
Journées de Corti/ Corte, Occitània et mondialisation
C’est la troisième année que je me rends à ces journées internationales de Corte pour y apporter la solidarité du Parti de la Nation Occitane. Nous vivons chacun notre nationalisme de l’intérieur. Il est notre raison d’être.
Nous avons parfois l’impression de ne pas avancer face à un impérialisme français qui dresse de plus en plus haut son mur d’incompréhension. Pour essayer d’aller plus vite certains d’entre nous imaginent qu’un changement de pouvoir à Paris nous rendra la tâche plus facile et de faire confiance tantôt aux partis de droite tantôt aux partis de gauche. Une droite gaullienne ne pourrait elle décoloniser les dernières colonies de l’hexagone comme elle l’a fait autrefois pour l’Algérie ? La gauche ne pourrait-elle pas un jour appliquer les principes généreux d’égalité et de liberté dont elle se réclame ? La triste réalité nous amène à reconnaître qu’il n’y a rien à attendre d’aucun pouvoir parisien quel qu’il soit. Nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes. Nous savons aussi que nos forces ne sont que peu de chose face à la toute puissance des partis parisiens qui s’entendent comme larrons en foire pour défendre ce qu’ils appellent l’indivisibilité de leur république. A les écouter sans la France, nous deviendrions les nouveaux esclaves des États-Unis, la Corse serait livrée à la mafia, quand ce n’est pas à la dictature des arabo-islamistes. A les écouter la France serait le garant incontournable de nos libertés. Ce qui devient grave, c’est que par un processus classique d’aliénation, ils soient arrivés à convaincre une majorité de corses et d’occitans à creuser leur propre tombe. A titre d’exemple, je me permets de vous rapporter ce que me disait l’académicien André Chamson quelques temps avant sa mort : « Je sais mieux que vous qu’il existe un nation occitane, j’ai fait le choix de sa disparition et c’est pour que son enterrement soit le plus digne possible que suis entré à l’Académie Française. En conséquence, je vous combattrais tant que j’aurais un souffle de vie ». Il s’agit là d’un cas typique d’aliénation.
L’aliénation est un processus créé par l’homme, qui se retourne contre l’homme et devant lequel l’homme est en adoration. En Corse comme en Occitanie, cette aliénation porte un nom, c’est l’attachement à la France.
Prenez un à un chacun des dirigeants des partis parisiens en Corse ou en Occitanie et vous remarquerez qu’ils sont malades de la France jusqu’à la folie. Qu’ils s’appellent Émile Zuccarellli, Michel Vauzelle ou Georges Frêche. L’aliénation à la France les rend fous. Ils sont tous atteints de délire sado-masochiste qui les conduit au bord du suicide politique.
Cette sorte de folie franco-maniaco dépressive se soigne, nous avons mis au point le remède qui permet d’en guérir grâce au fondateur du Parti de la Nation Occitane, François Fontan. Il s’agit de l’ethnisme.
Bien sûr les souverainistes vous dirons que le remède est pire que le mal. Pour eux l’ethnisme est un poison diabolique qui menace toute l’humanité. Ils ne veulent voir que guerres ethniques, massacres ethniques. Ils ne peuvent utiliser le mot ethnie qu’en lui collant un adjectif hautement négatif. Pour eux le retour à l’ethnie serait le retour à la barbarie à l’état pur et de donner pour preuve les massacres dans l’ex-Yougoslavie.
En fait ils ne savent pas ou ne veulent pas savoir que l’ethnisme est le contraire de ce qu’ils en disent. En fait, l’ethnisme tel que nous le proposons n’est qu’une forme moderne du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Il peut se définir en une grande idée et une grande proposition.
L’idée, c’est que ce sont les langues indigènes et non les langues imposées qui permettent de définir l’existence et les limites des nations.
En conséquence ni la Corse ni l’Occitanie ne sont françaises.
La proposition : c’ est qu’entre les nations ainsi définies doit s’instaurer des liens d’amitié et de coopération sans cesse croissant y compris avec les nations autrefois dominantes.
L’ethnisme n’est donc pas un poison, mais plutôt une potion magique qui annonce un monde nouveau où la paix régnera parmi les hommes. Cette potion magique qui se répand en effet sur toute la planète et particulièrement en Europe a déjà commencé d’opérer ses effets. Depuis que François Fontan l’a mise au point on ne compte plus les nouveaux États qui se sont inscrits à l’ONU. Ils étaient au nombre de 47 au lendemain de la seconde guerre mondiale, ils sont plus de 180 aujourd'hui. Le fil conducteur qui permet de comprendre cette extraordinaire évolution, c’est en général que tous ces nouveaux États ont pu se constituer autour d’une langue indigène.
Le processus est loin d’être achevé, on ne voit pas ce qui pourrait l’arrêter. Il s’instaure en une sorte de loi d’évolution de l’humanité. Et cette loi implique qu’un jour prochain la Corse et l’Occitanie comme la Catalogne, l’Euskadi, la Sardaigne ou l’Ecosse seront à leur tour des États indépendants.
La multiplication des nouveaux États actuels et à venir implique des regroupements par continents pour faciliter la communication et les échanges entre les peuples. Tel doit être le but que doit se donner l’Europe en construction. Qu’elle arrête de vouloir tout uniformiser sur le modèle américain et qu’elle se consacre à organiser l’Europe des Ethnies. La grande originalité de l’Europe, c’est la multiplicité des langues et donc des peuples qui la composent. C’est cette diversité qui fait sa richesse et nous sommes sur la voie du progrès lorsque nous voulons les faire reconnaître et les développer.
L’ethnisme n’appelle pas seulement un progrès culturel. Il a et il aura des conséquences économiques insoupçonnées. Regardons à nos portes là où les progrès de l’ethnisme se concrétisent, c’est à dire là où nos voisins accèdent à plus d’autonomie, cela s’accompagne de progrès économiques et sociaux : c’est ce qui se passe en Catalogne Sud, c’est ce qui se passe en Flandres. Aux portes de la Corse, la Sardaigne, grâce à son autonomie est en train d’avoir un niveau de vie qui dépasse celui de la Corse. Nous avons en Occitanie une petite vallée de 9.000 habitants qui s’appelle le Val d’Aran. Depuis qu’elle a obtenue son autonomie en 1990, son niveau de vie est en train d’atteindre celui de l’Andorre. Elle est une petite Suisse occitane. Je ne connais pas un exemple où l’autonomie en Europe de l’Ouest ait été facteur d’appauvrissement et de misère. Il est une île beaucoup moins douée par la nature que la Corse, car elle n’est faire que de rochers et de glaces et pourtant son niveau de vie est un des plus élevé du monde, c’est l’Irlande. D’où vient cette richesse si ce n’est de son indépendance ?
Au delà de l’émancipation culturelle et du bien être économique, l’autonomie appelle la libération des mœurs, c’est à dire le droit au bonheur pour tous.
Que cela soit clair dans nos têtes le souverainisme français n’est que passéisme et réaction, alors l’émancipation des peuples face aux impérialismes est la voie scientifique du progrès.
Dans ce combat pour la liberté, il nous faut avoir en tête que la France ne représente qu’un peu moins de 1 % de l’humanité et que les 99 % de l’humanité sont à priori à nos côtés.
Ethnistes de tous les pays, unissons nous.
Partit de la Nacion Occitana 03/08/2005