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L'Occitanie est une nation colonisée par les états français,
italien et espagnol aux plans politiques, économique et culturel. Nous revendiquons
la souveraineté et l'unité de la nation occitane dans le cadre de l'Union
Européenne et de ses institutions.
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Nous soutenons toute politique visant à accroître dans
tous les domaines, l'autonomie et la coopération de nos régions jusqu'à
leur libération complète.
L'affirmation identitaire occitane passe par une collaboration institutionnelle
étroite associant les régions de l'état français, les vallées occitanes
de l'état italien et le Val d'Aran.
Les régions actuelles doivent être re-découpées, notamment en incluant les
zones occitanes périphériques (rattachement du Confolentais au Limousin
; création d'une nouvelle région Drôme-Ardèche, etc. ...) et en créant des
régions Euzkadi Nord et Catalogne Nord.
La revitalisation de l'espace central de l'Occitanie nécessite la création
d'une région Guyenne, de Bergerac à Mende.
Partenaires de leurs voisines européennes, elles doivent pouvoir également
s'allier à celles-ci dans des euro-régions à vocation économique, culturelle
et scientifique.
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Au niveau local, cette affirmation identitaire doit également
se faire sentir par la restructuration de l'espace à travers les pays. Seuls
échelons de proximité après la commune, ces micro-régions, en tant que bassins
de vie et d'emploi doivent être également des vecteurs de cohésion sociale.
Rouage privilégié du centralisme parisien et du clientélisme des notables,
le département doit disparaître.
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Élaboré en concertation étroite avec les citoyens, les
élus et les forces vives de la région, le plan régional de développement
économique et d'aménagement du territoire doit tenir compte de plusieurs
contraintes.
Le sous-équipement et la désertification de vastes zones d'Occitanie impliquent
de la part des pouvoirs publics occitans des investissements prioritaires
et massifs. Le respect de l'environnement et des patrimoines naturel et
culturel s'imposent également. De même doit être mise en œuvre la connexion
des plans régionaux occitans afin d'éviter les investissements faisant double
emploi.
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Le renforcement des pouvoirs régionaux doit aller de
pair avec une augmentation substantielle des ressources des régions. Celles-ci
devraient lever l'impôt et reverser aux institutions françaises et européennes
une part négociée. La coopération entre les régions occitanes induit une
solidarité économique.
L'épargne doit être mobilisée sur place afin que les citoyens occitans aient
le sentiment de participer activement au développement régional.
La part de l'état dans l'exploitation des ressources du sous-sol, des grands
moyens de production d'énergie, des infrastructures autoroutières et ferroviaires
doit être transférée aux régions.
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Les pouvoirs publics occitans interviendront pour un
développement économique durable, créateur d'emplois :
- par la recherche et l'impulsion de nouvelles filières,
- par le soutien aux initiatives privées et collectives,
- par la promotion des productions occitanes, notamment à l'exportation,
- par le partage du travail.
En s'appuyant sur les points forts et toutes les potentialités de l'économie
occitane, cette volonté de développement visera en priorité les zones les
plus défavorisées.
Priorité devra être donnée, pour les emplois, à qualification égale, aux
demandeurs issus de la région ou des autres régions occitanes, et pour les
marchés publics, à prestations équivalentes, aux entreprises de la région
ou des autres régions occitanes.
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Les régions et les autres collectivités occitanes devront
consacrer à la valorisation et à la promotion de la culture occitane au
moins autant de ressources que pour la culture française (respectivement
italienne ou espagnole pour les collectivités rattachées à l'état italien
ou espagnol).
La modification de l'article 2 de la constitution française ouvrira la voie
à l'officialisation de l'occitan et à la généralisation de son emploi dans
toute la vie publique.
L'enseignement, sous la responsabilité des régions, sera entièrement organisé
selon le modèle bilingue d'ouverture. Il devra apporter à tous les enfants
la maîtrise de la langue occitane et une ouverture vers les langues et cultures
de plusieurs autres peuples.
Un service public de formation des adultes à la langue et à la culture occitanes
sera organisé par les régions pour répondre :
- à la demande de récupération de l'identité nationale,
- à la demande d'intégration des populations nouvellement installées,
- aux besoins induits par la généralisation de l'occitan dans la vie
publique.
L'enseignement supérieur et la recherche scientifique doivent être mobilisés
pour accompagner cette politique de renaissance linguistique.
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Conscients de la fragilité de la biosphère, nous entendons
léguer aux générations futures une Occitanie vivable. Le développement économique
et culturel doit être accompagné d'une réelle politique de l'environnement.
La sauvegarde des milieux naturels fragiles doit aller de pair avec la recherche
d'un taux de pollution réduit au minimum. Les sciences et les techniques
sont à mobiliser dans cette direction.
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L'initiative individuelle et collective semble seule
apte à assurer le développement de notre pays. Les pouvoirs publics occitans
devront cependant intervenir pour organiser la solidarité économique nationale
:
- planification incitative,
- contrôle public des grands moyens de production et d'échange et des
services non marchands,
- aide publique sur le commerce extérieur.
La démocratie du travail doit être développée dans les entreprises publiques
et privées (autogestion, participation).
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Nous sommes solidaires des luttes menées démocratiquement
par les diverses nationalités soumises aux états français, italien et espagnol.
Pour pouvoir exprimer tout leur potentiel économique, culturel et social,
nos peuples doivent pouvoir jouir de la plus large autonomie possible et
exercer leur droit à l'autodétermination.
L'état français doit signer et appliquer les textes en faveur des nations
minorisées et donc, entre autres, ratifier la charte européenne des langues
minoritaires et la convention européenne pour la protection des minorités
nationales, approuvées par le Conseil de l'Europe.
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Favorables à une construction européenne raisonnable,
nous entendons voir limitées au maximum les décisions bureaucratiques prises
au nom des peuples, en vertu du principe de subsidiarité. Les peuples doivent
être consultés sur tous les sujets d'envergure engageant leur destinée.
Au sein de l'Union Européenne, la dimension ethno-culturelle doit être véritablement
prise en compte de même que doit l'être la nécessaire justice sociale.
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Nous appelons de nos voeux la rapide accession à l'indépendance
des peuples de l'outre-mer français (antillais, guyanais, kanaks, maoris,
etc. ...).
Dans le même ordre d'idées, nous soutenons fraternellement les aspirations
à la liberté des peuples albanais, berbère, franco-québécois, kurde, inuit,
maya, tamoul, tibétain, tchétchène, etc..
Rendre leur liberté à tous les peuples sans exception, c'est oeuvrer pour
la paix. La paix, c'est aussi la re-définition des rapports avec le tiers-monde
pour une plus grande solidarité et une meilleure compréhension entre les
peuples.