Feuille de route

 

Zone de Texte: editorialLes signes de raidissement de l’État français envers les peuples de France n’ont jamais été aussi clairs. Nous citerons plusieurs exemples :

 

- La politique linguicide suivie par le ministère de l’éducation nationale, l’année dernière, consistant à supprimer de nombreuses options de langue vivantes et anciennes dans l’enseignement secondaire (l’occitan est surtout enseigné en option) et à réduire de manière drastique nombre de postes aux CAPES d’occitan et des autres langues de France ainsi que pour les Calandretas et autres écoles de ce type.

 

- Les débats de janvier et février au Parlement français (Chambre des députés et Sénat) sur les amendements proposés par plusieurs parlementaires à l’article 2 de la constitution, garant du monolinguisme à la française, ainsi que à la loi Fillon qui ne met pas les langues régionales dans le socle commun des connaissances.

Ces débats, révèlent le courage de quelques rares élus de tout bord mais traduisent surtout une peur panique de tout respect de la diversité linguistique dans l’État français.

Le rapporteur de la séance du 16/02 au Sénat, M. Patrice Gélard évoquant la Charte européennes des langues minoritaires, a estimé que ses dispositions : “ porteraient atteinte aux principes constitutionnels d’indivisibilité de la République, d’égalité devant la loi et d’unicité du peuple français … et à la politique française d’intégration des immigrés, car elles auraient pour effet de créer et de développer un certain communautarisme qui est à l’opposé des objectifs qui prévalent dans la tradition républicaine”

Et le garde des Sceaux de renchérir : “Je prendrai un seul exemple que je connais bien du fait de mes fonctions. Supposons que les juridictions puissent être saisies non seulement en langue française mais dans les différentes langues régionales. Je n’ose imaginer la complexité que cela engendrerait pour le fonctionnement de nos juridictions.”

Les peurs de nos élus, si elles sont pour le moment sans fondement, nous suggèrent de nouveaux moyens d’action nous permettant de confirmer ces craintes.

 

- Le rapport parlementaire Bénisti sur la sécurité intérieure qui fait un lien, ô combien discutable, entre la langue maternelle parlée à la maison par les populations d’origine étrangère et les difficultés scolaires de leurs enfants notamment la mauvaise maîtrise du français. Celles-ci les mènent à la marginalisation, l’absentéisme et la délinquance, qu’il s’agit de réprimer en impliquant dans un système de délation, parents, enseignants, médecins et administratifs. A noter que dans ce rapport, les langues allogènes, facteurs “ pathogènes ”, sont ravalées explicitement au rang de “ patois du pays ”.

Ceci a soulevé les protestations indignées de nombreux linguistes et sociolinguistes.

Quant aux parents de ces délinquants potentiels ou avérés, il leur est intimé l’ordre de parler français à la maison. De quoi faire passer Jules Ferry pour un amateur et contredire le consensus des experts sur les bienfaits du bilinguisme. Bien entendu, il est facile de décoder ce discours qui vise essentiellement des populations musulmanes. Tant il est vrai que l’intégration à la française est dans ce domaine en panne.

 


- Un rapport de juin 2004 de Jean-Pierre Obin, commandé par le ministère de l’éducation nationale sur les signes et manifestations d’appartenance religieuse dans les établissements scolaires, non encore publié sauf en ligne et qui a toutes les chances d’être enterré, est particulièrement inquiétant.

Ce rapport, sans langue de bois, dresse un état des lieux de l’islamisation de certains quartiers en ville comme à la campagne dans tout l’hexagone avec toutes les conséquences que cela entraîne sur le traitement réservé aux femmes ou aux jeunes filles et les pressions exercées sur les collectivités locales et les écoles pour adapter la laïcité à l’Islam des “ barbus ” au nom d’une soi-disant nationalité musulmane supérieure à la “ nationalité ” française, réservée à ceux qu’ils nomment les “ français ” ou “ gaulois ”, c’est à dire les non musulmans.

 

- Dans la même veine, on notera l’adoption d’un amendement à la loi Fillon, rendant obligatoire l’apprentissage de la “ Marseillaise ” à l’école, hymne particulièrement sanguinaire qui colle mal avec l’hymne européen, l’hymne à la joie de Beethoven

 

Tout cela traduit une crispation sur l’identité française mise à mal par l’échec de l’intégration des populations d’origine musulmane, échec aggravé par des facteurs démographiques et le regroupement familial. Mais l’identité française est aussi mise à mal par l’échec du modèle étatique français, centraliste de manière caricaturale, au secteur public hypertrophié, peu efficace. Un système créateur de chômage dans une économie mondialisée où la concurrence est féroce.

Dans la nouvelle Europe, la France, un des pays fondateurs, perd de son influence et sa langue, le français, se marginalise. Sa politique outrancièrement pro arabe la discrédite sur le plan international et son président tente d’exister en se posant en écologiste militant et en défenseur de la diversité culturelle partout dans le monde sauf chez nous.

Nous ne nous faisons aucune illusion non plus sur la volonté de l’opposition de gauche si elle revient aux affaires d’adopter une politique fondamentalement différente.

Nous n’avons pas oublié les belles promesses non tenues du livre programme du Parti Socialiste de François Mitterrand en 1981 “ la France au pluriel ”.

 

Dans ce déclin irréversible, quelle est la feuille de route des nationalistes occitans ?

Nous devons garder l’objectif forcément lointain mais inéluctable d’une Occitanie réunifiée et indépendante dans l’Union européenne et membre de l’ONU.

Dans l’immédiat, nous avons une échéance politique, celle du référendum sur la Constitution européenne. Les nations sans état sont divisées sur le vote oui ou non. Nous avons choisi le oui critique et les réticences de certains d’entre nous sont compréhensibles, notamment sur l’affaire de la Turquie et la non reconnaissance des nations sans état. Mais ne demandons pas à l’Europe plus qu’elle ne peut donner et permettons-lui de fonctionner. Nous nous en servirons autant que nous le pourrons contre l’État français oppresseur.

Nous devons continuer aussi notre effort de présence aux élections, sans prétendre prendre le pouvoir rapidement mais pour inquiéter les partis français et éventuellement nous trouver en position charnière pour qu’ils puissent avoir la majorité au niveau régional ou les pousser à des politique plus autonomes par rapport au pouvoir central.

Ceci ne sera possible que dans le cadre de mouvements régionaux et régionalistes comme en Languedoc, qu’il nous incombe d’impulser, sans nécessairement les porter à bout de bras, là où ils n’existent pas encore et sans abandonner notre vision pan occitane.

La première tâche, encore et toujours, est de conscientiser les Occitans de souche et d’adoption (les résidents français et d’autres états de l’Union européenne)

Ensuite notre objectif doit être de favoriser toute amorce d’autonomie ou d’indépendance en Occitanie, sans doute en forgeant des alliances avec certaines couches sociales et leurs organisations, ainsi qu’avec d’autres composantes du mouvement occitan. Les avancées ne se feront pas partout en même temps et au même rythme. Il ne peut pas en être autrement dans un pays aussi divers que le nôtre.

 

Nous ne devons pas non plus nous voiler la face devant la menace du “ fascisme vert ” des islamistes. Nous sommes pour l’intégration et non l’assimilation (qui ne peut être que choisie) des populations musulmanes donc contre la discrimination au logement et sur le marché du travail notamment. Mais les islamistes sont nos ennemis et leur concept fumeux de “ nation musulmane ”, véhicule de l’impérialisme arabe et vecteur du terrorisme, est aux antipodes de l’ethnisme. Nous ne pouvons tolérer la servitude des femmes, les mariages arrangés ou forcés, l’homophobie et l’antisémitisme.

 

Par contre, nous continuerons de privilégier nos rapports avec les associations berbéristes ainsi qu’avec toutes les victimes de l’impérialisme arabe dans le monde. Nous souhaitons que les Berbères et les Arabes vivant chez nous adoptent le sentiment national occitan, apprennent l’occitan et rejoignent, pourquoi pas, les rangs des nationalistes occitans.

Enfin, sachons que, si un jour nous devenons aussi forts politiquement que les nationalistes catalans ou basques de l’État espagnol, nous serons face à un ennemi, l’État jacobin français qui fera tout pour garder son pré carré, sans exclure des moyens peu démocratiques. Cela sera tout de même plus difficile pour lui dans un cadre européen. Le plan Ibarretxe de souveraineté association du Pays Basque, que nous soutenons, se heurte à un raidissement du pouvoir central espagnol. Mais cette position sera-t-elle tenable si une écrasante majorité de Basques se prononcent pour lui ? Affaire à suivre avec attention par les nationalistes occitans car nous avons un projet à proposer : celui d’un nouveau statut des pays d’oc qui s’insérerait dans le nouveau printemps des peuples d’Europe.

 

Jean-Pierre Hilaire

Agen 1er mars 2005


 


Camin de seguir

 

Los signes de tibament de l’Estat francés envèrs los pòbles de França son pas jamai estats tan clars. Citarem  mai d’un exemple:

 

- La politica lingüicida seguida pel ministèri de l’educacion nacionala, l’an passat, que consistís a suprimir maitas opcions de lengas vivas e ancianas dins l’ensenhament segondari (l’occitan es ensenhat subretot en opcion)) e a reduire d’un biais drastic lo nombre dels pòstes al CAPES d’occitan e de las autras lengas de França atal coma per las Calandretas e las autras escòlas d’aquela mena.

- Las discutidas de genièr e febrièr al Parlament francés (Cambra dels deputats e Senat) suls emendaments prepausats per mai d’un parlamentari a l’article 2 de la constitucion, garantida del monolingüisme a la francesa, atal coma a la lei Fillon que met pas las lengas regionalas dins lo sòcle comun de coneissenças.

Aquelas discutidas, revèlan lo coratge de qualques escasses elegits de totas tendéncias, mas traduison mai que mai una paur panica de tot respècte de la diversitat lingüistica dins l’Estat francés.

Lo raportaire de la sesilha del 16/02 al Senat, S. Patrice Gélard en evocar la Carta europenca de las lengas minoritàrias, jutgèt que sas disposicions : “ prejudiciarián los principis constitucionals d’indivisibilitat de la Republica, d’egalitat davant la lei e d’unicitat del pòble francés e … a la politica francesa d’integracion dels immigrats, que aurián per efècte de crear e de desvolopar un cert comunautarisme que s’opausa als objectius que prevalon dins la tradicion republicana.”

E lo Garda-sagèl d’ajustar per subrepés : “ Prendrai un sol exemple que coneissi plan vist mas fonccions. Imaginem que las jurisdiccions pòscan èstre sasidas non solament en lenga francesa mas dins las diferentas lengas regionalas. Ai crenta de soscar a la complexitat que engendrariá pel foncionament de nòstras jurisdiccions. ”

Las paurs de nòstres elegits emai foguèsson pel moment sens fondament, nos suggerisson de mejans d’accion novèls que nos permetràn de confirmar aquelas crentas.

 

- Lo rapòrt parlamentari Bénisti sus la seguretat interiora que fa un ligam,  tras que discutible, entre la lenga mairala parlada a l’ostal per de populacions d’origina estrangièra e las dificultats escolaras de lors dròlles especialament una marrida mestriá del francés. Aquelas dificultats los menan a la marginalizacion, l’absentisme e la delinquéncia, que se tracha de reprimir en implicar dins un sistèma de denóncia, paires, ensenhaires, metges e administratius. De notar que dins aquel rapòrt, las lengas allogeneas, factors “ patogèns ”, son explicitament abaissadas al reng de “ patés del país ”.

Aquò entraïnèt las protèstas indignadas de maites lingüistas e socio-lingüistas.

Per quant als paires d’aqueles delinquents potencials o averats, lor es comandat de parlar francés a l’ostal. De que far passar Jules Ferry per un amator e contradire lo consensus dels coneisseires suls benfachs del bilingüisme. Naturalament, es de bon far de descodar aquel discors que punta essencialament de populacions musulmanas.

Tant es vertat que dins aquel domèni l’integracion a la francesa es en pana.

- Un rapòrt de junh de 2004 del Jean-Pierre Obin, comandat pel ministèri de l’educacion suls signes e manifestacions d’apertenéncia religiosa dins los establiments escolars, pas encara publicat exceptat en linha e que, mai que probable serà enterrat, es particularament lanhós.

Aquel rapòrt, sens lenga de fusta, dreiça un estat dels luòcs de l’islamizacion de certans barris en vila coma dins lo campèstre dins l’exagòn tot ambe totas las consequéncias que aquò entraïna sul tractament reservat a las femnas o a las joventas, e las pressions exercidas sus las collectivitats localas e las escòlas per adaptar la laïcitat a l’Islam dels “ barbuts ” al nom d’una pretenduda nacionalitat musulmana superiora a la “ nacionalitat ” francesa, reservada alos qu’apèlan los “ franceses ” o “ galleses ” valent a dire los non musulmans.

- De la meteissa caletra es l’adopcion d’un emendament a la lei Fillon, que rend obligatòri l’apreneson de la “ Marselhesa ” a l’escòla, imne particularament sanguinari que quadra mal ambe l’imne europenc, l’imne a la jòia de Beethoven.

Tot aquò mòstra una crespacion sus l’identitat francesa magolenta pel fracàs de l’integracion de las populacions d’origina musulmana, fracàs agreujat per de factors demografics e lo regropament familial. Mas l’identitat francesa es tanben magolenta pel fracàs del modèl estatal francés, centralista d’un biais caricatural, ambe son sector public ipertrofiat, pauc eficaç. Un sistèma que farga de caumatge dins una economia mondializada ont la concurréncia es salvatja.

Dins l’Euròpa novèla, França un dels païses fondators pèrd son influéncia e sa lenga, lo francés, se marginaliza. Sa politica otrancièrament pro-araba la descredita sul plan internacional e son president ensaja d’existir en se presentar coma ecologista militant e en aparaire de la diversitat culturala pertot dins lo monde levat en çò nòstre.

Nos cal pas far cap d’illusions tanpauc sus la volontat de l’oposicion de senèstra se tòrna als afars d’adoptar una politica fondamentalament diferenta.

Avèm pas doblidat las promessas bèlas e non tengudas del libre programa del Partit Socialista del François Mitterrand en 1981 “La France au pluriel ”

Dins aquela decadéncia irreversibla, qual es lo camin de seguir pels nacionalistas occitans ?

Devèm gardar l’objectiu forçadament luenchenc mas ineluctable d’una Occitània reunificada e independenta dins l’Union europenca e membre de l’ONU.

Ara per ara, avèm una escasença politica, la del refèrendum sus la Constitucion europenca. Las nacions sens estat son devesidas sul vòte òc o non.

Avèm causit lo òc critic e las reticéncias d’unes demest nosautres son de bon comprene, subretot sus l’afar de Turquía e la non reconeissénça de las nacions sens estat.

Mas cal pas demandar a Euròpa mai que pòt donar e li cal permetre de foncionar.

No’n servirem tant que poirem contra l’Estat francés opressor.

Devèm contunhar tanben nòstre esfòrç de preséncia a las eleccions, sens pretendre prene lo poder rapidament mas per inquietar los partits franceses e eventualament nos trobar en posicion de bartavèla per que póscan aver la majoritat al nivel regional o per los butar a seguir de politicas mai autonòmas rapòrt al poder central.

Serà pas possible que dins l’encastre de movements regionals e regionalistas coma en Lengadòc, que nos incombís d’impulsar, sens necessàriament los portar, aquí ont existisson pas encara e sens abandonar nòstra amira pan-occitana.

Lo primièr prètzfach, encara e tostemps, es de conscientizar los occitans de soca e d’adopcion (los residents franceses e d’autres estats de l’Union europenca)

Puèi, nòstra tòca deu èstre d’afavorir tot entamenon d’autonomia o d’independéncia en Occitània, sens dobte en fargar d’alianças ambe certanas jaças socialas e lors organizacions, atal coma ambe d’autras compausantas del movement occitan.

Las avançadas se faràn pas pertot a l’encòp e al meteis ritme. Pòt pas èstre autrament dins un país tan divèrs coma lo nòstre.

Devèm pas tanpauc nos velar la fàcia davant la menaça del “ fascisme verd ”  dels islamistas. Sèm per l’integracion e non pas per l’assimilacion (que pòt pas èstre que causida) de las populacions musulmanas donc contra la discriminacion dins lo lòtjament e sul mercat del trabalh mai que mai. Mas los islamistas son nòstres enemics e lor concèpte fosc de “ nacion musulmana ”, veïcul de l’imperialisme arab e vector del terrorisme, es l’antitèsi de l’etnisme. Podèm pas tolerar la servitud de las femnas, los maridatges arrengats o forçats, l’omofobia e l’antisemitisme.

Per contra, contunharem de privilegiar nòstres relacions ambe las associacions berberistas atal coma ambe totas las victimas de l’imperialisme arab dins lo monde.

Soetam que los berbers e arabs que vivon en çò nòstre adopten lo sentiment nacional occitan, aprengan l’occitan e, perqué pas, se marquen dins las filas dels nacionalistas occitans.

Per acabar, sapiam que, se un jorn venèm tan fòrts politicament coma los nacionalistas catalans o bascs de l’Estat espanhòl, serem fàcia a un enemic, l’Estat jacobin francés que farà tot per servar son prat carrat, sens exclure de mejans pauc democratics. Seriá çaquelà pas de bon far per el dins un encastre europenc. Lo plan Ibarretxe de sobeiranetat associacion del País Basc, que sostenèm, se truca a un tibament del poder central espanhòl. Mas aquela posicion serà tenabla se una majoritat esclafadoira de bascs se prononcian per el ? Afar de seguir amb atencion per los nacionalistas occitans ja que avèm un projècte de prepausar, lo d’un estatut novèl dels paises d’òc que s’inseririá dins la prima novèla dels pòbles d’Euròpa.

 

Joan-Pèire Alari

Agen 1èr de mars de 2005

 

Cami de segui

 

Lous signes de tibomen de l’Estat francès envers lous poples de Franço soun pas jamai estats tant clars. Citarèn mai d’un exemple :

 

    - La poulitico lenguicido seguido pel ministèri de l’educaciou naciounalo, l’an passat, que counsistís a suprimí maitos oupciouns de lengos vivos e ancianos dins l’ensegnamen segoundari (l’ouccita es ensegnat subretout en oupciou) e a redurre d’un biais drastique lou noumbre dels postes al CAPES d’ouccita e de las autres lengos de Franço atal coumo per las Calendretos e las autros escolos d’aquelo meno.

    - Las discutidos de genié e de febrié al parlamen francès (Cambro dels deputats e Senat) suls emendaments prepausats per mai d’un parlamentari a l’article 2 de la counstituciou, garantido del mounoulenguismo a la franceso, atal coumo a la lei Fillon que bouto pas las lengos regiounalos dins lou socle coumu de couneissenços. Aquelos discutidos rebèlon lou courage de qualques escasses elegits de toutos tendèncios, mas tradusoun mai que mai uno paur panico de tout respiech de la dibersitat lenguistico dins l’Estat francès. Lou rapourtaire de la sesiho del 16/2 al Senat, S. Patrice Gélard, en evouca la Carto euroupenco de las lengos minouritarios, juget que sas dispousiciouns:

 “ prejudiciarièn lous principis counstituciounals d’indibisibilitat de la Republico, d’egalitat dabans la lèi e d’unicitat del pople francès e...  la poulitico franceso d’integraciou dels immigrats, qu’aurién per efiech de crea e de desveloupa un certe coumunitarisme que s’opauso als oubjectius que prebàloun dins la tradiciou republicano. ”  E lo Gardo-sagel d’ajusta per subrepès : “ Prendrai un soul exemple que counèissi pla, vist mas founciouns. Imaginen que las juriscoundiciouns pòscoun estre sasidos noun soulamen en lengo francèso mas dins las diferentos lengos regiounalos. Ai crento de sousca a la complexita qu’engendrarié pel fonciounamen de nostros juridicciouns. ”

    Las paurs de nostres elegits emai fouguèssou pel moumen sens foundomen, nous sugerissou  de mejans d¹acciou noubels que nous permetran de counfirma aquelos crentos.

- Lou raport parlamentari Bénisti sus la seguretat interiouro que fa un ligame, tras que discutible, entre la lengo mairalo parlado a l’oustal per de poupulaciouns d’ourigino estrangieiros e las dificultats escoularos de lours drolles especialomen uno marido mestrié del francès. Aquelos dificultats lous menon a la marginalisaciou, l’absentisme e la delinquèncio, que se tracho de repremí en implica dins un sistemo de denouncio, paires, ensegnaires, meges e admenistratius. De nouta que dins aquel raport, las lengos alougenos, factours ³patougenes², soun esplicitomen abaissados al reng de  “ patés del paÎs ” . D’aquí venguet las proutestos indignados de maites lenguistos e souciou-lenguistos. Per quant als paires d’aqueles delinquents poutencials ou averats, lour es coumandat de parla francès a l’oustal. De que fa passa Jules Ferry per un amatour e countradire lou counsensus dels couneisseires suls benfaches del bilenguisme. Naturalomen, es de boun fa de descouda aquel discours que pouncho essencialomen de poupulaciouns musulmanos.

    Tant es bertat que dins aquel doumèni l’integraciou a la franceso es en pano.

- Un raport de jun de 2004 del Jean-Pierre Obin, coumandat pel menistèri de l’educaciou suls signes e manifestaciouns d¹apartenèncio religiouso dins lous establiments escoularis, pas encaro publicat exeptat en linho e que, mai que proubable sera enterrat, es particularament lagnous.

    Aquel raport, sens lengo de fusto, dreisso un estat dels liocs de l’islamisaciou d¹unes barris en bilo coumo dins lou  campestre dins l’exagone tout ambe toutos las counsequencios qu¹aco entraino sul trachament reservat a las fennos ou a las jouventos, e las pressiouns  sus las coulectivitats loucalos e las escolos per adapta la laïcitat a l’islam dels

 “ barbuts ” al noum d’uno pretendudo naciounalitat musulmano superiouro a la  “ naciounalitat ” franceso, reservado a lous qu’apelon lous “ franceses ” ou  “ galleses ” valent a dire lous noun musulmans.

 

    De la memo caletro es l’adoupciou d’un emendament a la lei Fillon, que rend oubligatori l’aprenesou de la “ Marsiheso ” a l’escolo, inne particularament sanguinari que s’aparelho mal ambe l’inne euroupenc, l’inne a la joio de Beethoven.

 

    Tout aco mostro uno crispaciou sus l’identitat franceso magoulento pel fracas de l’integraciou de las poupulaciouns d’ourigino musulmano , fracas agreujat per de factours demougrafiques e lou regroupoment familial. Mas l’identitat franceso es tamben magoulento pel fracas del moudelo estatal francès, centralisto d’un biais caricatural, ambe soun sectour public ipertroufiat, pauc eficace. Un sistemo que fargo de caumage dins uno ecounoumié moundialisado ounte la councurrencio es salbajo.

    Dins l’Europo noubelo, Franço qu¹es un dels países foundatours perd soun influèncio e sa lengo, lou francès, se marginaliso. Sa poulitico outrancierament  pro-arabo la discredito sul pla internaciounal e soun president ensajo d’existí en se presenta coumo ecoulougisto militant, e aparaire de la diversistat culturalo pertout dins lou mounde levat en co nostre.

    Nous cal pas fa cap d’illusiou tanpauc sus la voulountat de l’oupousiciou de senestro  se tourno al poudé de mena uno poulitico foundamentaloment diferento .

Avèn pas doublidat las proumessos bèlos e noun tengudos del libre prougramo del Partit oucialisto del François Mitterrand en 1981 “ La France au pluriel ”.

     Dins aquelo decadencio irreversiblo, qual es lou camí de seguí pels naciounalistos ouccitans ?

    Devèn garda l’oubjectiu forçadoment liuenchen mas ineluctable d’uno Ouccitanié reunificado e independento dins l’uniou euroupenco  e membre de l’ONU. Aro per aro, avèn uno escasenço poulitico, la del referendum sus la counstituciou euroupenco. Las naciouns sens Estat soun divisidos sul vote Oc ou Noun. Avèn causit l’Oc critique e las reticencios d’unes demest nousautres soun de boun coumprène, subretout sus l’afa de Turquío e la noun recouneisenço de las naciouns sens Estat.

    Mas cal pas demanda a Europo mai que pot douna e li cal permetre de founcciouna. Nous ne serbirèn tant que pouirèn countro l’Estat francès oupressour.

    Debèn countunia tamben nostres esfors de presèncio a las elecciouns, sens pretendre prène lou poudé rapidomen mas per inquieta lous partits franceses e eventualomen  nous trouba en pousiciou de bartavèlo per que pòsquen avé la majouritat al nivel regiounal ou per lous buta a seguí de pouliticos mai autounomos raport al poudé central. Serà pas poussible que dins l’encastre de mouvements regiounals e regiounalistos coumo en Lengadoc, qu’avèn d’impulsa, sens necessariomen lous pourta, aquí ounte existissou pas encaro e sens abandouna nostro amiro pan-ouccitano.

    Lou primier presfa, encaro e toustems, es de councientisa lous ouccitans de souco e d’adoupciou ( lous residents  franceses e d¹autres estats de l’Uniou euroupenco ...).  Puei, nostro toco deu estre d’afavourí tout entamenou d’autounoumié ou d’independencio en Ouccitanié, sens doute en farga d’aliganços ambe certanos jassos  soucialos e lours ourganisaciouns, atal coumo ambe d’autros coumpausantos del mouvement ouccita. las avançados se faran pas pertout  e l’encop e al meme ritme.

Ne pot pas estre autromen dins un païs tan dibers coumo lou nostre.

    Deben pas tapauc nous vela la facio davans la menço del “ facisme vert ” dels islamistos. Sèn  per l’integraciou e noun pas l’assimilaciou ( que pot pas estre que causido) de las pupulaciouns musulmanos dounc countro la discriminaciou dins lou lojament e sul mercat del trabal mai que mai.  Mas lous islamistos soun nostres enemics e lour councepte fousc de “ naciou musulmano ”, veícle de l’imperialisme arabe e vectour del terrourisme, es l’antitèsi de l¹etnisme. Poudèn pas tamben toulera la servitudo de las fennos, lous maridages adoubats ou fourçats, l’oumoufoubié e l’antisemitisme.

Per countro, countuniarèn de privileja nostros relaciouns ambe las assouciaciouns berberistos atal coumo toutos las victimos de l’imperialisme arabe dins lou mounde.

Souetan que lous berberes e arabes  que bibou en ço nostre adòpten lou sentiment naciounal ouccita , aprènguen l’ouccita e, per que pas, se marquen dins las filos dels naciounalistos ouccitans.

    Per acaba, sachen que, s’un jour venèn tant forts pouliticoment coumo lous naciounalistes catalans ou basques de l’Estat Espagnol , serèn facio a un enemic , l’Estat jacoubí francès que fara tout per serba soun prat carrat, sens esclure de mejans pauc demoucratiques. Sera çaquela pas de boun fa per el dins un encastre europenc. Lou plan Ibarratxe de soubeiranetat assouciaciou del Païs basque, que soustenèn, se truco a un tibomen del poudé central espagnol. Mas aquelo pousiciou sera ti  soulido  s’uno majouritat esclafadouiro de basques se prounouncioun per el?  Afa de seguí amb atenciou pels naciounalistos ouccitans ja qu’avèn un proujecte de prepausa, lou d’un estatut noubel dels païses d’Oc que s’inseririé dins la primo noubelo dels poples d’Europo .

Jouan Peire Alari .

Agen, 1 de mars de 2005