PROGRAMMES / PROGRAMAS



PROGRAMMES / PROGRAMAS


Analyses, Réflexion et propositions / Analisis, Reflexion e proposicions


Articles

Analyses, Réflexion et Propositions / Analisis, Reflexion e Proposicions


Articles


Independance ou Autonomie

       Des mots chargés de sens et d'histoire. Leur sens varie selon le contexte ethnique et selon l'histoire de chaque peuple. Selon qu'on parlera d'indépendance de l'Algérie, de la Corse ou de la France, le mot peut avoir une charge négative ou positive selon l'interlocuteur.  Si l'on veut convaincre il faut  débarrasser  chaque mot de da sa charge affective et le définir avec précision. Dans le cas qui nous occupe, tout dépend de la façon dont la dépendance est vécue et ressentie.

        Lorsqu'il s'agit d'un couple, on parlera de  « revendiquer son indépendance », « prendre son indépendance » ou  « être indépendant ». L'indépendance de chacun peut être la condition de la réussite d'un mariage. Cette indépendance peut être aussi conflictuelle ou se faire à l'amiable en cas de divorce. Il en est de même lorsqu'il s'agit de nations.

             Pour beaucoup de gens l'idée d'indépendance fait peur. On y voit alors repli sur soi, absence d'échange, misère de la solitude. C'est confondre indépendance et autarcie. Si là était le but de notre indépendantisme, alors je comprendrais les méfiances. Nos partenaires sociaux auraient raison de s'y opposer. Les nations sont comme les individus, elles ne peuvent pas vivre les unes sans les autres.

            L'indépendance des Etats telle qu'elle est apparue au  19° et au 20° siècle à la veille des grandes guerres mondiales était fondée sur la méconnaissance de l'autre, la peur de l'autre et donc la haine de l'autre. Elle menait droit aux guerres internationales. Les Etats étaient alors fermés sur eux-mêmes, leurs frontières protégées à l'extrême par des armées. On se « carapaçonnait »  de tous côtés jusqu'à l'absurde : lignes Maginot, Rideau de Fer, etc.

            De cela les peuples européens ne veulent plus et ils ont raison.

            On pourrait pour s'opposer à cet indépendantisme là adopter une attitude cosmopoliste et proposer à la façon anarchiste un monde sans Etat. Ce serait faire abstraction des impérialismes existants qu'ils soient culturels, économiques, politiques ou les trois à la fois. On ne peut faire comme s'il n'existait pas de rapports de force entre civilisations ou entre Etats. Une nation aujourd'hui ne peut exister et se développer que si elle se dote d'un réel pouvoir sur son devenir et donc d'une indépendance relative, c'est-à-dire d'un gouvernement et donc d'un Etat.  Si non, comment pourrait elle sans Etat retrouver l'usage normal de sa langue, la connaissance de son histoire et sa liberté de création ?

            Il nous appartient d'inventer de nouvelles formes  démocratiques de gouvernement qui soient fondées sur le droit à la différence, le droit à disposer de soi-même sans hostilité envers quelque peuple que ce soit.

            Dans un couple, l'indépendance des deux partenaires est la condition d'un amour librement choisi. De la même façon il est indispensable que les nations qui composent l'Etat français aient droit au divorce. Il faut qu'elles aient une certaine indépendance si l'on veut que leur coopération et leurs amitiés soient sincères et  enfantent de quelque progrès.

            Il s'agira alors d'une indépendance limitée. Limitée par la nécessité des échanges mondiaux. Limitée par la construction européenne qui s'élargie et doit prendre en compte les nations sans Etats au même titre que celles qui n'en n'ont pas encore comme la Catalogne ou l'Ecosse. Limitée par le respect d'autrui. On pourra alors parler de large autonomie ou d'autonomie illimitée qui se confond peu à peu avec l'indépendance.

            A nous de faire en sorte qu'il en soit ainsi. Ainsi le combat que nous menons pour l'indépendance de l'Occitanie s'inscrira dans une vision du monde profondément progressiste parce qu'humaine.

Jacques Ressaire

23 octobre 2007


Menut