, du déploiement prioritaire vers le temps plein, du développement de la formation, de la multi-activité et des groupements d’employeurs ou la polyvalence.
138. Pour ce qui concerne les droits à la sécurité sociale, il est rappelé qu’il n’existe pas de différence de traitement entre les travailleurs selon la nature du contrat de travail (durée indéterminée ou déterminée), la durée de travail (emploi à temps plein ou partiel) ou encore le niveau de la rémunération (pas de minimum de rémunération) : l’affiliation au régime général de sécurité sociale est immédiate et les conditions d’ouverture du droit aux prestations s’appliquent de manière identique. Les conditions d’ouverture des droits varient seulement en fonction de l’assurance considérée et le montant des prestations en espèce est en rapport avec le montant de la rémunération.
Question 14. En plus de la référence faite au paragraphe 62 du rapport de l’Etat partie, donner des informations sur l’avis que devait rendre le Conseil économique et social à la fin 2006 concernant le rapport Hadas-Lebel sur la réforme des critères de « représentativité » des syndicats, remis en mai 2006.
139. Le Conseil économique et social dans l’avis qu’il a rendu fin novembre 2006 sur le rapport Hadas-Lebel (voir E/C.12/FRA/3, par. 62) s’est prononcé majoritairement en faveur d’une représentativité des organisations syndicales fondée principalement sur le critère de l’élection.
140. Il formule pour y parvenir les propositions suivantes :
a) Seules les organisations syndicales légalement constituées et indépendantes peuvent solliciter les suffrages des salariés. Les critères de l’article L. 133-2 du Code du travail doivent être revus et devenir les conditions objectives à remplir par les organisations candidates aux suffrages qu’elles sollicitent des salariés. Ces conditions (nombres d’adhérents, cotisations, ancienneté minimum..) doivent présenter un caractère objectif facilement contrôlable.
b) La mesure de la représentativité devrait résulter de consultations permettant à tous les salariés, quelle que soit la taille de l’entreprise, d’élire leurs délégués.
c) Le choix par les salariés des organisations appelées à les représenter s’effectue prioritairement sur les lieux de travail, au besoin par le biais des nouvelles technologies de l’information et de la communication et porte sur des personnes reconnues par une organisation.
d) Les consultations doivent intervenir à des intervalles de temps suffisamment longs pour installer la légitimité des organisations syndicales dans la durée.
141. Un seuil de représentativité devrait être précisé (qui pourrait être de 5 %) tout en tenant compte pour la CFE-CGC de sa spécificité pour la représentation de l’encadrement.
142. Depuis l’avis du Conseil économique et social et en application de la loi de modernisation du dialogue social du 31 janvier 2007 qui a introduit une obligation de concertation des partenaires sociaux sur tous les projets de réformes du Gouvernement portant sur les relations individuelles et collectives du travail, un document d’orientation sur la démocratie sociale a été remis aux partenaires sociaux le 18 juin 2007, complété par un document du 26 décembre 2007.
143. Dans ce cadre, les questions évoquées ci-dessus sont soumises à la négociation interprofessionnelle afin que le système de relations sociales en France repose sur des principes incontestables qui permettent aux organisations d'exercer pleinement les missions dont elles ont la responsabilité.
144. Les partenaires sociaux ont souhaité se saisir de ces questions et devraient faire parvenir leurs conclusions sur ce sujet avant le 31 mars 2008. Une fois cette négociation achevée, le Gouvernement fera connaître sa position en ce qui concerne les mesures d’accompagnement de la réforme de la représentativité et du financement des syndicats, en fonction du résultat auquel les partenaires sociaux seront parvenus.
Question 15. Fournir des informations à jour, y compris des données statistiques, sur les allocataires des neuf minima sociaux et du revenu de solidarité (par. 94 et suiv.). Indiquer également si les allocations de remplacement de revenus, en particulier le RMI (revenu minimum d’insertion), l’API (allocation parent isolé) et l’AAH (allocation pour adulte handicapé) jouent le rôle de filet de protection permettant aux bénéficiaires d’échapper à la pauvreté. En ce qui concerne le RMI, indiquer si l’État partie a pris ou envisage de prendre des mesures pour donner effet aux conclusions de 2006 du Comité européen des droits sociaux sur le rapport d’application de la Charte sociale européenne révisée par l’État partie.
145. La France compte neuf dispositifs de minima sociaux. Ces dispositifs non contributifs reposent sur la solidarité nationale sans relever d’une logique d’assistance. Ils constituent donc un « filet de protection » pour des publics qui ne remplissent pas ou plus les conditions pour bénéficier de droits au titre de la sécurité sociale.
146. Les trois principaux minima sociaux sont le RMI, l’API et l’allocation aux adultes handicapés (AAH).
147. Au 30 juin 2007, le nombre de foyers allocataires du RMI s’élevait à 1 216 422[3]. Le montant versé varie en fonction de la composition du foyer : pour une personne seule, il est égal à 447 €. Il convient d’ajouter au montant perçu au titre du RMI les ressources ou avantages provenant des « droits connexes » (droit à la Couverture maladie universelle [CMU] et à la CMU complémentaire, diverses exonérations fiscales, aides locales, etc.) ainsi que du versement des allocations logement.
148. Au 30 juin 2007, le nombre de foyers allocataires de l’API s’élevait à 215 537[4]. Le montant versé est au minimum égal à 566 €. Il varie ensuite suivant le nombre d’enfants à charge. L’API courte (versée pour une durée de un an, quel que soit l’âge des enfants) joue un rôle de transition et de prévention de l’exclusion après une situation de rupture. L’API longue (versée jusqu’au troisième anniversaire du dernier enfant) permet de garantir des conditions de vie relativement décentes à près de 200 000 enfants à un âge clé pour leur développement.
149. Au 30 juin 2007, le nombre de foyers bénéficiaires de l’AAH s’élevait à 813 107. Le montant de l’AAH à taux plein pour une personne est égal en janvier 2008 à 628,10 €. A ce montant s’ajoutent des compléments de ressources destinés aux bénéficiaires les plus éloignés de l’emploi. La loi du 11 février 2005 a notamment mis en place un système de garantie des ressources des personnes handicapées qui portent le montant de leurs revenus de certains bénéficiaires de l’AAH (l’une des conditions requises étant un taux d’incapacité égal ou supérieur à 80 %)à un niveau équivalent à 80 % du SMIC. De plus, lorsqu’ils accèdent à l’emploi, les bénéficiaires de l’AAH peuvent cumuler de façon pérenne une proportion déterminée de leur allocation et leurs revenus d’activité.
150. Le seuil de pauvreté est estimé à un montant de revenu mensuel égal à 817 €. Si l’on prend en compte l’ensemble des revenus perçus par les bénéficiaires de minima sociaux, on peut considérer que ces dispositifs constituent des filets de protection efficaces.
151. La France a pris note des conclusions de 2006 du Comité européen des droits sociaux sur le rapport d’application de la Charte sociale européenne. Il n’est pas envisagé d’étendre l’octroi du RMI aux jeunes de moins de 25 ans. À l’heure actuelle, seuls les jeunes de moins de 25 ans assumant la charge d’un enfant ou attendant un enfant ont droit au RMI. D’une part, pour cette tranche d’âge, il est souhaitable de faire jouer en priorité les liens familiaux. D’autre part, la France privilégie, à l’égard des jeunes de moins de 25 ans qui connaissent des difficultés d’insertion professionnelle ou sociale, le versement d’aides financières spécifiques (ex : fonds d’aide aux jeunes) et la mise en œuvre d’actions d’insertion faisant l’objet d’un accompagnement personnalisé et renforcé (ex : contrat d’insertion dans la vie sociale…).
152. La France n’envisage pas non plus d’ouvrir l’accès au RMI aux étrangers non communautaires ne possédant pas une carte de résident et n’ayant pas accompli une période de résidence de cinq ans sur le territoire français. En revanche, afin de mettre en œuvre la directive du 29 avril 2004, la France a ouvert, sous certaines conditions, l’accès à certaines prestations sociales aux étrangers communautaires résidant en France depuis plus de trois mois.
153. Selon le Haut Commissariat aux solidarités actives contre la pauvreté, deux enquêtes permettent d’étudier l’exposition des bénéficiaires de minima sociaux à la pauvreté :
154. Les deux enquêtes utilisent le seuil de pauvreté à 50 % du revenu médian.
155. Selon l’enquête de la CNAF, presque tous (99,7 %) les bénéficiaires du RMI et 92 % des bénéficiaires de l’API vivent en dessous du seuil de pauvreté[5]. D’après les données de la DREES, ce sont 80 % des foyers allocataires du RMI et 50 % des bénéficiaires de l’ASS qui sont concernés par la pauvreté monétaire. Ainsi, quelles que soient les sources retenues (CNAF ou DREES, fichier administratif ou déclaration de ressources), la majorité des bénéficiaires du RMI, de l’API et de l’ASS sont dans la catégorie des bas revenus.
156. On retire de ces enquêtes que seuls les bénéficiaires de l’AAH semblent relativement épargnés par la pauvreté monétaire. En effet, 61 % des bénéficiaires de l’AAH vivent au-dessus du seuil de pauvreté établi à 50 % du revenu médian (selon la CNAF). En fait, le montant de ce minimum social est déjà relativement proche du seuil de bas revenus. De plus, comme les bénéficiaires de l’AAH sont très souvent des personnes seules, sans enfant et sans ressources personnelles, ils ont droit, en plus de l’allocation mensuelle à taux plein, à une aide au logement ou au complément d’autonomie.
157. Par ailleurs, le fait que l’intégralité des bénéficiaires du RMI et de l’API ne se situe pas sous le seuil de bas revenus trouve son explication principale dans le montant de l’aide au logement perçue. Ces allocataires perçoivent une aide au logement supérieure à la moyenne. Cette aide, même réduite du forfait logement, s’ajoute au minimum social proprement dit pour aboutir à un revenu par unité de consommation qui dépasse le seuil de pauvreté monétaire. La différence entre les montants de base (celui de l’API étant nettement supérieur à celui du RMI) explique que la fréquence de ces cas particuliers est faible pour le premier minimum social et quasiment exceptionnelle pour le second.
158. L’ASS, allocation pour laquelle le plafond de ressources est le plus élevé, n’est différentielle qu’au-delà d’un premier seuil, au contraire du RMI et de l’API. Les bénéficiaires de l’ASS sont donc moins nombreux à être concernés par la pauvreté monétaire.
159. Enfin, l’intensité de la pauvreté, qui évalue l’écart entre les revenus par unité de consommation des ménages pauvres et le seuil de pauvreté, apparaît plus élevée parmi les allocataires du RMI que parmi ceux de l’ASS. L’écart au seuil de pauvreté (à 50 % du revenu médian) s’élève ainsi à 22 % (135 euros) pour les bénéficiaires de l’ASS, et à 32 % de ce seuil (196 euros) pour les ménages d’allocataires du RMI.
Question 16. Donner des renseignements sur les niveaux minima des prestations de sécurité sociale, en particulier de celles en lien avec la perte de revenu lié à l’emploi (chômage, maladie, maternité et retraite) en pourcentage du salaire minimum.
160. L’indemnité journalière de maladie est égale à 50 % du salaire journalier brut. L’indemnité journalière de maternité est égale à 90 % du salaire journalier net.
161. Le montant brut de la pension de retraite minimale pour une personne qui dispose de la durée de carrière requise et qui a atteint l’âge minimal pour obtenir une pension à taux plein est de 633€, ce qui correspond à environ 50 % du salaire minimum brut (1280€ brut mensuel basé sur une durée hebdomadaire de 35 heures).
Tableau 2 : Prestations relativement au salaire minimum
|
|
Montant au 1er janvier 2008 (en euros) |
Part en pourcentage du salaire minimum |
|
RMI ( personne seule) |
447,91 |
44,5 |
|
API (avec un enfant à charge) |
755,72 |
75,2 |
|
API (pour une femme enceinte) |
566,79 |
56,4 |
|
AAH |
628,10 |
62,5 |
|
ASS ( pour les moins de 55 ans) |
442,20 |
43,9 |
|
SMIC (pour 35 heures hebdomadaires, net) |
1005,37 |
- |
Sources : INSEE, CNAF, Assedic
Tableau 3 : Prestations relativement au revenu médian (en %)
|
Année |
BMAF (base mensuelle des allocations familiales) |
Minimum vieillesse |
RMI (personne seule) |
|
1984 |
33,6 |
52,0 |
- |
|
1990 |
31,1 |
48,7 |
34,9 |
|
2000 |
28,3 |
47,0 |
33,6 |
|
2001 |
27,5 |
45,9 |
32,8 |
|
2002 |
26,9 |
54,1 |
32,1 |
|
2003 |
26,8 |
44,8 |
31,9 |
|
2004 |
26,8 |
44,8 |
31,8 |
|
2005 |
26,4 |
44,0 |
31,2 |
|
2006 |
25,9 |
43,3 |
30,7 |
|
2007 |
25,4 |
42,5 |
30,1 |
Sources : INSEE, calculs OFCE
162. Le tableau 4 donne les nombres d’allocataires de chacun des dix minima sociaux pour les cinq dernières années disponibles, soit les années 2002 à 2006.
Tableau 4: Nombre d'allocataires des dix minima sociaux de 2002 à 2006
Sources : Cnamts, Cnaf, MSA, Drees, Unédic, régime des caisses des DOM.
a. ASI : estimation DREES pour 2006.
b. l'ATA remplace l'AI pour les entrées à compter du 16 novembre 2006.
c. AV : estimations DREES pour 2005 et 2006.
d. ASS, AER, AI, ATA : données provisoires pour 2006.
163. Le tableau 5 donne les caractéristiques par âge, sexe et situation familiale des allocataires des cinq principaux minima sociaux : le RMI, l’AAH, l’allocation supplémentaire vieillesse (ASV), l’ASS et l’API. Ces cinq dispositifs représentent à la fin 2006, 94 % de l’ensemble des allocataires de minima sociaux.
Tableau 5 : Caractéristiques des allocataires du RMI, de l’AAH, de l’ASS, de l’API et de l’ASV en 2006

Sources : Les données par âge, sexe et situation familiale relatives aux allocataires du RMI, de l'API et de l'AAH sont des données France entière au 31 décembre 2006 issues de la CNAF ;
Les données concernant l’ASV sont des données au 31 décembre 2005 issue d'une enquête menée par la DREES ;
Les données par âge, sexe et situation familiale relatives aux allocataires de l’ASS sont des données France métropole estimées à partir de l'enquête "bénéficiaires de minima sociaux" menée à la mi-2006 par la DREES ;
Pour le RMI, on distingue les données relatives aux allocataires (représentants administratifs des foyers), et celles relatives aux bénéficiaires (allocataires et conjoints).
164. Des estimations du niveau de vie des bénéficiaires de trois minima sociaux (RMI, API et AAH) ont été réalisées par la DREES à partir du modèle de micro simulation INES, prenant en compte les différentes ressources des ménages, en tenant compte des transferts sociaux et fiscaux (Mirouse et Pouget, 2008)[6].
165. En 2006, le niveau de vie annuel moyen estimé est compris entre 8 510 euros pour le RMI et 14 020 euros pour l’AAH (tableau 6). Ainsi, en moyenne, le niveau de vie des bénéficiaires du RMI est nettement en dessous du seuil de pauvreté[7] (il représente 84 % du seuil de pauvreté), celui des bénéficiaires de l’API en est proche (98 % du seuil de pauvreté) et celui des bénéficiaires de l’AAH est significativement au-dessus (138 % du seuil de pauvreté).
Tableau 6 : Niveaux de vie annuel des bénéficiaires du RMI, de l’API et de l’AAH en 2006
|
|
Niveau de vie moyen |
En % du seuil de pauvreté |
||
|
|
En euros |
En % du niveau de vie médian de la population |
Avec le seuil à 60 % |
Avec le seuil à 50 %a |
|
RMI |
8 510 |
50 |
84 |
101 |
|
API |
9 930 |
59 |
98 |
117 |
|
AAH |
14 020 |
83 |
138 |
166 |
Source : INSEE-DGI, enquête Revenus fiscaux 2004 (actualisée 2006), modèle de microsimulation INES, calculs DREES.
Note : Ces résultats correspondent à une moyenne qui prend en compte le niveau de vie des bénéficiaires du RMI qui le sont pour des durées variables sur une année. À titre indicatif, on estime ainsi que seuls la moitié des bénéficiaires du RMI en 2006 le sont pendant une année complète (Mirouse et Pouget, 2008).
a. Ancien seuil utilisé par l’INSEE.
Question 17. Fournir des informations détaillées sur l’application du Plan national de lutte contre la violence dans la famille pour les années 2005‑2007, y compris des données ventilées sur le nombre de victimes de violences familiales accueillies dans les centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS), et des informations à jour sur le mode d’accueil en famille des victimes de ce type de violence, évoqué au paragraphe 10 du rapport de l’État partie (E/C.12/FRA/3, par. 3 et suiv.).
166. Lors d’une réunion du Conseil des ministres le 25 novembre 2004, un premier plan d’action global triennal intitulé « 10 mesures pour l’autonomie des femmes » avait été annoncé. Axé sur l’accueil, l’hébergement, la protection, l’aide financière, l’accompagnement professionnel et le retour à l’autonomie des victimes de violences, ce plan reposait essentiellement sur une approche partenariale pluridisciplinaire.
167. La plupart des mesures de ce plan ont d’ores et déjà été mises en œuvre, notamment :
a) En matière d'hébergement, il a été ainsi demandé aux préfets, par une circulaire du 24 mars 2005, que les femmes victimes de violences figurent parmi les publics prioritaires pour l’accès aux nouvelles places des Centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) et qu’elles soient désignées comme prioritaires, en matière de logement, au sein des plans départementaux d’accès au logement des personnes défavorisées (PDALPD);
b) L’introduction d’une disposition fondamentale pour les femmes victimes de violences dans la convention UNEDIC du 18 janvier 2006 relative au retour à l’emploi et à l’indemnisation du chômage, qui a permis aux victimes, quittant leur domicile à la suite de violences et, de ce fait, devant démissionner de leur emploi, de bénéficier de l’assurance chômage;
c) L’amélioration de la coordination entre les services de santé, avec, depuis janvier 2006 la mise en place, à titre expérimental, de réseaux d’accueil de femmes victimes de violences, dans trois sites hospitaliers (Créteil, Nantes et Clermont-Ferrand);
d) L'adoption de la loi du 4 avril 2006 renforçant la prévention et la répression des violences au sein du couple ou commises contre les mineurs qui accroît la répression des violences faites aux femmes;
e) La réalisation d’une étude sur le coût économique global des violences au sein du couple et d’une enquête sur le nombre de décès des femmes du fait de violences au sein du couple;
f) La réalisation par l’Observatoire national de la délinquance (OND), département de l'Institut national des hautes études de sécurité (INHES), en collaboration avec l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), en 2007, d’une véritable enquête de « victimation » au sens des enquêtes nationales anglo-saxonnes, intégrant des statistiques sexuées;
g) Une campagne nationale de communication sous le slogan « Stop violence - Agir, c'est le dire » a été lancée en novembre 2004. À cette occasion, un dépliant national « Stop violence- Agir, c'est le dire », réalisé par le Service du droit des femmes et de l’égalité et tiré à 100 000 exemplaires, a permis de détailler les dispositifs de ressources existants et les informations spécifiques sur les minima sociaux. Une carte « Stop violence- Agir, c'est le dire » a également été tirée à 100 000 exemplaires. La réalisation d’un dépliant départemental, dans la ligne éditoriale du dépliant national, a été par ailleurs demandée aux préfets. Ce dépliant devait apporter des réponses de proximité aux femmes victimes de violences;
h) L’expérimentation d’un nouveau mode d’hébergement en famille d’accueil dans trois départements (Drôme, Ardèche et Réunion);
i) Les subventions versées aux associations ont été augmentées de 20 %, en 2005 par rapport à 2004, effort qui a été maintenu en 2006;
j) Plusieurs protocoles départementaux de prévention et de lutte contre les violences envers les femmes ont été signés visant à mettre en réseau les différents acteurs locaux afin notamment de mutualiser leurs actions.
168. Ce premier plan fait actuellement l’objet d’une évaluation précise par l’ensemble des corps d’inspection générale concernés (Inspection générale des affaires sociales, Inspection générale de l’Administration et Inspection générale des services judiciaires), pour apprécier notamment comment est assurée la prise en charge des femmes dans sa globalité et sa durée, ainsi que la manière dont les acteurs se coordonnent pour apporter une réponse cohérente aux femmes, au niveau national, comme au niveau local. Le rapport final de cette évaluation devrait être rendu en juin 2008.
169. On peut toutefois, dès à présent constater des avancées concrètes.
170. L’Enquête nationale sur les violences envers les femmes en France (ENVEF), en 2000, avait révélé son ampleur (1 femme sur 10 victimes de violences au sein du couple).
171. Une enquête du Ministère de l’intérieur a fait état du décès d’une femme tous les trois jours sous les coups de son compagnon en 2006 (137 femmes sont ainsi décédées).
172. L’OND prend désormais en compte ce type de violences et a fait apparaître que 330 000 femmes déclarent vivre avec un conjoint qui a porté la main sur elles en 2005 et 2006.
173. Un rapport du Centre de recherches économiques, sociologiques et de gestion (CRESGE), a évalué le coût des violences conjugales à, au moins, 1 milliard d'euros par an (recours aux soins hospitaliers et ambulatoires, gestion sociale des violences conjugales, coût indirect attribuable aux décès et handicaps évitables, pertes de production non marchande associées aux décès évitables, pertes de revenus des auteurs dues à leur incarcération…).
174. Plusieurs lois ont permis de renforcer considérablement l'arsenal juridique, notamment :
a) La loi du 26 mai 2004, relative au divorce a mis en place, au plan civil, la mesure d'éviction du conjoint violent du domicile conjugal (procédure utilisée sur le plan civil à 350 reprises environ en 2005).
b) La loi du 4 avril 2006 introduit la notion de respect dans les obligations du mariage et renforce la prévention et la répression des violences au sein du couple ou commises contre les mineurs. Elle accroît la répression des violences faites aux femmes.
c) La loi n° 2007-297 du 5 mars 2007 relative à la prévention de la délinquance prévoit l'extension du suivi socio-judiciaire avec injonction de soins aux auteurs de violences commises au sein du couple ou à l'encontre des mineurs. En outre, cette loi clarifie les hypothèses de levée du secret médical en cas de violences commises sur un mineur ou une personne vulnérable.
175. La prise en charge des femmes victimes de violences s’est renforcée grâce à :
a) Une amélioration du premier accueil : Un numéro d’appel national, le 39 19, a été créé. Il vise à garantir une réponse de qualité, uniforme sur tout le territoire, avec une écoute professionnelle, anonyme et personnalisée et, le cas échéant, une orientation adaptée.
b) Une meilleure prise en compte de leurs besoins en matière d’hébergement et de logement : Les femmes victimes de violences ont été prioritaires pour l’attribution des logements financés par l’allocation de logement temporaire (ALT) parmi les 19 500 logements budgétés en 2007 et ont pu bénéficier de logements meublés à proximité d’un CHRS ou répartis dans le parc locatif. Les femmes victimes de violences ont également figuré par ailleurs parmi les publics concernés par la création des 600 places de CHRS pour 2007. L’hébergement d’insertion représente la première étape d’un retour à l’autonomie. Aujourd’hui, 169 CHRS – soit 5 541 places – n’accueillent que des femmes ou des couples et 115 d’entre eux privilégient l’accueil de femmes victimes.
c) La réglementation (arrêté du 20 août 2007) a été ensuite modifiée pour que, en cas de demande de divorce ou de séparation liées à des violences conjugales, les revenus du conjoint ou de la personne titulaire d’un PACS faisant effectivement acte de candidature soient seuls pris en compte pour l’attribution d’un logement social.
d) l’adoption de nouvelles dispositions en matière d’insertion professionnelle : La Convention UNEDIC du 18 janvier 2006 relative au retour à l’emploi et à l’indemnisation du chômage a introduit un nouveau cas de démission légitime qui permet aux femmes victimes de bénéficier des allocations chômage lorsqu’elles doivent changer de lieu de résidence du fait de violences.
e) Un renforcement du soutien financier de près de 20 % accordé au secteur associatif, national et local (permanences téléphoniques, lieux d’accueil, centres d’informations, etc.) en 2005. Cet effort a été maintenu en 2006.
176. Une brochure destinée à l'ensemble des professionnels concernés par les violences conjugales (police, gendarmerie, professions de santé), a été élaborée et diffusée en partenariat avec l’ensemble des ministères concernés. Réactualisée en 2006, cette brochure vise à expliquer le mécanisme et la gravité des violences et à impliquer plus fortement les professionnels sur cette thématique.
177. Des formations ont été développées à l’attention des personnels de santé, des agents chargés de l’accueil dans les commissariats de police et des personnels de la gendarmerie. Dans chaque groupement de gendarmerie, un officier a été désigné depuis 2005 comme correspondant départemental de lutte contre les violences intrafamiliales.
178. 150 permanences d’associations d’aide aux victimes, d’intervenants sociaux ou de psychologues sont présentes dans les services de police et de gendarmerie.
179. Dans le cadre du plan « violence et santé », une expérimentation a été lancée en janvier 2006 dans huit sites hospitaliers pour améliorer la coordination entre les services de santé (services d’urgence, médecins légistes des unités médico-judiciaires ou médecins de ville).
180. Dans le cadre de la convention interministérielle signée avec l’Education nationale de nombreux outils de sensibilisation (DVD, supports pédagogiques, pièces de théâtre…) ont été mis en place et la formation des acteurs éducatifs s’est développée dans les Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM).
181. Une campagne télévisée menée fin 2006 avec une dizaine de courts métrages. Le 14 mars 2007, une grande campagne nationale d’information a été lancée « Violences conjugales appelez le 39 19 » avec spots TV et un dépliant d’information sur l’état du droit largement diffusé auprès du grand public.
182. Le plan 2005-2007 a révélé l’importance et l’étendue des mesures à prendre pour éradiquer les violences. Un nouveau plan pour la période 2008-2010 permet de poursuivre les actions engagées et de continuer à construire les réponses appropriées aux situations des femmes pour assurer leur autonomie.
183. Son champ d’intervention s’élargit aux personnes proches des victimes : les enfants et les auteurs de violences.
184. Les réponses offertes aux femmes en matière d’hébergement et de logement ont une incidence directe sur leur parcours et se révèlent fondamentales pour un retour vers l’autonomie. Il est par conséquent apparu essentiel de les améliorer et de proposer des solutions complémentaires.
185. C’est en ce sens qu’une expérimentation d’accueil en famille à titre onéreux de femmes victimes de violences au sein de leur couple a été menée en 2006 dans les départements de la Drôme, de l’Ardèche et de la Réunion.
186. Ce dispositif a permis l'accueil :
a) de 7 femmes et 12 enfants dans les départements de la Drôme et de l'Ardèche;
b) de 28 personnes, dont 6 enfants à la Réunion.
187. Cette expérience trop partielle doit être poursuivie pour que l’on puisse en tirer véritablement des enseignements.
188. Dans le cadre du deuxième plan global et interministériel de lutte contre les violences faites aux femmes (2008-2010), il est ainsi prévu d’agréer dès 2008, sur la base d'un cahier des charges national, 100 familles pour permettre l’accueil de femmes victimes de violences.
189. Afin de lutter contre les atteintes faites aux enfants via l’Internet, et notamment contre l’exploitation sexuelle des mineurs, le ministère en charge de la famille a missionné le Forum des droits sur l’Internet en vue d’établir le cahier des charges d’un « label famille-marque de confiance ». Parmi les critères retenus par le Forum des droits sur l’Internet figurent le respect de la personne et la protection de l’enfant, ainsi que la coopération avec les autorités en matière notamment de lutte contre les atteintes aux mineurs. Ainsi, à titre d’exemple, pour bénéficier du label « famille-marque de confiance » l’éditeur de service interactif à destination d’enfant doit obligatoirement le modérer[8], ou encore, le fournisseur d’accès s’engage à collaborer en vue de réduire le temps d’identification d’un éventuel cybercriminel[9].
190. Le Ministère en charge de la Famille était représenté par la délégation interministérielle à la famille au sein du groupe de travail. Le cahier des charges a été remis au Ministre en avril 2006. Une commission nationale de déontologie sur l’Internet aura en charge la gestion du « label famille-marque de confiance ». La commission devrait être opérationnelle au printemps 2008.
Question 18. En plus des renseignements figurant aux paragraphes 101 à 109 du rapport de l’État partie (E/C.12/FRA/3), donner des informations sur les mesures ciblées prises pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale chez les chômeurs, les «travailleurs pauvres», les familles nombreuses et monoparentales et les jeunes sans qualification.
191. En complément des éléments figurant aux paragraphes 101 et suivants du troisième rapport périodique, la France a adopté plusieurs mesures pour répondre à l’apparition du phénomène des « travailleurs pauvres ». Il s’agit, d’une part, de lisser les effets de seuils dus à la perte du statut de bénéficiaire d’un minimum social, et, d’autre part, de prendre en compte la qualité des emplois retrouvés. En effet, 17 % des salariés perçoivent aujourd’hui un revenu égal au SMIC et un grand nombre de travailleurs font face à des situations de temps partiel subi.
192. La loi pour le retour à l’emploi du 23 mars 2006 a considérablement amélioré le système d’intéressement destiné aux allocataires du RMI, de l’API et de l’ASS. Cette loi a autorisé le cumul intégral de l’allocation et des revenus d’activité pendant une période de trois mois. Pour rendre financièrement plus attractive la reprise d’un emploi d’une durée supérieure au mi-temps, une prime forfaitaire de 150 € est dorénavant versée aux allocataires occupant ces emplois pendant les neuf mois suivants. Ces allocataires peuvent également prétendre à une prime de retour à l’emploi de 1000 € au bout du quatrième mois. Enfin, la loi a mis en place un dispositif facilitant l’accès aux crèches des enfants de bénéficiaires de minima sociaux. Suite à l’entrée en vigueur de la loi, et pour la première fois depuis 1998, le nombre d’allocataires issus des minima sociaux bénéficiant d’une mesure de retour à l’emploi a fortement augmenté (21 % des allocataires du RMI bénéficiaient d’une telle mesure en septembre 2007 contre 11 % en juin 2005).
193. En ce qui concerne les bénéficiaires de l’AAH, la loi du 11 février 2005 a mis en place un dispositif d’intéressement pérenne et proportionnel aux revenus d’activité perçus par les bénéficiaires de l’AAH. Aujourd’hui, 20 % des allocataires de l’AAH travaillent et bénéficient de ce système d’intéressement.
194. Le contrat d’avenir et le CI-RMA ont été mis en place par la loi du 18 janvier 2005. Ils sont réservés aux bénéficiaires de minima sociaux. Les employeurs sont incités financièrement à recourir à ces contrats par le versement d’une partie de l’allocation qui était perçue jusqu’alors par le bénéficiaire.
195. Créée en 2001, la prime pour l’emploi est un crédit d’impôt qui bénéficie à près d’un foyer fiscal sur quatre. Versé sous condition de ressources, il vise à compléter les revenus des travailleurs à bas salaire.
196. Le RSA est actuellement expérimenté dans 34 départements en faveur des bénéficiaires du RMI reprenant une activité professionnelle et, parfois aussi les titulaires de contrats aidés. Dans certains de ces départements, l’expérimentation concerne également les bénéficiaires de l’API. Prévu par la loi du 21 août 2007 en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat, le RSA a pour objectif de faire diminuer la pauvreté en France. La mise en place du RSA permettrait de compléter de façon pérenne les revenus des travailleurs pauvres en lissant les effets de seuil à l’origine des « trappes à pauvreté ». Le dispositif comportera également un volet « accompagnement » afin d’améliorer la prise en charge des bénéficiaires de minima sociaux dans leur démarche d’accès à l’emploi. Le RSA répond enfin à objectif de simplification en améliorant la lisibilité des prestations. Le choix de l’expérimentation, avant la généralisation éventuelle du dispositif, devrait permettre d’ajuster et d’évaluer son impact réel sur le retour à l’emploi, sur l’augmentation du nombre d’heures travaillées et sur l’évolution des revenus. Dans cette perspective, le RSA pourrait se substituer au RMI, et à l’API et à la prime pour l'emploi selon des modalités qui sont en cours d’études.
197. Après trois mois de consultation au sein du Gouvernement, un « livre vert » a été publié le 2 mars 2008, afin de soumettre au débat public plusieurs scénarios sur la réforme du RSA. Il décrit la portée, les objectifs et les modalités de la réforme du RSA proposée en présentant les principales options ; cette consultation est destinée largement à tous ceux qui souhaitent faire valoir leur position sur le processus de réforme en cours. Le livre vert met en évidence qu’outre la réforme des minima sociaux, le revenu de solidarité active peut améliorer la situation de nombreux travailleurs pauvres ou personnes à bas salaires. Avec le RSA, toute reprise ou augmentation d’activité doit se traduire par une augmentation de revenu en mettant fin au caractère inique des trappes à inactivité. Une synthèse des contributions reçues sera élaborée à la mi-mai.
Question 19. Donner des renseignements détaillés sur l’application de la loi de solidarité et de renouvellement urbain de 2000, en particulier sur l’obligation faite à toutes les communes de prévoir au moins 20 % de logements sociaux (habitations à loyers modérés − HLM) sur leur territoire. Fournir aussi des informations, y compris des données statistiques, sur l’accès des personnes et des familles d’origine immigrée à ce type de logement (E/C.12/FRA/3, par. 238).
198. L’article 55 de la loi relative à la solidarité et renouvellement urbains (codifié à l’article L. 302-5 du CCH) constitue une modalité de mise en œuvre du principe de mixité sociale pour la politique de l’habitat. Il fixe aux communes de plus de 3 500 habitants (1 500 en Ile-de-France) situées dans les agglomérations de plus de 50 000 habitants l’objectif de disposer d’au moins 20 % de logements locatifs sociaux par rapport à leur parc de résidences principales.
199. Les communes situées dans les agglomérations de plus de 50 000 habitants et qui ne disposent pas de 20 % de logements locatifs sociaux par rapport à leur parc de résidences principales doivent prendre les dispositions, pour atteindre ce seuil, le cas échéant dans le cadre de la coopération intercommunale.
200. En France métropolitaine, 114 agglomérations au sens de l’INSEE ont plus de 50 000 habitants (s’y ajoutent 7 agglomérations dans les départements d’outre-mer [DOM]). Elles comprennent 1 389 communes ayant plus de 3 500 habitants (1 500 habitants en Ile-de-France). Parmi celles-ci, 772 communes disposent de moins de 20 % de logements locatifs sociaux.
201. Les communes dont le taux de logements locatifs sociaux se situe en dessous du seuil de 20 % sont soumises à un prélèvement sur leurs ressources fiscales destiné à soutenir les acquisitions foncières et immobilières nécessaires à la production de ces logements.
202. La loi du 13 juillet 2006 portant engagement national pour le logement a modifié le mode de calcul du prélèvement par logement manquant. À compter de 2007, le montant pour toute commune concernée est proportionnel au potentiel fiscal par habitant de la commune. Le prélèvement sera égal à 20 % de ce potentiel fiscal par habitant multiplié par le nombre de logements manquants pour atteindre 20 % des résidences principales.
203. À titre d’information, les prélèvements effectués sur les ressources fiscales des communes en 2007 dans le cadre des dispositions de l’article L. 302-7 du code de la construction et de l’habitation (CCH) sont résumés ci-dessous :
EPCI : Etablissement Public de coopération intercommunale
EPF : Etablissement public foncier
FAU : Fonds d’aménagement urbain
204. Les dépenses effectuées par les communes en 2005 et déductibles au sens de l’article L. 302-7 du CCH[10] pour l’année 2007 se sont élevées à 32 millions d’euros.
205. Par ailleurs, la loi a prévu plusieurs cas d’exonération rappelés ci-dessous.
a) Ne sont pas soumises aux dispositions de la loi :
i) les communes situées dans les agglomérations en décroissance démographique (si elles sont membres d'un EPCI à fiscalité propre doté d'un Programme local de l’habitat (PLH);
ii) les communes dont plus de la moitié du territoire urbanisé est concerné par une zone de bruit ou de protection (art. L. 302-5 du CCH-par.2).
b) Les communes sont exonérées du prélèvement dès lors que leur taux de logements sociaux est supérieur à 15 % et qu’elles bénéficient de la dotation de solidarité urbaine.
c) Le prélèvement n'est pas effectué lorsque :
i) les dépenses effectuées lors de la pénultième année couvrent le montant du prélèvement calculé;
ii) le montant à prélever ne dépasse pas 3 811 €.
206. Afin d’inciter les communes à respecter l’obligation de 20 % de logements sociaux, l’État dispose d’un outil, l’arrêté de carence, qui se traduit par deux dispositions financières : d’une part, une majoration du prélèvement et, d’autre part, une contribution financière de la commune à une opération initiée par le préfet en substitution.
207. Les communes concernées sont les communes, qui, « soumises au prélèvement défini à l’article L.302-7, au terme de la période triennale échue » n’ont pas respecté « les engagements figurant dans le programme local de l’habitat (…) ou à défaut de programme local de l’habitat, le nombre de logements locatifs sociaux à réaliser en application du dernier alinéa de l’article L.302-8 ».
208. Si ces conditions sont réunies, le préfet informe alors le maire de son intention d’engager une procédure de constat de carence. Après avis du comité régional de l’habitat, le préfet peut, par arrêté, prononcer la carence de la commune. Il se prononce après avoir pris en considération un certain nombre d’éléments nécessaires à son analyse (écart entre les objectifs et les réalisations constatées au cours de la période triennale échue, difficultés rencontrées, projets de logements sociaux en cours de réalisation). La carence conduit à la mise en place, pour la commune, par le même arrêté, d’une majoration du prélèvement.
209. La loi a été appliquée avec rigueur : pour la période triennale 2002-2004, les préfets ont usé de la procédure de constat de carence pour 141 communes au total dont 109 en 2005 et 32 en 2006.
210. En parallèle, afin d’éviter un retard conséquent dans la réalisation de logements sociaux, le préfet peut se substituer à la commune en concluant une convention avec un organisme en vue de la construction ou l’acquisition de logements sociaux nécessaires à la réalisation des objectifs rappelés ci-dessus. Cette disposition n’a pas encore été mise en œuvre.
211. Enfin, concernant l’établissement du bilan du programme triennal prévu à l’article L.302-9 du CCH, ce bilan sera dorénavant rendu public et un rapport sera présenté au Parlement.
212. Par ailleurs, la loi du 11 septembre 2006 portant engagement national pour le logement a introduit un nouvel article L.302-9-1-1 qui a prévu la mise en place, pour apprécier le cas des communes n’ayant pas rempli leurs obligations triennales, une commission départementale présidée par le préfet, chargée d’examiner les difficultés rencontrées par les communes et qui peut saisir une commission nationale de la situation particulière de certaines communes. La commission nationale présidée par un conseiller d’État peut demander au ministre des aménagements sur les obligations de ces communes. Les commissions départementales et la commission nationale seront créés dans les prochains mois.
213. Le tableau ci-dessous résume les principales informations relatives aux communes concernées par ces différentes dispositions :
|
Nombre de communes |
772 |
|
Nombre de communes exonérées : |
110 |
|
dont exemptées au titre de la décroissance démographique : |
43 |
|
dont exemptées au titre d’une zone de bruit ou de protection : |
10 |
|
dont exonérées au titre de la dotation de solidarité urbaine : |
57 |
|
Nombre de communes redevables du prélèvement : |
662 |
|
Nombre de communes où le prélèvement n'est pas effectué (dans le cas où il est inférieur aux dépenses effectuées deux ans auparavant ou à 3 811 €) |
188 |
|
Nombre de communes effectivement soumises à prélèvement : |
474 |
|
Prélèvement total |
31 160 960 € |
|
Nombre de communes ayant fait l’objet d’un constat de carence sur 2005 et 2006 à l’issue de la première période triennale |
140 |
|
Montant prélevé au titre des majorations dues aux arrêtés de carence |
4 981 662 € |
214. Le nombre de logements locatifs sociaux à produire pour atteindre le seuil de 20 % des résidences principales est de 420 000 logements. Cela correspond à un rythme annuel moyen de production d’environ 20 900 logements sur la base de la règle donnée par l’article L. 302-8 du CCH (dernier alinéa).
215. L’article 11 de la loi n° 2007-290 du 5 mars 2007 instituant le droit au logement opposable (DALO) a étendu les conditions d’application de l’article 55 de la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains et a inséré le paragraphe suivant :
« À compter du 1er janvier 2008, ces dispositions s’appliquent également, dans les conditions prévues au premier alinéa, aux communes membres d’un établissement public de coopération intercommunale à fiscalité propre de plus de 50 000 habitants comprenant au moins une commune de plus de 15 000 habitants, dont la population est au moins égale à 1 500 habitants en Ile-de-France et à 3 500 habitants dans les autres régions et dans lesquelles le nombre total de logements locatifs sociaux représente, au 1er janvier de l’année précédente, moins de 20 % des résidences principales. Le prélèvement prévu à l’article L. 302-7 est opéré à compter du 1er janvier 2014. »
216. Par cette disposition, la loi DALO étend les conditions d’application de l’article 55 de la loi relatives à la solidarité et au renouvellement urbains à 285 nouvelles communes membres de 100 EPCI.
217. Les données de l’inventaire des logements locatifs sociaux sur ces communes ne sont pas disponibles à ce jour, la procédure d’inventaire venant d’être lancée.
218. Environ 68 nouvelles communes auraient un taux de logements locatifs sociaux inférieur à 20 %. Six nouveaux départements sont concernés par ces dispositions.
219. Concernant l’accès des personnes et des familles d’origine immigrée aux logements sociaux, les ménages étrangers en situation régulière sur le territoire français bénéficient des mêmes conditions d’accès au logement social que les ménages français voire y sont davantage représentés. Ainsi, selon les statistiques disponibles, parmi les bénéficiaires de l’aide personnelle au logement, les étrangers représentent 17 % des locataires d’un logement social et 11 % des locataires du parc privé.
220. D’autre part, selon l’enquête nationale logement (ENL) de 2002, les ménages immigrés représentent 9,5 % des ménages et occupent 17 % des logements sociaux. Par ailleurs, si en effet la demande de logements ayant plus de trois ans d’ancienneté représente 18 % des demandes de logements formulées par des ménages étrangers et seulement 10 % pour des ménages non immigrés, c’est en raison pour l’essentiel de l’insuffisance de la production de grands logements. Ceci étant, plus de la moitié des ménages immigrés de cinq personnes et plus sont locataires dans le parc social contre 33 % pour l’ensemble des ménages et la production de grands logements est actuellement un besoin identifié par les politiques gouvernementale et locales.
Question 20. Expliquer pourquoi les autorités nationales et territoriales ont revu à la baisse le budget des logements sociaux (E/C.12/FRA/3, par. 238)
221. Comme l’atteste le tableau suivant, depuis 2004, l’effort consenti par l’État en matière de logement social est en augmentation constante, qu’il s’agisse des aides budgétaires ou des aides fiscales.
222. Loin de revoir à la baisse le budget des logements sociaux (E/C.12/FRA/3, par. 238), les autorités nationales déploient un effort considérable, que ce soit en faveur de la production de logements ou sur les opérations de réhabilitation (voir les paragraphes 223 à 230 ci-dessous).

Question 21. Fournir des informations à jour, y compris des données statistiques, sur les mesures prises par l’État partie pour s’attaquer à la question du mal‑logement qui, selon le paragraphe 121 du rapport de l’État partie, concernait 3 millions de personnes en 2001.
223. Le Gouvernement mène depuis plusieurs années une action importante contre le mal logement, qui s’est traduite successivement par le vote de trois lois depuis 2005 :
a) la loi n° 2005-32 du 18 janvier 2005 de programmation pour la cohésion sociale (ou PCS) qui a programmé le financement de 500 000 logements locatifs sociaux en 5 ans ;
b) la loi n° 2006-872 du 13 juillet 2006 portant engagement national pour le logement (ENL) qui contient des mesures complémentaires pour le développement de l’offre de logements et le renforcement des dispositifs des PDALPD ;
c) la loi n° 2007-290 du 5 mars 2007 instituant le droit au logement opposable et portant diverses mesures en faveur de la cohésion sociale.
224. La loi du 18 janvier 2005 (PCS), renforcée par la loi du 5 mars 2007, fixe un objectif de production de 591 000 logements sociaux, avec une augmentation forte des logements très sociaux (comprenant un objectif de 20 000 prêts locatifs aidés d’intégration (PLAI) chaque année de 2007 à 2009), ce qui est essentiel pour prendre en compte les besoins de logement des ménages cumulant les difficultés économiques et sociales. La construction neuve enregistre ainsi depuis trois ans une forte croissance, avec 410 000 logements mis en chantier en 2005 et 430 000 en 2006. Le financement de logements sociaux (PLUS, PLAI, PLS hors logements ANRU) enregistre une progression importante avec 80 000 logements en 2005, 96 200 en 2006 et plus de 100 000 en 2007.
225. Parallèlement à cet accroissement de l'offre de logements, le Gouvernement vise à développer les politiques d'attribution des logements sociaux et de prévention des expulsions à destination des personnes défavorisées. Un nouveau décret relatif aux PDALPD, en date du 29 novembre 2007, a été pris en application de la loi du 13 juillet 2006. Ce récent décret porte sur l'élargissement du champ des PDALPD, co-pilotés par les préfets et les présidents de Conseils généraux, à la coordination des attributions pour les personnes défavorisées, à la prévention des expulsions locatives et à la lutte contre l'habitat indigne.
226. Les accords collectifs départementaux conclus par les préfets avec les organismes HLM devront notamment avoir des objectifs annuels ambitieux de relogement, reposant sur une analyse territorialisée des besoins. Les PDALPD devront contribuer à améliorer la fluidité des centres d'hébergement et à la réussite du plan d'action renforcé en direction des personnes sans abri (PARSA), en accordant une priorité de relogement aux ménages hébergés. Les fonds de solidarité pour le logement (FSL), qui accordent des aides financières (par subventions, prêts, cautionnements) aux ménages défavorisés pour les aider en matière de maintien et d'accès dans le logement et financent des mesures d'accompagnement social lié au logement (ASLL), devront en particulier concourir à la réalisation des objectifs des PDALPD.
227. Une circulaire appelle enfin les préfets à renouveler les chartes de prévention des expulsions locatives, afin notamment que ces dernières prennent bien en compte les dernières mesures telles les protocoles entre bailleurs et locataires, institués par la loi du 18 janvier 2005 et visant au rétablissement des baux résiliés par jugement.
228. Par ailleurs, les barèmes des aides personnelles au logement ont été revalorisés au 1er janvier 2008. Les loyers plafonds, les mensualités plafonds des nouveaux accédants ainsi que les forfaits de charges ont été indexés sur l’évolution de l’indice de référence des loyers (dernier indice connu au 1er janvier) comme le prévoit la loi. Ils ont été actualisés de 2,76 %.
229. L’actualisation des barèmes au 1er janvier 2008 représente un coût en année pleine de 394 M€ dont 221 M€ seront pris en charge par l'État. Le nombre total de bénéficiaires des aides personnelles au logement (APL, ALF et ALS) s’établit à 5,925 millions au 31 décembre 2006 pour un montant des prestations versées au titre des aides personnelles au logement de 14,142 milliards d’euros.
230. Enfin, la Garantie des risques locatifs (GRL) est un autre levier du droit au logement. Elle a pour objet de favoriser l’accès et le maintien dans le logement des personnes rencontrant des difficultés pour accéder à un logement, en raison de discriminations liées notamment au niveau ou à la régularité de leurs revenus, et permet d’éviter que des garanties ou cautions supplémentaires leur soient demandées. Ce dispositif complète le système d'assurances traditionnelles de loyers impayés et concerne tous les locataires qui ne seraient pas couverts par un contrat d’assurance de loyers impayés classique et dont le taux d’effort est compris entre 30 et 50 %. L’Union d’économie sociale par le logement (UESL) met en œuvre ce dispositif et a signé avec l’État une convention en date du 20 décembre 2006.
E. Application de la loi
d’orientation et de programmation
pour la ville et la rénovation urbaine
Question 22. Fournir des informations à jour sur l’application de la loi d’orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine, en particulier au sujet du programme de renouvellement urbain dans les ZUS, où vivent un grand nombre de personnes et de familles défavorisées et marginalisées (E/C.12/FRA/3, par. 240).
231. La loi d'orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine n° 2003-710 du 1er août 2003 définit le Programme national de rénovation urbaine visant à restructurer, dans un objectif de mixité sociale et de développement durable, les quartiers classés en ZUS et, à titre exceptionnel, ceux présentant des caractéristiques économiques et sociales analogues.
232. Pour répondre aux demandes des collectivités territoriales, le Programme national de rénovation urbaine a été prolongé jusqu’en 2013, portant les crédits consacrés par l’État de 2,5 à 6 Md€. Les objectifs pour la reconstruction sont de 250 000 logements, la démolition de 250 000 logements, la réhabilitation et la résidentialisation de 400 000 logements.
233. Afin de mener à bien ce vaste programme de rénovation urbaine, la loi d’orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine a prévu la création d’un établissement public à caractère industriel et commercial dénommé l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU), qui est chargé de mener à bien ce programme en apportant les financements nécessaires aux maîtres d’ouvrage et en regroupant les moyens financiers des partenaires.
234. Au 1er août 2007, 211 conventions pluriannuelles, portant sur 310 quartiers où vivent 2,27 millions d’habitants, ont été signées. Le comité d’engagement de l’ANRU a examiné 386 quartiers. Les projets prévoient la démolition de 119 000 logements et la reconstruction de 112 000. Les travaux concernés représentent plus de 32 milliards d’euros, dont 9,5 milliards d’euros de subventions de l’ANRU.
235. Le Programme national de rénovation urbaine doit porter sur un total de 540 quartiers. L’objectif de 250 000 démolitions/reconstructions prévu par la loi n’est pas encore atteint mais les conventions pluriannuelles à venir devront permettre de se rapprocher de cet objectif.
Question 23. Faire le point des progrès réalisés depuis l’adoption des diverses mesures évoquées aux paragraphes 304 et suivants du rapport de l’État partie pour ce qui est d’améliorer les conditions de vie des sans‑abri sur le territoire de l’État partie.
236. La loi du 5 mars 2007 instituant le droit au logement opposable est l’aboutissement d’un long parcours et constitue une réelle avancée pour les droits sociaux puisque le droit au logement se trouve ainsi placé au même rang que le droit aux soins ou à l’éducation. La responsabilité en incombe à l’État. Cette loi prolonge les efforts et les résultats obtenus par le plan de cohésion sociale et par la loi ENL (Engagement National pour le Logement) du 13 juillet 2006 pour relancer toute la chaîne du logement et renforcer l’accès des personnes les plus défavorisées au logement social. Tout en posant le principe du droit au logement, la loi renforce dans son article 2 les dispositions de la loi du 21 juillet 1994 relative à l’habitat, instituant l’obligation d’établir dans chaque département un plan pour l’hébergement d’urgence. La loi prévoit une capacité à atteindre en fonction de la population des communes, avec astreintes financières en cas de non respect des normes. Elle pose par ailleurs un « principe de continuité » de la prise en charge dans le dispositif d’hébergement (article 4) qui a fait l’objet d’une circulaire DGAS du 19 mars 2007. Les commissions de médiation, qui reçoivent les réclamations des demandeurs de logement social et dont les compétences ont été élargies par la loi DALO, désignent les personnes prioritaires pour l’accès au logement social, mais peuvent aussi orienter les personnes, en fonction de leurs besoins ou de leur demande, vers d’autres types de structures (hébergement, établissement ou logement de transition, logement-foyer, résidence hôtelière à vocation sociale). Par l’ensemble de ces dispositions, la stratégie qui est mise en place est celle du continuum hébergement-logement, qui donne tout son sens au droit opposable au logement.
Question 24. Indiquer si les diverses mesures de soins de santé adoptées par l’État partie (couverture maladie universelle (CMU) et CMU complémentaire (CMUC), programmes régionaux pour l’accès à la prévention et aux soins (PRAPS), aide médicale de l’État (AME)) assurent effectivement l’accès universel aux soins de santé de base (E/C.12/FRA/3, par. 294 et suiv.).
237. L’aide médicale de l’État (AME), dispositif visant à la prise en charge médicale des populations défavorisées, prend en charge les frais de santé des étrangers qui ne remplissent pas la condition de régularité de résidence pour bénéficier de la CMU et dont le revenu est inférieur au seuil d’ouverture de la Couverture maladie universelle complémentaire. Comme la CMU, l’accès à l’AME est assujetti à une condition de stabilité de résidence de trois mois. Cette condition n’est toutefois pas appliquée à l’égard des enfants mineurs des demandeurs de l’AME. Ils sont inscrits à l’AME durant les trois premiers mois de séjour en France de leurs parents, et relèvent ensuite du même dispositif familial que leurs parents si ceux-ci sont toujours en France sans droit à la CMU.
238. En outre les soins hospitaliers urgents des étrangers résidant en France et qui - ne justifiant pas de trois mois de résidence ininterrompue - n’ont pas droit à l'AME sont remboursés par une dotation forfaitaire de l’État aux établissements de santé qui les prodiguent dès lors qu’il s’agit de « soins urgents dont l’absence mettrait en jeu le pronostic vital ou pourrait conduire à une altération grave et durable de l’état de santé de la personne ou d’un enfant à naître ».
239. Au 31 décembre 2007, l’AME couvrait 184 000 bénéficiaires et personnes à charge. Cette couverture de santé occasionne une dépense annuelle de 470 M€ auxquels s’ajoute la dotation forfaitaire de 40 M€ pour le paiement des soins urgents.
240. Les programmes régionaux d'accès à la prévention et aux soins des plus démunis (PRAPS) sont issus de la loi d'orientation du 29 juillet 1998 relative à la lutte contre les exclusions. Depuis la première année de leur mise en place en 2000, ces programmes ont développé, au sein de chaque région, une approche globale des problèmes de santé des publics en difficulté, en favorisant l'articulation entre le sanitaire et le social. Reposant sur un diagnostic territorial, les objectifs des PRAPS ont conduit à mettre en œuvre des actions portées, le plus souvent par le milieu associatif. Les PRAPS regroupent l’ensemble des actions de santé en faveur des populations en situation de précarité dans chaque programme des plans régionaux de santé publique ainsi que des actions spécifiques d’accompagnement qui permettent aux personnes les plus marginalisés d’accéder aux dispositifs de droit commun. Ces programmes contribuent, avec d'autres dispositifs tels que la CMU, la CMU complémentaire et l'AME, à assurer l'accès universel aux soins de santé de base.
241. Ces programmes ont été renforcés par la loi relative à la politique de santé publique du 9 août 2004. Ils sont désormais obligatoires au sein des plans régionaux de santé publique. Les crédits État représentent environ 50 % du montant total des crédits affectés aux PRAPS. En outre, la lutte contre les inégalités de santé n’est pas limitée au seul cadre des PRAPS mais traverse l’ensemble des processus de programmation et de planification du champ sanitaire et social. De nombreux plans ou programmes d’ampleur nationale ont ainsi développé des actions particulières au bénéfice des publics en situation de précarité (programme national nutrition santé, programme national de lutte contre le VIH/SIDA en direction des migrants/étrangers, plan national santé environnement, plan national canicule, plan de mobilisation nationale contre le cancer, plan psychiatrie et santé mentale, plan national pour la prise en charge des maladies rares, plan périnatalité, ...).
242. En 2008, les groupements régionaux de santé publique, mettront en œuvre une nouvelle génération de PRAPS, dont les objectifs auront, pour la première fois, été élaborés en cohérence avec ceux des plans régionaux de santé publique.
243. Le financement des actions relevant des PRAPS fait l’objet d’appels à projets lancés par les groupements régionaux de santé publique. Parmi les projets financés, on distingue quatre grands types d’actions :
a) des actions d’accompagnement des publics en situation de précarité pour l’ouverture des droits et l’accès aux soins, notamment par la création de postes de personnes relais, d’équipes mobiles d’intervention, la prise en charge de déplacements pour les personnes isolées géographiquement;
b) des actions d’information et de formation des professionnels sanitaires et sociaux dans l’objectif de les aider à mieux accueillir et prendre en charge ces publics mais également à des actions d’information de ces derniers pour une meilleure connaissance de leurs droits et des structures de santé en capacité de répondre à leurs besoins;
c) des actions de prévention visant à améliorer l’employabilité des jeunes des quartiers défavorisés;
d) des actions d’éducation à la santé et de communication.
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en milliers |
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31.12.00 |
31.12.01 |
31.12.02 |
31.12.03 |
31.12.04 |
31.12.05 |
31.12.06 |
|
France métropolitaine |
4 422 |
4 079 |
3 943 |
4 029 |
4 066 |
4 113 |
4 164 |
|
France entière |
5 040 |
4 694 |
4 532 |
4 650 |
4 664 |
4 735 |
4 803 |
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champ : régime général, régime agricole et régime des indépendants |
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Sources : CNAMTS, CCMSA, RSI |
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Répartition par âge et sexe |
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France métropolitaine |
31.12.00 |
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31.12.02 |
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31.12.04 |
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0-19 |
42% |
|
44% |
|
44% |
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20-39 |
31% |
|
31% |
|
32% |
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40-59 |
22% |
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20% |
|
21% |
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60 et + |
5% |
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4% |
|
4% |
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100% |
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100% |
|
100% |
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|
31.12.00 |
|
31.12.02 |
|
31.12.04 |
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% de femmes |
53% |
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53% |
|
54% |
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champ : régime général |
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Source : CNAMTS |
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France métropolitaine régime général |
31.12.00 |
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31.12.02 |
|
31.12.04 |
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en % de France Métropolitaine 3 régimes (régime général, régime agricole et régime des indépendants) |
94% |
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93% |
|
93% |
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en % de France entière 3 régimes (régime général, régime agricole et régime des indépendants) |
82% |
|
81% |
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81% |
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Tableau 7 : Nombre de bénéficiaires de la CMU complémentaire
Tableau 8 : Nombre de bénéficiaires de l'aide médicale de l’État
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stock |
31.12.00 |
31.12.01 |
31.12.02 |
31.12.03 |
31.12.04 |
31.12.05 |
31.12.06 |
31.12.07 |
|
France métropolitaine |
|
|
139 345 |
162 989 |
135 432 |
164 035 |
174 434 |
164 503 |
|
France entière |
73 337 |
125 376 |
145 394 |
170 316 |
146 297 |
178 689 |
191 067 |
183 722 |
|
Source : CNAMTS |
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répartition par âge et sexe |
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France métropolitaine |
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|
31.12.02 |
|
31.12.04 |
|
|
31.12.07 |
|
0-19 |
|
|
18% |
|
21% |
|
|
18% |
|
20-39 |
|
|
61% |
|
57% |
|
|
55% |
|
40-59 |
|
|
17% |
|
19% |
|
|
23% |
|
60 et + |
|
|
4% |
|
4% |
|
|
4% |
|
|
|
|
100% |
|
100% |
|
|
100% |
|
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