Cher Joan Guilhem,
Tu m'écris en cette veille de Noël : "J'ai 22 ans, je suis sans emploi". Je ressens ton message comme un cri de détresse. J'ai un peu honte d'avoir trouvé un travail qui, de plus, est un travail qui me plaît. J'aimerai tant que le père Noël, l'entreprise Occitanie existe et puisse t'embaucher. Malheureusement l'Occitanie libre à laquelle j'aspire reste encore trop virtuelle.
Je trouve ta situation bien dramatique, c'est celle de près d'un jeune occitan sur quatre. Le chômage, et le chômage des jeunes en particulier, est notre principal problème économique. En Languedoc-Roussillon où j'habite le chômage atteint officiellement près de 14 % de la population active.
Cette situation n'est pas inéluctable. Nous avons deux petites régions occitanes où le chômage n'existe pratiquement pas : c'est Monaco et la Val d'Aran. Ces petits paradis doivent cette chance à leur statut d'autonomie proche de l'indépendance.
Les causes du chômage en Occitanie sont à rechercher en partie dans l'état de colonisation dont souffre le reste de notre nation. Les régions occitanes sont riches, mais pillées. Plus grave peut-être que le pillage, sont tous les freins que nous impose l'Etat français. Il organise depuis des siècles la fuite des cerveaux. Il ruine les productions occitanes par une fiscalité qui relève de la folie de la persécution. Monter une entreprise ! Tous ceux qui s'y sont aventuré vous diront que ça relève du parcours du combattant alors que ça pourrait se faire en quelques jours.
Les Jean Promesse de droite ne pensent qu'au tourisme, leurs identiques de gauches font tout pour maintenir une certaine misère afin de garder leurs électeurs.
Face au chômage programmé par les partis parisiens, le mot d'ordre du Parti de la Nation Occitane doit être clair : résister. Mais comment ?
Je lisais, il y a peu dans un article consacré à la division du travail que le nombre de métiers recensé officiellement aux Etats Unis dépassait le nombre de 50.000. De quoi donner le vertige !
C'était avant la révolution informatique. Cet éventail de choix doit être encore plus grand dans l' Occitanie d'aujourd'hui. Notre pays est une terre d'inventions et de micro entreprises.
L'emploi doit être démystifié. Nous sommes appelés en naissant à en changer plusieurs fois. Il est devenu ridicule que notre principale identité soit fondée sur l'aptitude à un seul travail. Nous devons individuellement éviter les ultra solutions du genre « je veux être président de la République et rien d’autre ».
Je ne peux malheureusement, cher Joan Guilhem, que te donner des conseils. Sache que la volonté de vivre au pays est créatrice d'emplois. Cela implique de s'adapter aux besoins de la société occitane. Ils sont infinis. C'est la somme des travaux de chacun qui assurera l'indépendance économique de l'Occitanie.
Peut-être qu'en prenant conscience que le travail n'est qu'une des forces de la vie et qu'il doit s'inscrire plus généralement dans une recherche du bonheur sur terre, trouver du travail deviendra pour toi tâche plus facile.
Alors un jour prochain, tu m'écriras en souriant, ça y est, j'ai trouvé.
Gloire au travail/ Gloria al Trabalh
Quant à toi, ami occitan, qui lit ces quelques mots, tu as peut-être une solution pour Joan Guilhem...
J.R.